<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" media="screen" href="/~files/feed.xsl"?>
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             
<rss xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/" xmlns:feedpress="https://feed.press/xmlns" version="2.0">
  <channel>
    <feedpress:locale>en</feedpress:locale>
    <title>Étale Ta Culture !</title>
    <atom:link href="http://feedpress.me/ETC-RSS" rel="self" type="application/rss+xml"/>
    <link>https://www.etaletaculture.fr</link>
    <description>Étale Ta Culture ! La culture générale pour tous</description>
    <lastBuildDate>Thu, 05 Dec 2019 11:51:19 +0000</lastBuildDate>
    <language>fr-FR</language>
    <sy:updatePeriod>
hourly</sy:updatePeriod>
    <sy:updateFrequency>
1</sy:updateFrequency>
    <generator>https://wordpress.org/?v=5.2.6</generator>
    <image>
      <url>https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/logo-etaletaculture-mini-160x160.jpg</url>
      <title>Étale Ta Culture !</title>
      <link>https://www.etaletaculture.fr</link>
      <width>32</width>
      <height>32</height>
    </image>
    <item>
      <title>Les CATACOMBES de Paris : visite guidée !</title>
      <link>https://www.etaletaculture.fr/histoire/les-catacombes-de-paris-visite-guidee/</link>
      <comments>https://www.etaletaculture.fr/histoire/les-catacombes-de-paris-visite-guidee/#comments</comments>
      <pubDate>Tue, 26 Nov 2019 22:15:28 +0000</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Spritz92]]></dc:creator>
      <category><![CDATA[Histoire]]></category>
      <guid isPermaLink="false">http://www.etaletaculture.fr/?p=19210</guid>
      <description><![CDATA[<p>&#46;&#46;&#46;</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/les-catacombes-de-paris-visite-guidee/">Les CATACOMBES de Paris : visite guidée !</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/catacombes-de-Paris-visite-guidée.jpg" alt="" class="wp-image-19211" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/catacombes-de-Paris-visite-guidée.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/catacombes-de-Paris-visite-guidée-768x362.jpg 768w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/catacombes-de-Paris-visite-guidée-520x245.jpg 520w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/catacombes-de-Paris-visite-guidée-720x340.jpg 720w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>“Catastrophe sanitaire au <a href="https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/monuments-de-paris-vie-et-mort-autour-de-la-fontaine-des-innocents/">cimetière des Innocents </a>en plein cœur de Paris” : c’est ce qu’aurait pu titrer la Gazette de France le jour de son 149ème anniversaire du 30 mai 1780 ! Que s’est-il donc passé ce jour-là ?</p>



<p>Interrogé, le Conservateur du cimetière précise :&nbsp;</p>



<p>&#8211; Le mur d’une cave contiguë au cimetière a cédé sous la pression de plusieurs milliers de cadavres en décomposition amassés dans une fosse commune, répandant son horrible contenu et ses odeurs pestilentielles. Pris de malaises, de nombreux riverains ont failli périr.<br>&#8211; Mais un tel accident était-il prévisible ?<br>&#8211; Bien sûr ! Ça fait des années que j’alerte les autorités compétentes sur l’état du cimetière et des risques encourus ! Pensez donc, avec un amoncellement de cadavres dépassant de deux mètres le niveau des rues alentours, comment voulez-vous qu’un tel événement ne se produise pas un jour ou l’autre ?&nbsp;</p>



<p>Et il critique : « Qu’attend-on pour faire appliquer l’arrêté du Parlement de 1765 ordonnant la disparition rapide des cimetières de Paris intra-muros ? C’était il y a plus de 15 ans et il n’a toujours pas été appliqué ! Les cimetières sont tous plus que saturés et posent les mêmes problèmes de salubrité. En commençant par les plus problématiques comme celui des Innocents qui, en 8 siècles d’existence officielle, a reçu les corps de plus de deux millions de Parisiens ! ».<br></p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/cimetiere-innocents-paris-2-millions-corps-ensevelis.jpg" alt="" class="wp-image-19212" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/cimetiere-innocents-paris-2-millions-corps-ensevelis.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/cimetiere-innocents-paris-2-millions-corps-ensevelis-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>&#8211; Une première mesure immédiate vient d’être prise, ajoute-t-il. Le cimetière est enfin fermé et toute nouvelle inhumation y est interdite. C’est toujours ça de pris. Mais la question maintenant est de savoir ce que l’on va faire des cadavres du cimetière ainsi désaffecté ? Il faut bien enterrer les morts quelque part !</p>



<h3><strong>Où enterrer les morts ?</strong></h3>



<p>Ce n’est que deux ans plus tard qu’une proposition prend forme. On réalise que Paris regorge de carrières exploitées durant des siècles pour la construction des maisons et monuments : carrières de pierres de taille et de gypse pour le plâtre. Si certaines ont été bouchées en raison des risques d’éboulements, d’autres sont encore entretenues. Pourquoi ne pas profiter des travaux de consolidation en cours pour y installer un ossuaire en s’inspirant des nécropoles souterraines antiques ?</p>



<p>Les carrières désaffectées de la Tombe-Issoire sont alors choisies en raison de leur taille et leur facilité d’accès sous la plaine de Montrouge, à l’extérieur de la capitale. La ville de Paris achète<s> </s>le lieu et modèle l’enclos souterrain destiné à recevoir les corps.</p>



<p>Un arrêt du Conseil du Roi en 1785 décidant de la suppression pure et simple du cimetière des Innocents, avec évacuation des ossements, accélère le processus. Un espace est même réservé pour recevoir les pierres tombales et monuments funéraires des grandes familles qui existaient aux Innocents. Le transfert des ossements peut commencer à la fin de cette même année.</p>



<h3><strong>Le “remplissage” de l’ossuaire</strong></h3>



<p>Quelque deux millions de dépouilles sont amenées du cimetière des Innocents dans une noria de charrettes de nuit pendant plus de quinze mois. Elles seront rejointes au fil des ans par les corps provenant des autres cimetières paroissiaux intra-muros qui fermeront progressivement jusqu’en 1814.&nbsp; Les épidémies successives et les périodes révolutionnaires provoqueront l’arrivée de nombreux nouveaux cadavres en ces lieux. Les derniers dépôts de corps auront lieu en 1860 en lien avec les travaux haussmanniens qui mettront au jour de nombreux squelettes. Un ultime transfert d’ossements sera toutefois opéré en décembre 1933.</p>



<p>Au total on estime à plus de six millions le nombre de corps placés dans ce vaste ossuaire souterrain. C’est dire qu’il y a trois fois plus de morts sous Paris que de parisiens y vivant actuellement !&nbsp;</p>



<h3><strong>Des catacombes, vraiment ?</strong></h3>



<p>Le rassemblement de cadavres dans des galeries souterraines a fait désigner très tôt cet ossuaire comme étant « les catacombes de Paris » par référence à celles de Rome. Pourtant cette appellation ne se justifie pas vraiment.&nbsp;</p>



<p>Les catacombes de Rome sont des lieux de sépultures souterraines creusés à dessin, situés à l’extérieur de la ville, souvent sous des cimetières de surface. Elles comportent des tombes et monuments dans lesquels les chrétiens des premiers siècles inhumaient leurs morts qui voulaient reposer côte à côte et en particulier près des Saints-Martyrs. Elles avaient un caractère sacré.</p>



<p>La bénédiction et la consécration religieuse de cet “ossuaire municipal” de Paris en avril 1786 n’en fait pas pour autant des “catacombes” au sens propre qui auraient été creusées spécifiquement pour recevoir directement les dépouilles des personnes décédées.&nbsp;</p>



<p>Le mot “catacombes” signifie originellement : “près de la carrière” et n’a été d’abord donné qu’à l’emplacement du cimetière de Saint-Sébastien à Rome qui se trouvait dans une ancienne carrière. L’appellation n’a été généralisée pour désigner ce genre de cimetière souterrain qu’à partir du Xème siècle. C’est ce que nous confirme Monsieur Héricart de Thury, responsable du service des carrières au début du XIXème siècle&#8230;<br></p>



<h3><strong>Les “catacombes” de Héricart de Thury</strong></h3>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/hericart-de-thury-inspecteur-general-catacombes.jpg" alt="" class="wp-image-19213" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/hericart-de-thury-inspecteur-general-catacombes.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/hericart-de-thury-inspecteur-general-catacombes-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Laissons donc Monsieur Héricart de Thury (1776 &#8211; 1854) nous présenter simplement sa vision de ces “catacombes” et ses principales réalisations.</p>



<p>&#8211; Avant que je ne prenne la direction de ce domaine, les choses étaient réduites à leur plus simple expression : les os récupérés dans les tombes, les fosses communes et les charniers étaient déversés dans deux puits d’extraction de l’ancienne carrière, puis répartis et entassés dans des galeries avec indication de leur provenance et de la date de leur transfert.&nbsp;</p>



<p>“Dans un second temps, les os étaient organisés en murs en utilisant la technique de consolidation des carriers par bourrage des espaces vides et mise en place de murets en pierres sèches, les <strong>hagues</strong>.</p>



<p>Pour ma part, je voyais ce lieu comme un musée, de façon à atténuer son côté lugubre, à lui donner une sorte de vie et en faire un parcours didactique et de réflexion. C’est pourquoi je fis réaliser des alignements d’ossements décorés de motifs macabres ou simplement artistiques ainsi que des “cabinets de curiosité” dans une optique pédagogique basée sur les deux thèmes majeurs de ce lieu : les minéraux et les os. Ces cabinets seront malheureusement dégradés par la suite et supprimés.</p>



<p>J’ai aussi fait placer des monuments maçonnés de style antique permettant simultanément de consolider les galeries.</p>



<p>Enfin un ensemble d’inscriptions de types religieux, philosophiques et poétiques avaient pour optique de provoquer la réflexion du visiteur sur la mort tout au long du parcours.</p>



<p>&#8211; Parce que ce lieu faisait<s> </s>déjà l’objet de visites à cette époque ?</p>



<p>&#8211; Oui, il fut ouvert à des visites ponctuelles dès 1809 et accueillera au cours de ce siècle bien des personnalités célèbres telles que le futur roi Charles X, l’empereur d’Autriche François 1er, Bismarck, Napoléon III ou même le photographe Nadar, qui réalisera des photos du Paris souterrain, et bien d’autres célébrités. Mais l’Église fit fermer le lieu au public entre 1833 et 1850 car elle considérait qu’il était sacré et ne pouvait faire l’objet de visites touristiques !</p>



<p>Laissant Monsieur Héricart de Thury s’occuper de l’entretien d’autres carrières proches de celle-ci, c’est en compagnie de mon ami Pierre qui a souhaité me rejoindre, que se fera la visite de ces “catacombes” d’aujourd’hui, à deux siècles d’intervalle.<br></p>



<h3><strong>Préparatifs pour une visite réussie</strong></h3>



<p>Il convient préalablement de prendre quelques précautions&#8230;</p>



<p>&#8211; Dis-moi, Pierre, tu n’es pas claustrophobe ?<br>&#8211; Pas trop, pourquoi ?&nbsp;<br>&#8211; Parce que nous allons nous retrouver 20 à 25 mètres sous terre et effectuer un parcours de près de 2 km dans des couloirs souvent étroits pendant une heure !<br>&#8211; Pas de goulots d’étranglement ? Pas de chatières ? Car pour ramper, pas question.<br>&#8211; Non, je te rassure. Mais un imperméable léger ne serait pas de trop, car le lieu est très humide et la température n’y dépasse pas 14°.<br>&#8211; C’est bon. Mais les marches, il faut s’en faire combien ?&nbsp;<br>&#8211; Pas trop : seulement 131 au début à la descente et 112 à la remontée vers la sortie. Tu tiendras le choc ?&nbsp;<br>&#8211; (soupir) Faudra bien !!<br>&#8211; Ah ! j’oubliais : tu as emporté une bougie ?&nbsp;<br>&#8211; Tu blagues !&nbsp;<br>&#8211; A peine : jusqu’en 1972, on utilisait des bougies pour s’éclairer. Une véritable installation électrique n’a été réalisée qu’en … 1983. Mais je ne t’ai pas dit le pire !<br>&#8211; Quoi ? C’est pas fini ?<br>&#8211; Avec un peu de chance, nous n’aurons que deux ou trois heures de queue à faire avant d’entrer. Nous sommes en week-end aujourd’hui !<br>&#8211; ….<br>&#8211; Allez, rassure-toi, j’avais pris deux billets coupe-file quand j’ai su que ce musée recevait 550 000 visiteurs par an et que l’on n’y entrait que par groupes de 200 personnes.<br>&#8211; Tu parles de « musée » maintenant ?<br>&#8211; Oui, déjà Monsieur Héricart de Thury voulait donner un petit air de théâtre organisé à cet endroit et, depuis 2002, les « catacombes » sont gérées par le Musée Carnavalet en tant que “musée de site” dédié à l’histoire et à la mémoire de la capitale. </p>



<p>On y va ?</p>



<h3><strong>Visite guidée des Catacombes</strong></h3>



<p>L’entrée se situe sur la place Denfert-Rochereau là où passait <a href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/des-gaulois-a-aujourdhui-les-enceintes-de-paris-a-travers-lhistoire/">le mur des fermiers généraux</a> édifié juste avant la Révolution. L’un des passages pour entrer dans Paris était la barrière d’Enfer, ici-même, dont il ne reste que les deux pavillons de l’octroi, impôt qu’il fallait payer pour faire entrer toute marchandise dans la ville. L’entrée des “catacombes” est attenante à l’un de ces pavillons.</p>



<p>Passé le guichet, ce sont les 131 marches de l’escalier qui nous attendent pour nous mener 20 mètres plus bas dans de petites salles d’exposition et d’explications relatives à ce lieu depuis la préhistoire.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/catacombes-oserez-vous-y-penetrer.jpg" alt="" class="wp-image-19214" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/catacombes-oserez-vous-y-penetrer.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/catacombes-oserez-vous-y-penetrer-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Une première galerie part plein sud (mais ici on perd le nord !) en suivant le tracé de l’avenue René Coty (Président de la République juste avant de Gaulle). Elle mène à des galeries plus étroites construites à la fin du XVIIIème siècle pour consolider l’aqueduc d’Arcueil, lui-même réalisé pour Marie de Médicis pour approvisionner en eau son <a href="https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/monuments-de-paris-quand-la-grotte-du-luxembourg-devient-la-fontaine-des-amours/">Palais du Luxembourg</a> dans les années 1615, mais maintenant à sec. </p>



<p>&#8211; L’Aqueduc d’Arcueil !!! Il passe au-dessus de nous ? Jamais je n’aurais imaginé une telle construction sous terre pour en soutenir une autre ! C’est magnifique. On se croirait dans une église…</p>



<p>Passant sous le système de maçonnerie de l’aqueduc, on arrive à l’Atelier, l’endroit d’où partaient les voies des anciennes carrières maintenant fermées par des grilles.&nbsp;</p>



<p>Un couloir permet de continuer sa route et d’arriver dans la galerie dite de « Port-Mahon » qui surprend par ses sculptures.&nbsp;</p>



<p>&#8211; Oui, c’est le moins que l’on puisse dire. Que font-elles ici ?&nbsp;<br>&#8211; Elles sont l’œuvre d’un carrier, ancien militaire, prisonnier un temps des Anglais au fort de Port-Mahon sur l’île de Minorque et qui sculpta ici-même une maquette et différentes vues de ce fort après ses heures de travail entre 1777 et 1782.</p>



<p>Plus loin, un petit puits au nom amusant : le « Bain de pieds des carriers » ! C’est un puits contenant une nappe d’eau très limpide. Il a été foré afin de connaître la constitution géologique du sous-sol. Il fut utilisé par les ouvriers travaillant à la consolidation de l’ossuaire&#8230; d’où son nom.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/empire-de-la-mort-catacombes-paris.jpg" alt="" class="wp-image-19215" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/empire-de-la-mort-catacombes-paris.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/empire-de-la-mort-catacombes-paris-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>La galerie maintenant en pente ascendante gagne alors l’ossuaire.</p>



<p>&#8211; Arrête-toi un instant et lève le nez avant de franchir cette porte métallique qui nous barre la route et nous avertit avant de nous engager plus loin.<br>&#8211; Oui, je vois. Sur le linteau il est écrit : « Arrête ! c’est ici l’empire de la mort ». Ça fait un peu froid dans le dos ! Il ne manque plus que Cerbère pour nous accueillir !<br>&#8211; Cette phrase est issue d’une traduction de l’Enéide et renvoie aussi à la <a href="https://www.etaletaculture.fr/litterature/la-divine-comedie/">Divine Comédie de Dante</a>&#8230; Tiens, sur la gauche, une plaque nous rappelle que l’ossuaire a été officiellement créé et consacré&nbsp; en avril 1786.</p>



<p>La « promenade » se poursuit alors entre deux murs alignant têtes de fémurs et de tibias sur une hauteur d’environ 1,50 m ornementés par des crânes en saillie sur plusieurs hauteurs constituant de véritables frises où certains sourires sont plus avenants que d’autres.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/murs-ossements-catacombes-paris.jpg" alt="" class="wp-image-19216" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/murs-ossements-catacombes-paris.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/murs-ossements-catacombes-paris-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Mais derrière ces alignements décoratifs se cachent des milliers de squelettes entremêlés dans le plus grand désordre et souvent fragmentés lors des déversements dans les puits de service.</p>



<p>Comme annoncé par Monsieur Héricart de Thury, des inscriptions sur plaques ou pierres indiquent la provenance et l’année du transfert des ossements, et d’autres reproduisent des citations d’écrivains ou d’hommes illustres du XIXème siècle, en français ou en latin, afin d’inviter le visiteur à la réflexion sur la mort.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/murs-ossements-catacombes-paris-insciption-philosophique.jpg" alt="" class="wp-image-19217" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/murs-ossements-catacombes-paris-insciption-philosophique.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/murs-ossements-catacombes-paris-insciption-philosophique-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Une fontaine de la Samaritaine trône au milieu d’une rotonde. Elle a été réalisée en 1810 afin de capter les eaux de la nappe phréatique découverte par les ouvriers. Tout comme la fontaine du <a href="https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/monuments-du-monde-vous-avez-dit-vieux-moi/">Pont-Neuf</a> réalisée par Henri IV, celle-ci fait référence à l’épisode de l’Evangile où le Christ rencontre la Samaritaine au puits de Jacob.</p>



<p>Une autre salle appelée crypte <em>Sacellum</em> comporte un autel où l’office des morts fut autrefois célébré. Celui-ci sert également à consolider la salle, suite à un éboulement en 1810.</p>



<p>Au sommet d’une colonne de pierre se trouve une vasque de style antique dénommée la <em>“lampe sépulcrale”</em> qui servait à brûler de la résine de poix pour améliorer la circulation de l’air dans ce milieu fermé et vicié par l’arrivée des corps, avant que ne soient construits des puits d’aération.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/lampe-sepulcrale-catacombes-de-paris.jpg" alt="" class="wp-image-19218" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/lampe-sepulcrale-catacombes-de-paris.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/lampe-sepulcrale-catacombes-de-paris-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Un faux tombeau est dédié à Nicolas Gilbert, poète maudit du milieu du XVIIIème siècle, dont quelques vers sont écrits sur ce monument. L’ossuaire comporte cependant une vraie pierre tombale, celle d’une certaine Françoise Gellain qui, au XVIIIème siècle, consacra sa vie à faire libérer Latude, un prisonnier aventurier, qu’elle n’avait connu que par un billet qu’il avait lancé d’une fenêtre.</p>



<p>C’est dans les dernières galeries que se trouvent les corps du millier de gardes suisses tués en 1792 aux Tuileries ainsi que ceux de 1343 personnes guillotinées au Carrousel et Place de la Concorde entre 1792 et 1794 qui ont été également transférés ici depuis d’autres cimetières.</p>



<p>Outre les ossements de millions d’anonymes, les “Catacombes” ont reçu les dépouilles de nombreuses personnalités célèbres, lorsque les cimetières où elles étaient inhumées ont été vidés. Mais elles n’ont jamais pu être identifiées&#8230; C’est ainsi que Fouquet, Colbert, Rabelais, Mansart, Lully, l’homme au masque de fer, Racine, Pascal, Danton, Lavoisier, Robespierre et bien d’autres reposent parmi ces illustres inconnus !</p>



<p>La visite de l’ossuaire se termine au sein d’une grande salle toute « tapissée » d’ossements dénommée “crypte de la Passion” ou “rotonde des Tibias”. Une sculpture en forme de tonneau constitué de tibias qui sont les os les plus solides entoure ainsi un pilier de consolidation de la galerie.&nbsp; C’est dans cette salle que se déroulera le 2 avril 1897 entre 23h00 et 2h00 du matin un concert clandestin où 45 musiciens joueront plusieurs morceaux de circonstance : marche funèbre, danse macabre… Evènement qui défrayera la chronique et amènera les autorités à prendre des mesures pour empêcher l’accès à cet emplacement !</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/orchestre-clandestin-catacombes-de-paris-ossuaire-nadar.jpg" alt="" class="wp-image-19219" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/orchestre-clandestin-catacombes-de-paris-ossuaire-nadar.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/11/orchestre-clandestin-catacombes-de-paris-ossuaire-nadar-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Un escalier en colimaçon permet de regagner la surface, sous la surveillance d’un gardien qui contrôle vos sacs au cas où vous vous seriez épris d’un ou plusieurs crânes ou tibias, au risque de voir votre « prix de billet de sortie » grimper à 15 000 € et peut-être vous-même de retourner « à l’ombre », mais cette fois pour un an !</p>



<h3><strong>Catacombes et carrières à Paris</strong></h3>



<p>&#8211; Je ne m’attendais pas à voir autant d’aménagement et même d’architecture dans ces lieux ! Y a-t-il d’autres ossuaires&nbsp; sous Paris ?<br>&#8211; Oui, d’autres ossuaires existent sous la capitale, méconnus car non ouverts au public, mais sans aménagement comparable en dehors de murs et voûtes de consolidation. Bien des grands cimetières parisiens : Montmartre, Montparnasse, Père Lachaise, Montrouge, Kremlin-Bicêtre… ont ainsi leur propres « catacombes » en général situées sous les cimetières de surface en raison du manque de place dans un monde de plus en plus urbanisé.</p>



<p>Si parler de « catacombes » pour désigner ces souterrains abritant les ossements de nos ancêtres parisiens peut se concevoir, sans toutefois être vraiment approprié, utiliser ce même mot pour dénommer l’ensemble du réseau de galeries souterraines de la capitale, comme c’est devenu une habitude, est carrément une inexactitude !</p>



<p>Paris est un gruyère. Il est parcouru par près de 300 km de galeries souterraines (hors égouts et métro), soit près de 10 fois le périphérique, sur parfois trois niveaux de carrières. Leur surface totale atteint les 800 hectares, soit 9 % de la superficie de la capitale, hors Bois de Boulogne et de Vincennes. Ce sont ces carrières de gypse ayant servi à faire du plâtre, carrières de pierres ensuite qui ont permis à Paris de se construire pendant des siècles sans devoir aller chercher ailleurs les matériaux nécessaires. Sur cet ensemble, la partie que nous venons de visiter, la seule qui pourrait être assimilée à des « catacombes », ne représente en fait que <strong>moins de 1 % de ce réseau de galeries</strong> et est la seule à avoir été aménagée comme un musée.</p>



<h3><strong>Les cataphiles</strong></h3>



<p>On ne saurait terminer cette visite, sans une petite allusion aux “cataphiles”.&nbsp;</p>



<p>Ceux que l’on désigne sous le nom de “cataphiles” sont des personnes qui pénètrent clandestinement dans les anciennes carrières souterraines, parcourent les galeries, y organisent des rencontres particulières… avec différents objectifs. Beaucoup recherchent des moments de paix dans un monde parallèle, hors du temps, propice à la rencontre ou la méditation. Un phénomène de mode dans les années 80 a vu s’accroître fortement le nombre de cataphiles de tous bords : spéléologues, protecteurs du patrimoine, collecteurs de trophées macabres, jeunes en mal de sensations fortes, artistes, tagueurs, SDF…&nbsp; Ils contribuent à auréoler ces lieux d’une ambiance de mystère liée au silence, à l’obscurité et à la mort.<br></p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/les-catacombes-de-paris-visite-guidee/">Les CATACOMBES de Paris : visite guidée !</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></content:encoded>
      <wfw:commentRss>https://www.etaletaculture.fr/histoire/les-catacombes-de-paris-visite-guidee/feed/</wfw:commentRss>
      <slash:comments>4</slash:comments>
    </item>
    <item>
      <title>Petite histoire de la Bastille : d’un modeste bastion à un grand opéra</title>
      <link>https://www.etaletaculture.fr/histoire/petite-histoire-de-la-bastille-dun-modeste-bastion-a-un-grand-opera/</link>
      <comments>https://www.etaletaculture.fr/histoire/petite-histoire-de-la-bastille-dun-modeste-bastion-a-un-grand-opera/#comments</comments>
      <pubDate>Sat, 12 Oct 2019 15:14:14 +0000</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Spritz92]]></dc:creator>
      <category><![CDATA[Histoire]]></category>
      <guid isPermaLink="false">http://www.etaletaculture.fr/?p=19185</guid>
      <description><![CDATA[<p>&#46;&#46;&#46;</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/petite-histoire-de-la-bastille-dun-modeste-bastion-a-un-grand-opera/">Petite histoire de la Bastille : d’un modeste bastion à un grand opéra</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/petite-histoire-de-la-bastille.jpg" alt="" class="wp-image-19186" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/petite-histoire-de-la-bastille.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/petite-histoire-de-la-bastille-768x362.jpg 768w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/petite-histoire-de-la-bastille-520x245.jpg 520w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/petite-histoire-de-la-bastille-720x340.jpg 720w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>&#8211; Ah ça ira, ça ira…&nbsp;<br>Bon, pas besoin de vous faire un dessin. Vous voyez où l’on vous emmène aujourd’hui&#8230; Là où l’on aime bien Nini Peau d’Chien [<sup id="footnote_plugin_tooltip_7556_1" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_7556_1');">1</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_7556_1">Patachou (1918 &#8211; 2015) chantait Nini Peau d’Chien, dont les paroles étaient écrites par Aristide Bruant en 1895. <em>Refrain : À la Bastille On aime bien Nini-Peau-d&rsquo;chien : Elle est si bonne et si gentille ! On aime bien Nini-Peau-d&rsquo;chien, À la bastille.</em></span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_7556_1").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_7556_1",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>] !</p>



<p>La place est avant tout considérée comme le lieu symbolique de la Révolution française où l’ancienne forteresse de la Bastille fut détruite dans les mois qui suivirent le 14 juillet 1789.</p>



<p>Mais d’où vient-elle, cette Bastille ? C’est parti pour un voyage dans le passé !</p>



<h3><strong>Des origines lointaines</strong></h3>



<p>Nous sommes en 1356. La guerre de Cent ans avec l’Angleterre vient de connaître une nouvelle reprise et le 19 septembre, le roi Jean II le Bon est fait prisonnier à la bataille de Poitiers. Ébullition à Paris où le Prévôt des Marchands Etienne Marcel prend la direction des affaires et lance la <a href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/des-gaulois-a-aujourdhui-les-enceintes-de-paris-a-travers-lhistoire/">construction d’une nouvelle enceinte</a> pour protéger les faubourgs de la rive droite dont le commerce s’était fortement développé et défendre la capitale du royaume.&nbsp;</p>



<p>L’enceinte barrant la route de Vincennes, il faut ouvrir la “Porte Saint-Antoine” pour entrer dans Paris par la rue Saint-Antoine. Cette porte est fortifiée avec une herse, un pont-levis et deux grosses tours rondes qui l’encadrent. Ce petit bastion est alors dénommé <strong>« Bastille Saint Antoine »</strong>.</p>



<p>Nous y voilà !&nbsp;</p>



<p>Charles V poursuivit la <a href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/des-gaulois-a-aujourdhui-les-enceintes-de-paris-a-travers-lhistoire/">construction de l’enceinte</a> à partir de 1370 et renforça la “bastille”, en particulier pour mieux protéger l’Hôtel Saint-Pol où il résidait non loin de là. Il réhaussa les deux tours et en fit édifier deux autres semblables côté Paris, comprenant également une porte avec fossé et un pont-levis. La “bastille” Saint-Antoine devint alors un petit château-fort avec quatre tours d’angle et traversé par la rue Saint-Antoine.&nbsp;</p>



<p>Mais cette double porte pour entrer dans la ville se révèle très vite bien peu commode. Une nouvelle&nbsp; “Porte Saint-Antoine” est alors construite un peu plus au nord, tandis que la “Bastille Saint-Antoine” est à nouveau agrandie pour devenir cette fois une véritable forteresse. C’est ainsi que, sous Charles VI, quatre nouvelles tours similaires aux anciennes sont construites : deux au nord et deux au sud. Elles sont reliées au petit fort par une courtine en maçonnerie et le tout est entouré d’un fossé profond de 8 mètres et large de 24, alimenté par la Seine. Fin des travaux en 1383.</p>



<p>Nous y sommes presque !</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/bastille-paris-enceinte-charles-V.jpg" alt="" class="wp-image-19187" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/bastille-paris-enceinte-charles-V.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/bastille-paris-enceinte-charles-V-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /><figcaption> Superposition de l’ancienne Bastille (à droite) et de l’urbanisation actuelle &#8211; source : <a href="http://paris-atlas-historique.fr/">http://paris-atlas-historique.fr/</a>&nbsp; </figcaption></figure>



<p>Près de deux cents ans plus tard, sous Henri II, entre 1557 et 1559, plusieurs bastions sont construits le long de <a href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/des-gaulois-a-aujourdhui-les-enceintes-de-paris-a-travers-lhistoire/">l’enceinte de Charles V</a>. L’un d’entre eux est établi devant la Bastille, au centre de la place actuelle. De forme triangulaire, il est&nbsp;bordé d’un fossé et relié par un pont à la forteresse. Ce bastion servira de lieu d’inhumation pour les prisonniers juifs et protestants décédés à la Bastille ainsi qu’aux suicidés en ce lieu. Il servira aussi, et pourquoi pas, de jardin privé au gouverneur.</p>



<h3><strong>La Bastille au temps de la Révolution</strong></h3>



<p>L’observation du pavage particulier actuel (triple rangée de pavés) à l’embranchement de la rue Saint-Antoine et du Boulevard Henri IV avec la place permet de se faire une idée de l’emplacement et de la forme de la Bastille : un rectangle allongé de 65 x 30 m, orienté nord-sud. Une plaque de marbre commémorative au dessus du Café Français, au numéro 3 de la place, montre par ailleurs son tracé global.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/plaque-commemorative-bastille.jpg" alt="" class="wp-image-19198" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/plaque-commemorative-bastille.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/plaque-commemorative-bastille-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Les 8 tours avaient un peu plus de 23 m de haut, un diamètre extérieur de 11 m et une épaisseur de murs de 2 m. Au sein de chacune d’elles un escalier à vis desservait les étages. Il était entrecoupé par des portes de sûreté. La muraille elle-même avait une épaisseur supérieure à 3,0 m. Au sommet se trouvait une plate-forme sur laquelle des canons étaient installés qui ont surtout servi à annoncer les fêtes publiques.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/bastille-et-porte-saint-antoine-1750.jpg" alt="" class="wp-image-19188" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/bastille-et-porte-saint-antoine-1750.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/bastille-et-porte-saint-antoine-1750-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Le fossé avait été asséché vers 1650 et seul un petit ruisseau coulait au fond, ce qui permettait de diminuer l’humidité des cellules situées au pied des tours. Le talus extérieur du fossé était surmonté d’un haut mur d’enceinte, lui-même équipé d’une galerie servant de chemin de ronde aux sentinelles.</p>



<p>L’intérieur de la place forte comportait plusieurs cours et bâtiments tels la salle du Conseil, des archives, la bibliothèque et différents appartements, ainsi que des bâtiments pour le personnel d’entretien et des cuisines.&nbsp;</p>



<h3><strong>Une double fonction au fil des siècles</strong></h3>



<p>Pendant ses deux premiers siècles d’existence, la Bastille a été essentiellement une citadelle militaire, même si à plusieurs reprises des personnes y furent enfermées notamment sous Louis XI, François Ier et Henri IV.&nbsp; Pour la petite histoire, ce dernier aurait déposé ses économies dans une des tours, appelée depuis la Tour du Trésor&#8230;</p>



<p>C’est sous Richelieu que la Bastille devint uniquement une prison d’État et c’est un « Gouverneur » et non plus un « Capitaine » qui fut en charge de son administration.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/bastille-sur-plan-de-Turgot-XVIIIe-siecle.jpg" alt="" class="wp-image-19189" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/bastille-sur-plan-de-Turgot-XVIIIe-siecle.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/bastille-sur-plan-de-Turgot-XVIIIe-siecle-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /><figcaption> Plan de Turgot, levé et dessiné par Louis Bretez, XVIIIe siècle. Ouvrage numérisé en intégralité sur <a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530111615/f10.item">Gallica.bnf.fr&nbsp;</a> </figcaption></figure>



<h3><strong>Geôle effroyable ou prison de luxe ?</strong></h3>



<p>Sans doute les deux à la fois, en fonction du type d’hôte qu’elle “accueillait” !</p>



<p>Les tours recevaient les prisonniers : en bas, les cachots superposés n’ayant comme ouverture qu’une fente étroite donnant sur le fossé ; en hauteur, les prisons. Ce sont les prisons (en général octogonales de 6 m de large et 4 à 5 m sous plafond) situées au sommet des tours qui connaissaient les conditions les plus dures : glaciales en hiver et très chaudes en été. Les cachots pour leur part étaient très humides et les rats, crapauds (oui, oui !) et araignées tenaient fréquemment compagnie aux détenus. Entre la peste et le choléra, à vous de choisir votre appartement !&nbsp;</p>



<h3><strong>Les “hôtes” célèbres de la Bastille</strong></h3>



<p>Cette prison avait un caractère particulier. Ce n’étaient pas en général des personnes de droit commun qui étaient embastillées, mais des aristocrates et personnalités qui, pour une raison souvent politique, faisaient de l’ombre au roi. Celui-ci les mettait en résidence forcée (par lettre de cachet et non après un jugement) où elles étaient alors bien traitées (ameublement, domestique, nourriture, visites…) et cette “villégiature” n’excédait pas, sauf exception, quelques mois.</p>



<p><em>“Monsieur le Gouverneur, envoyant en mon château de la Bastille, le sieur X, je vous fais cette lettre pour vous dire que mon intention est que vous ayez à l’y recevoir et maintenir en toute sûreté jusqu’à nouvel ordre de moi”</em>, annonçait le roi dans ses lettres de cachet.</p>



<p>La forteresse pouvait abriter une cinquantaine de prisonniers simultanément. Si, entre sa construction et le milieu du XVIIème siècle, elle ne semble avoir reçu qu’environ 800 condamnés, l’absolutisme royal ultérieur y placera beaucoup&nbsp; plus de monde : environ 2 300 sous Louis XIV, 2 600 sous la Régence et Louis XV, 300 sous Louis XVI.&nbsp;</p>



<p>Parmi les embastillés célèbres l’on peut citer :&nbsp;</p>



<ul><li><strong>La Voisin</strong> : tueuse en série mêlée à l’affaire des poisons impliquant la haute société à la fin du XVIIème siècle.&nbsp;</li><li>Le surintendant des finances <strong>Nicolas Fouquet</strong> en 1663-1664 qui y fut transféré depuis la prison de Vincennes durant son procès pour détournement de fonds publics et lèse-majesté, avant sa condamnation et son emprisonnement dans une place forte royale près de Turin où il est officiellement mort en 1680.</li><li>Son ami <strong>Pellisson</strong>, auteur de plaidoyers pour le défendre et qui, dit-on, a occupé son temps à apprivoiser une araignée et y est resté 4 ans avant d’être réhabilité par Louis XIV !&nbsp;</li><li>Le <strong>“Masque de Fer”</strong> en 1698 et qui y mourut 5 ans après, sans que l’on ait jamais su qui il était : frère jumeau de Louis XIV ? Fouquet qui aurait été ramené à Paris et ne serait pas mort en 1680 ? un fils illégitime de Louis XIV ? Henri II de Guise ? Molière ? etc. dont on fit un symbole de l’absolutisme monarchique !</li><li><strong>Voltaire </strong>à qui, à 23 ans en 1717, avait été attribuée une satyre contre le Régent et qui y retournera pour un mois 9 ans plus tard.&nbsp;</li><li><strong>Marmontel</strong>, disciple de Voltaire, embastillé en 1759 pour avoir refusé de donner le nom de l’auteur d’une satire sur le Duc d’Aumont.</li><li><strong>Cagliostro</strong>, aventurier-mage italien impliqué dans l’affaire du collier de la reine et incarcéré avec sa femme vers 1785.</li><li>Le <strong>cardinal de Rohan</strong> et la<strong> comtesse de la Motte-Valois</strong>, également impliqués dans l’affaire du collier de la reine, embastillés en 1785-1786.</li><li>Le <strong>marquis de Sade</strong> enfermé d’abord à Vincennes, puis à la Bastille entre 1784 et 1789 pour ses écrits pornographiques et “sadiques”et son athéisme anticlérical.</li><li>et bien d’autres !</li></ul>



<h3><strong>Le coût de fonctionnement de la Bastille</strong></h3>



<p>Les frais d’entretien du gouverneur, des officiers, des soldats, des médecins, des chirurgiens, du personnel de ménage, etc. coûtaient fort cher au roi. Tant et si bien que, durant les années 1780, Necker songeait à fermer la Bastille !&nbsp;</p>



<p>Un plan de destruction original avait été proposé : suppression de sept des huit tours et création d’un parc Louis XVI avec une statue du roi au sommet d’une pyramide constituée de chaînes, de serrures, de grilles et de barreaux prises sur la prison. La symbolique aurait été forte : la statue du roi devait tendre une main libératrice vers les parties détruites.&nbsp;</p>



<p>Ce plan n’aura pas eu le temps d’être réalisé, la prise de la Bastille et sa démolition à compter du 14 juillet 1789 viendra paradoxalement alléger les charges du Trésor royal, tant au niveau des travaux que des coûts de fonctionnement !</p>



<h3><strong>La Prise de la Bastille, un non-évènement ?</strong></h3>



<p>C’est la population du Faubourg Saint-Antoine qui prit d’assaut la Bastille le 14 juillet 1789. La garnison était alors composée de 114 soldats et 125 barils de poudre y étaient stockés. L’attaque coûta la vie à 90 personnes&#8230; dont 83 parmi les assiégeants ! Dans une folie cathartique, tous les documents furent jetés dans les fossés, les clefs des geôles promenées dans Paris. Ce n’est qu’en fin de journée que l’on se rappela qu’il pouvait y avoir des prisonniers enfermés dans leurs cellules !&nbsp;</p>



<p>On en trouva sept : quatre faussaires qui furent réincarcérés dès le lendemain, un homme compromis dans l’attentat de Damiens contre Louis XV et qui était là depuis 30 ans !, un fou et un noble. Faible prise de guerre !</p>



<h3><strong>Démolition de la forteresse… et après ?</strong></h3>



<p>La démolition de la Bastille par un entrepreneur fut lancée très rapidement et le chantier devint un lieu de promenade. Huit cents ouvriers furent embauchés pour cette tâche et trois mois plus tard, il ne restait déjà plus qu’un mur de 50 cm de haut de la forteresse. Les pierres furent notamment utilisées pour terminer la construction du pont « de la Révolution » (la Concorde) et, plus étonnamment, pour fabriquer des maquettes du “château” qui furent envoyées dans chacun des 83 départements de l’époque.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/modele-reduit-bastille-apres-destruction.jpg" alt="" class="wp-image-19190" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/modele-reduit-bastille-apres-destruction.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/modele-reduit-bastille-apres-destruction-768x392.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /><figcaption> <em>L&rsquo;un des modèles réduits de la Bastille, exposé au musée Carnavalet à Paris (</em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mod%C3%A8les_r%C3%A9duits_de_la_Bastille#/media/Fichier:Carnavalet_-_Mod%C3%A8le_r%C3%A9duit_de_la_Bastille_01.jpg"><em>Lien</em></a><em>)</em> </figcaption></figure>



<p>Un an plus tard, le premier « Bal du 14 juillet » fut organisé en ce lieu pendant la Fête de la Fédération dont la tradition s’est ensuite perpétuée.</p>



<p>La veuve (surnom donné à la <a href="https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/lart-et-la-maniere-de-couper-les-tetes/">guillotine</a>) n’y fut installée qu’un court moment en juin 1794 en provenance de la place de la Révolution (la Concorde), mais fut vite transférée sur la Place du Trône-Renversé (La Nation). Elle fit tout de même 75 victimes en quelques jours !</p>



<p>Une loi de juin 1792 prescrivit la formation d’une place avec érection d’une colonne, sous le nom de “Place de la Liberté”, mais celle-ci ne vit jamais le jour.&nbsp;</p>



<p>Néanmoins, en 1793 pour la fête de « l’Unité et de l’Indivisibilité de la République » fut édifiée une fontaine dite de la « Régénération » avec une statue imposante en plâtre de la déesse Isis, assise sur un trône, l’eau jaillissant de ses seins, symbole de la mère idéale et donc de la Nation et de la République.&nbsp;</p>



<h3><strong>Un éléphant sur la place post-révolutionnaire ?</strong></h3>



<p>Un éléphant ? Eh oui !</p>



<p>Il n’y a pas que l’<a href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/larc-de-triomphe-a-bien-failli-etre-un-elephant/">Arc de Triomphe qui a failli être un éléphant</a>&#8230; la Bastille aussi ! Le projet d’une seconde fontaine posée au milieu de la place au-dessus du canal rejoignant la Seine à l’Arsenal fut avancé par Napoléon. Cette fontaine devait prendre la forme d’un éléphant monumental surmonté d’une tour et fondu avec le bronze des canons pris aux Russes, l’eau jaillissant de sa trompe.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/coupe-projet-ribart-elephant-bastille.jpg" alt="" class="wp-image-19191" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/coupe-projet-ribart-elephant-bastille.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/coupe-projet-ribart-elephant-bastille-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>L’ensemble devait atteindre 16 mètres de long et 24 m de hauteur avec la tour et une plate forme d’observation au sommet. Bien que particulièrement suivi par Napoléon, le projet fut finalement abandonné et seule une maquette en bois et plâtre grandeur nature vit le jour et resta en place jusqu’en 1847, colonisée par les rats.</p>



<h3><strong>La colonne de juillet : un monument funéraire en mémoire aux victimes de la révolution de 1830&#8230;</strong></h3>



<p>Le roi des Français Louis-Philippe décida d’élever sur la place un monument funéraire sous la forme d’une colonne à la mémoire des personnes tuées au cours des <a href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/la-chute-du-dernier-roi-de-france/">“Trois glorieuses”</a>, les combats qui mirent fin au règne de Charles X en juillet 1830 et l’avaient amené au pouvoir. Une plaque au bas de la colonne commémore cet événement.&nbsp;</p>



<p>Sous ce monument reposent encore les victimes de ces trois journées de révolution.&nbsp;</p>



<p>La colonne est creuse et possède un escalier intérieur de 240 marches qui comprend trois paliers, en souvenir des trois journées de juillet. En son sommet, un génie ailé représente la Liberté qui s’envole en brisant ses fers et répandant la lumière sur Paris et sur la France. Ce Génie de la Liberté est d’ailleurs représenté sur la dernière pièce de 10 Francs, produite entre 1988 et 2001 !</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/genie-de-la-liberte-colonne-de-juillet-place-bastille.jpg" alt="" class="wp-image-19192" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/genie-de-la-liberte-colonne-de-juillet-place-bastille.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/genie-de-la-liberte-colonne-de-juillet-place-bastille-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>La hauteur totale de l’édifice est de 52 m, son diamètre de 4 m et sa masse de bronze de 180 tonnes. Il fut inauguré le 28 juillet 1840 en même temps qu’eut lieu le transfert des corps des victimes de 1830. Berlioz composa à cette occasion sa <em>Grande symphonie funèbre et triomphale</em> qu’il dirigea lui-même, marchant à reculons pendant le défilé.&nbsp;</p>



<h3><strong>… et à celles de 1848&#8230;</strong></h3>



<p>C’est aussi devant la colonne que fut proclamée la deuxième République, le 27 février 1848, et les corps des victimes de la révolution des 23 et 24 février y furent également inhumés dans des cryptes fabriquées pour l’occasion.</p>



<h3><strong>&#8230;avant d’être ciblée par les Communards !&nbsp;</strong></h3>



<p>En 1871, les <a href="https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/a-qui-la-faute/">combattants de la Commune</a> tentèrent de détruire la colonne de la Bastille, comme ils l’avaient fait de celle de la <a href="https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/monuments-du-monde-le-riche-le-malfrat-et-la-justice/">place Vendôme</a>. Les révolutionnaires mirent le feu à une péniche remplie de combustible et d’explosifs dans le canal qui passe sous la colonne. L’opération fut un échec : seules les pierres de la voûte furent partiellement brûlées et des caveaux détruits.&nbsp;</p>



<p>Il est dit également qu’une cinquantaine&nbsp; d’obus de mortier furent tirés des Buttes Chaumont et du Pont d’Austerlitz, voire de Montmartre, sur le piédestal et le fût. Quoiqu’il en soit, la Colonne resta debout et les cryptes sont toujours visitables. Elle fut classée aux monuments historiques en 1995.</p>



<h3><strong>Sur la place de la Bastille, une gare de chemin de fer pendant 110 ans</strong></h3>



<p>Inaugurée en 1859 dans la partie sud-est de la Place, la gare de Vincennes (ou gare de Paris-Bastille) fut le point de départ de la ligne de chemin de fer qui relia Paris d’abord à La Varenne-Saint-Hilaire, puis Brie-Comte-Robert, avant d’atteindre Verneuil-l’Etang à 60 km de Paris où elle rejoignait la ligne de Bâle. Cette gare dut être surélevée pour venir à niveau des voies posées sur un viaduc d’un kilomètre. Elle fut fermée en 1969 et servit de lieu d’expositions artistiques avant d’être détruite en 1984 pour la construction de l’Opéra Bastille.</p>



<h3><strong>La Place actuelle</strong></h3>



<p>La place n’a pris une physionomie proche de l’actuelle que dans la seconde moitié du XIXème siècle avec en particulier la percée de la rue de Lyon et du boulevard Henri IV. Elle n’est pas située exactement sur l’emplacement de la prison qui se trouvait un peu plus à l’ouest (cf. le plan ci-dessus).</p>



<p>Sa disposition circulaire n’est pas sans rappeler celle de la Place Charles de Gaulle-Etoile avec ses 10 rues et boulevards (contre 12) convergeant sur elle, mais plus modeste que cette dernière, sa longueur moyenne étant de 215 m et sa largeur 150 m contre 240 m dans ses deux dimensions pour l’Etoile.&nbsp;</p>



<p>L’Opéra Bastille avec ses façades transparentes fait partie du paysage de la place depuis 1989 où il a été inauguré lors des festivités du Bicentenaire de la Révolution. C’est l’une des plus grandes salles au monde avec ses 2 745 places, construite sur l’emplacement de l’ancienne gare de Paris-Bastille.</p>



<p>Le port de l’Arsenal fait partie également du paysage de la place. Il relie le canal Saint-Martin à la Seine à laquelle on accède par une écluse, le plan d’eau se trouvant 3 m au-dessus du niveau du fleuve. Autrefois port de marchandises, il est devenu port de plaisance depuis 1983 avec 177 postes d’amarrage. Le long de la berge gauche du bassin (en allant vers la Seine) a été créé en même temps un espace vert : le jardin du Port de l’Arsenal.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Depuis la Révolution et singulièrement depuis 1880, année où la IIIème République a retenu le <a href="https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/le-14-juillet-ne-fete-pas-la-prise-de-la-bastille/">14 juillet comme fête nationale</a>, la place de la Bastille est devenue un lieu régulier de foires, fêtes, concerts et manifestations sociales, politiques ou syndicales, y compris lors de certaines élections présidentielles. C’est un endroit de mémoire et le symbole de la République.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/place-bastille-colonne-juillet-opera-1.jpg" alt="" class="wp-image-19194" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/place-bastille-colonne-juillet-opera-1.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/10/place-bastille-colonne-juillet-opera-1-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /><figcaption> <em>La place de la Bastille et sa colonne de Juillet, avec l’opéra Bastille à droite</em> </figcaption></figure>



<h3><strong>Les aménagements en cours</strong></h3>



<p>Dans le <a href="https://www.paris.fr/pages/bientot-une-nouvelle-place-de-la-bastille-6093">cadre du réaménagement</a> de plusieurs places parisiennes, des travaux sont en cours en 2019 qui vont modifier les voies de circulation, créer une piste cyclable et offrir aux passants une zone piétonne d’environ un hectare. Celle-ci comportera une aire de repos avec des arbres, des sièges et des espaces ludiques prolongeant vers le port de l’Arsenal la promenade du Boulevard Richard Lenoir. Un dispositif de brumisation en cas de fortes chaleurs est également prévu.&nbsp;</p>



<p>La colonne et l’opéra seront mis davantage en valeur. En particulier, la colonne fermée à la visite depuis 1985 devait rouvrir en 2020. Les délimitations de l’ancienne forteresse et de la Porte Saint-Antoine seront mieux matérialisées au sol.&nbsp;</p>



<p>Des travaux complémentaires permettront aux piétons de rejoindre directement le port de l’Arsenal depuis la place en passant sous la ligne n°1 du métro. La place s’ouvre donc sur une amélioration de l’accueil et la qualité de la vie, tant pour les touristes que pour les habitants. Elle se veut un espace de vie.</p>



<h3><strong>Sources</strong></h3>



<p><a href="https://amzn.to/2nuXiZ7">Dictionnaire historique des rues de Paris</a>, Jacques Hillairet, 1985, Editions de Minuit&nbsp;</p>



<p><a href="https://amzn.to/33jp75M">Connaissance du Vieux Paris</a>, Jacques Hillairet, 2017, Fayot</p>



<p><a href="https://amzn.to/2MogCQc">La Bastille ou l’Enfer des Vivants</a>, Danielle Muzerelle, BnF éditions, 2010<br></p>
<div class="footnote_container_prepare"><p><span onclick="footnote_expand_reference_container();">Notes</span><span style="display: none;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;[ <a id="footnote_reference_container_collapse_button" style="cursor:pointer;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container();">+</a> ]</span></p></div><div id="footnote_references_container" style=""><table class="footnote-reference-container"><tbody><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_7556_1">1.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_7556_1');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Patachou (1918 &#8211; 2015) chantait Nini Peau d’Chien, dont les paroles étaient écrites par Aristide Bruant en 1895. <em>Refrain : À la Bastille On aime bien Nini-Peau-d&rsquo;chien : Elle est si bonne et si gentille ! On aime bien Nini-Peau-d&rsquo;chien, À la bastille.</em></td></tr></tbody></table></div><script type="text/javascript">function footnote_expand_reference_container() {jQuery("#footnote_references_container").show();        jQuery("#footnote_reference_container_collapse_button").text("-");}    function footnote_collapse_reference_container() {        jQuery("#footnote_references_container").hide();        jQuery("#footnote_reference_container_collapse_button").text("+");    }function footnote_expand_collapse_reference_container() {if (jQuery("#footnote_references_container").is(":hidden")) {            footnote_expand_reference_container();} else {            footnote_collapse_reference_container();}}    function footnote_moveToAnchor(p_str_TargetID) {        footnote_expand_reference_container();        var l_obj_Target = jQuery("#" + p_str_TargetID);        if(l_obj_Target.length) {            jQuery('html, body').animate({                scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight/2            }, 1000);        }    }</script><p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/petite-histoire-de-la-bastille-dun-modeste-bastion-a-un-grand-opera/">Petite histoire de la Bastille : d’un modeste bastion à un grand opéra</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></content:encoded>
      <wfw:commentRss>https://www.etaletaculture.fr/histoire/petite-histoire-de-la-bastille-dun-modeste-bastion-a-un-grand-opera/feed/</wfw:commentRss>
      <slash:comments>7</slash:comments>
    </item>
    <item>
      <title>La perfidie du Cauchon : le procès de Jeanne d’Arc (1431)</title>
      <link>https://www.etaletaculture.fr/histoire/la-perfidie-du-cauchon-le-proces-de-jeanne-darc-1431/</link>
      <comments>https://www.etaletaculture.fr/histoire/la-perfidie-du-cauchon-le-proces-de-jeanne-darc-1431/#comments</comments>
      <pubDate>Sun, 29 Sep 2019 10:19:32 +0000</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Djinnzz]]></dc:creator>
      <category><![CDATA[Histoire]]></category>
      <guid isPermaLink="false">http://www.etaletaculture.fr/?p=19169</guid>
      <description><![CDATA[<p>&#46;&#46;&#46;</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/la-perfidie-du-cauchon-le-proces-de-jeanne-darc-1431/">La perfidie du Cauchon : le procès de Jeanne d’Arc (1431)</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/proces-jeanne-arc-isy-ochoa.jpg" alt="" class="wp-image-19171" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/proces-jeanne-arc-isy-ochoa.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/proces-jeanne-arc-isy-ochoa-768x360.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<h3>Cauchon, l&rsquo;évêque au nom prédestiné</h3>



<p>Cauchon ! Cauchon ! Cauchon !<br>Serpent<br>Âne&nbsp;<br>Mouton</p>



<p>Honegger ne s’était pas trompé<br>En comparant l’évêque de Beauvais à une ménagerie [<sup id="footnote_plugin_tooltip_3290_1" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_3290_1');">1</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_3290_1">Dans la scène 4 nommée <em>“Jeanne livrée aux bêtes”</em> de son oratorio <em>Jeanne au Bûcher</em> (1935), le compositeur Arthur Honegger joue avec l’homonymie entre Pierre Cauchon, l’évêque qui préside le procès de la Pucelle d’Orléans, et un cochon : L’APPARITEUR : Qui se propose pour juger Jeanne d’Arc ? &#8211; PORCUS : Moi ! Moi ! Moi ! Moi ! Je me propose pour juger Jeanne d’Arc. &#8211; L’APPARITEUR : Qui êtes-vous ? Comment vous appelez-vous ? &#8211; PORCUS : Ego nominor Porcus. Je m’appelle Cauchon ! Moi, moi. Je suis, je suis le Cauchon !</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_3290_1").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_3290_1",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]<br></p>



<p>Jeanne entre dans la salle avec sa naïveté déconcertante<br>sa pureté&nbsp;<br>l’air décati&nbsp;<br>mais la verve fraîche.</p>



<p>Cauchon prend la parole.</p>



<p>Premier jour ;<br><em>“Jeanne ! Lève-toi !</em><br><em>Jure sur les Évangiles de dire la Vérité”</em><br>Jeanne jure<br>mais affirme qu’elle parlera de façon sincère sur&nbsp;<br>sa vie&nbsp;<br>ses faits d’armes<br>ses faiblesses<br>Quant aux révélations que Dieu lui a glissées à l’oreille<br>Celles-là, elle les réserve à son seul roi.&nbsp;</p>



<h3>Le décevant petit roi de Bourges</h3>



<p><em>Charles VII.</em></p>



<p>Le petit roi de Bourges [<sup id="footnote_plugin_tooltip_3290_2" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_3290_2');">2</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_3290_2">Réfugié à Bourges alors que les Bourguignons, alliés aux Anglais, prennent le pouvoir dans la capitale, le dauphin Charles gagne le surnom ironique de “petit roi de Bourges”.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_3290_2").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_3290_2",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]<br>Ce petit roi devenu grand grâce à elle<br>Ce grand roi rendu si petit par son inaction<br>Pas un geste pour l’aider<br>la soutenir<br>la sauver.<br>Quand ses conseillers parlent de Jeanne, il ne sait réprimer un rictus narquois&nbsp;<br>Son arrestation fait bien ses affaires<br>Le prestige royal ne saurait souffrir de l’ombre que lui fait une illuminée.<br>Jeanne devenait encombrante<br>Lui, il a une guerre à terminer<br>Une guerre qui n’a d’ailleurs que trop duré. [<sup id="footnote_plugin_tooltip_3290_3" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_3290_3');">3</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_3290_3">Bien sûr, l’expression de la “guerre de Cent ans” est anachronique. Charles VII ne pouvait ainsi penser le conflit séculaire qui opposait la France à l’Angleterre. Ce n&rsquo;est d’ailleurs qu&rsquo;au XIXe siècle que l&rsquo;expression “Guerre de Cent Ans” s’impose pour qualifier le conflit qui dura de 1337 à 1453.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_3290_3").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_3290_3",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]<br>Que les Anglais fassent ce qu’ils veulent d’elle ;<br>Que Cauchon joue son rôle ;<br>Et que le soleil rayonne à jamais sur le royaume de France.</p>



<p>Cauchon ! Cauchon ! Cauchon !<br>Serpent<br>Âne&nbsp;<br>Mouton</p>



<h3>Le procès</h3>



<p>Les questions fusent, mais Jeanne reste fidèle à ses principes.<br>Opposant aux hommes d’Église devant elle&nbsp;<br>la volonté divine qui lui impose le silence.<br>Malaise dans l’Assemblée.<br>Les ecclésiastiques pris à leur propre piège.&nbsp;<br>Comment reprocher à l’accusée<br>un comportement qu’elle tiendrait du Seigneur en personne ?<br>Reste à prouver qu’elle est folle.<br>Ou, mieux, hérétique.<br>Devineresse.<br>Fausse-prophétesse.<br>Sorcière.<br>Et que fait-on des sorcières ?</p>



<p>Jean Beaupère, ami de Cauchon, trouve enfin<em> la</em> question.<br>Celle qui n’a pas de bonne réponse.<br><em>“Savez-vous si vous êtes en la grâce de Dieu ?” </em>[<sup id="footnote_plugin_tooltip_3290_4" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_3290_4');">4</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_3290_4">On connaît précisément les questions posées à Jeanne et les réponses qu’elle apporta grâce aux manuscrits d’Urfé et d’Orléans qui retranscrivent le contenu du procès.Cette réponse de Jeanne porta un grand coup au moral des ecclésiastiques chargés de la juger (ou plutôt chargés de la condamner). Les réponses de Jeanne étaient brillantes, intelligentes, inspirées. Difficile dans ce contexte de trouver la moindre faille dans son système de défense pour la condamner. </span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_3290_4").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_3290_4",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]<br>Jeanne marque-t-elle un temps de réflexion ?<br>Comprend-elle que sa vie est suspendue à cette réponse ?<br>Si elle dit oui,&nbsp;<br>elle passe pour orgueilleuse et arrogante,<br>car un être humain ne peut se prévaloir de la grâce de Dieu.<br>Si elle dit non, elle signe aussi son arrêt de mort :<br>ne pas avoir Dieu à ses côtés, et c’est toute sa défense qui s’écroule.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/proces-jenne-arc-devant-ses-juges.jpg" alt="" class="wp-image-19175" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/proces-jenne-arc-devant-ses-juges.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/proces-jenne-arc-devant-ses-juges-768x428.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Un silence pesant règne dans le tribunal&nbsp;<br>Le temps suspend son vol<br>Les ecclésiastiques ne respirent plus<br>L’Inquisiteur [<sup id="footnote_plugin_tooltip_3290_5" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_3290_5');">5</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_3290_5">L’Inquisition est bien présente lors du procès de Jeanne d’Arc. Elle est représentée par le vice-inquisiteur de Rouen, le Frère Jean Le Maître. Attention cependant à ne pas tomber dans l’image d’Épinal d’une Inquisition indigne de l’Église, condamnant aux bûchers à tour de bras et faisant régner la terreur sur le territoire. La réalité historique est bien plus nuancée que cela. D’ailleurs, c’est aussi un inquisiteur, Jean Bréhal, qui présidera le procès en réhabilitation de Jeanne d’Arc en 1456.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_3290_5").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_3290_5",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>] lance un regard complice à Jean Beaupère.<br>Gloire à lui pour avoir trouvé la faille !<br>Bientôt Jeanne prend la parole<br>Une fois de plus, elle étonne<br>et détonne.</p>



<h3>La réponse de Jeanne qui change tout</h3>



<p><em>“Si je n’y suis, Dieu m’y mette ; et si j’y suis, Dieu m’y tienne.”</em><br>Avant d’ajouter :<br><em>“Je serais la plus dolente </em>[<sup id="footnote_plugin_tooltip_3290_6" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_3290_6');">6</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_3290_6"><em>dolent</em>, adj. Celui qui a mal, celui qui souffre.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_3290_6").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_3290_6",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]<em> du monde si je savais n’être pas en la grâce de Dieu.&nbsp;</em><br><em>Et, si j’étais en péché, je crois que la voix ne viendrait pas à moi.”</em></p>



<p>On ne peut piéger quelqu’un qui parle avec son cœur.<br>Râté, une nouvelle fois<br>Ses accusateurs désespèrent&nbsp;<br>et restent silencieux.</p>



<p>Que peut-on reprocher à Jeanne, exactement ?<br>Elle partit de son village natal quelques années auparavant<br>Guidée par des voix&nbsp;<br>Elle se mit au service de son roi&nbsp;<br>Conquit pour lui Orléans,<br>Lui fit traverser un territoire occupé par l’ennemi&nbsp;<br>Le fit sacrer à Reims.<br>Cette femme est un homme de guerre comme les autres.<br>Capturée par les Bourguignons<br>Vendue aux Anglais<br>Et amenée à Rouen.<br>Il est alors courant de capturer des personnages importants<br>On se contentait de réclamer des rançons et de les rendre à leur roi.<br>Ainsi allait la guerre depuis des siècles.<br>Alors, pourquoi Jeanne ?<br>Pourquoi cet acharnement ?<br>Parce qu’elle était femme.<br>Par sa foi, elle faisait de l’ombre aux hommes d’Église<br>Par sa vaillance, elle faisait de l’ombre aux hommes d’armes<br>Par son prestige, elle faisait de l’ombre au roi.</p>



<h3>Un procès politique, bien sûr</h3>



<p>Mais les Anglais ont une autre idée en tête<br>Atteindre Jeanne, c’est atteindre Charles VII.<br>Faire d’elle une sorcière, c’est faire du roi de France un suppôt de Satan.<br>Comment le peuple de France pourrait-il accepter un roi<br>Qui aurait gagné sa Couronne par l’intervention du Malin ? [<sup id="footnote_plugin_tooltip_3290_7" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_3290_7');">7</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_3290_7">Paradoxalement, c’est d’ailleurs pour cela que, quelques années après le jugement de Jeanne, Charles VII lance un procès en révision. La réhabiliter, c’est faire en sorte que l’Histoire ne retienne pas qu’il devait son trône à une sorcière.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_3290_7").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_3290_7",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]<br>Ainsi réfléchissent les Anglais.<br>Et ainsi obéit Cauchon.</p>



<p>Cauchon ! Cauchon ! Cauchon !<br>Serpent<br>Âne&nbsp;<br>Mouton</p>



<p>Mais l’accuser d’être sorcière n’est pas suffisant.<br>Pour marquer les esprits, il faut le prouver par des arguments irréfutables.<br>Un procès est idéal<br>Comment une jeune pucelle pourrait-elle faire le poids<br>face aux 120 esprits les plus brillants du royaume ?<br>Elle s’effondrera.<br>Bredouillera.<br>Se contredira.<br>Et l’estoc final l’anéantira.</p>



<p>Après la réponse de Jeanne à la question de Jean Beaupère<br>Tous prennent conscience d’une chose.<br>Jeanne est plus brillante qu’eux.<br>Le cœur de certains vacille.<br>Se pourrait-il qu’elle soit portée par Dieu, comme elle le prétend ?<br>Sont-ils en train de condamner au supplice<br>une envoyée divine ?<br>Se faisant, ne seraient-ils pas en train de vouer leur propre âme à l’Enfer<br>aux infinis tourments ?<br>Cauchon lève la séance.</p>



<p>Cauchon ! Cauchon ! Cauchon !<br>Serpent<br>Âne&nbsp;<br>Mouton</p>



<p>Il faut remobiliser ses troupes.<br>Les galvaniser.<br>Les menacer.<br>Les contraindre. [<sup id="footnote_plugin_tooltip_3290_8" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_3290_8');">8</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_3290_8">Lors du procès en réhabilitation de Jeanne de 1456, les nombreuses entorses à la procédure sont mise à jour. Des personnes ayant participé au procès témoignent des pressions que l’évêque de Beauvais leur a fait subir pour qu’ils gardent le cap des accusations et ne se laissent pas envahir par le doute.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_3290_8").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_3290_8",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]</p>



<h3>Face à 120 juges, Jeanne d&rsquo;Arc prend l&rsquo;ascendant</h3>



<p>Mais les jours qui suivent,&nbsp;<br>Les questions posées laissent entendre le trouble des juges.<br>Cauchon lui-même finit par demander à Jeanne<br>Quel danger les menace, s’ils la condamnent à mort.<br>Un juge qui demande à l’accusée s’il peut la condamner sans risque pour sa propre existence !<br>Un évêque qui s’en remet à une pécheresse pour le Salut de son âme !<br>Et Jeanne qui irradie.<br>Et Jeanne qui répond.<br>Et Jeanne qui menace.</p>



<p><em>“Vous dites que vous êtes mon juge, je ne sais si vous l’êtes,</em><br><em>mais avisez-vous bien de ne pas juger mal,&nbsp;</em><br><em>vous vous mettriez en grand danger.</em><br><em>Et je vous en avertis,&nbsp;</em><br><em>afin que, si Notre-Seigneur vous en châtie,&nbsp;</em><br><em>j’aie fait mon devoir de le vous dire.”&nbsp;</em></p>



<p>Elle sème le trouble.<br>Le procès est un fiasco. Aucune charge ne peut être retenue contre elle.<br>Mais les Anglais ne peuvent se permettre de perdre la face.<br>Il faut condamner Jeanne.<br>Coûte que coûte.<br>On songe à la torturer<br>Mais Jeanne, trop affaiblie, risque d’en mourir,<br>ce qui n’est pas du tout le but recherché.<br>Alors Cauchon va jouer son rôle de caution morale et judiciaire&nbsp;<br>à merveille.</p>



<p>Cauchon ! Cauchon ! Cauchon !<br>Serpent<br>Âne&nbsp;<br>Mouton</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/jeanne-arc-en-armes-isy-ochoa.jpg" alt="" class="wp-image-19176" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/jeanne-arc-en-armes-isy-ochoa.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/jeanne-arc-en-armes-isy-ochoa-160x160.jpg 160w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/jeanne-arc-en-armes-isy-ochoa-768x767.jpg 768w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/jeanne-arc-en-armes-isy-ochoa-320x320.jpg 320w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<h3>Une histoire de vêtements</h3>



<p>Il y a une accusation contre laquelle Jeanne ne peut se défendre.<br>Cauchon brandit le Deutéronome [<sup id="footnote_plugin_tooltip_3290_9" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_3290_9');">9</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_3290_9">Livre de l’Ancien Testament qui contient notamment le récit des derniers discours de Moïse aux Israélites. Il y est écrit : “Une femme ne portera point un habillement d&rsquo;homme, et un homme ne mettra point des vêtements de femme; car quiconque fait ces choses est en abomination à l&rsquo;Eternel, ton Dieu.” (Dt, 22,5) </span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_3290_9").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_3290_9",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>] comme il brandirait le Saint Graal.<br>C’est écrit noir sur blanc !<br>Ce n’est même pas soumis à interprétation !<br>Une femme ne peut porter des habits d’homme<br>sans être en abomination devant l’Éternel.<br>Depuis qu’elle a quitté son village de Domrémy<br>Jeanne chevauche, Jeanne combat<br>Jeanne a troqué sa jupe longue contre des jambières<br>Son foulard dans les cheveux contre un chapel de fer [<sup id="footnote_plugin_tooltip_3290_10" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_3290_10');">10</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_3290_10">“Chapel de fer” : ainsi se nommait le casque médiéval à l’époque de Jeanne d’Arc. </span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_3290_10").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_3290_10",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]</p>



<h3>La mascarade de Saint-Ouen</h3>



<p>La comédie a assez duré<br>Le procès ne donne rien, il faut des actions d’éclat.<br>Que la prisonnière abjure ses crimes, de gré ou de force.<br>La séance suivante aura lieu en public<br>au cimetière de Saint-Ouen<br>le 24 mai 1431</p>



<p>Jeanne, enchaînée, humiliée, ne tremble pas<br>tandis que ses juges lisent une cédule d’accusation.<br>La foule attend, ne comprenant pas tous les enjeux de la scène ;<br>témoins silencieux, complices malgré eux.<br>Jeanne ne veut pas signer<br>Mais Cauchon doit la faire signer<br>Il a été engagé pour ça<br>et compte bien aller jusqu’au bout, dût-il y condamner son âme</p>



<p>Cauchon ! Cauchon ! Cauchon !<br>Serpent<br>Âne&nbsp;<br>Mouton</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/eveque-beauvais-cauchon-proces-jeanne-arc-isy-ochoa.jpg" alt="" class="wp-image-19174" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/eveque-beauvais-cauchon-proces-jeanne-arc-isy-ochoa.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/eveque-beauvais-cauchon-proces-jeanne-arc-isy-ochoa-160x160.jpg 160w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/eveque-beauvais-cauchon-proces-jeanne-arc-isy-ochoa-768x767.jpg 768w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/eveque-beauvais-cauchon-proces-jeanne-arc-isy-ochoa-320x320.jpg 320w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Jeanne ne tremble pas.<br>Au contraire, elle en appelle au pape !<br>Solennellement&nbsp;<br>Fermement<br>Publiquement</p>



<p>Cet appel résonne encore à travers les siècles.<br>Cet appel à l’arbitrage du Saint Siège est censé suspendre la procédure.<br>Mais Cauchon s’en moque.<br>Le pape est loin.<br>On s’approche d’elle avec la cédule<br>On se met autour d’elle<br>Puis on brandit le texte devant la foule<br>Jeanne a signé son abjuration !<br>C’est une mascarade. [<sup id="footnote_plugin_tooltip_3290_11" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_3290_11');">11</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_3290_11">Cette scène de l&rsquo;abjuration au cimetière de Saint-Ouen est le passage le plus controversé du procès de Jeanne d&rsquo;Arc. En 1456, lors du procès en réhabilitation, les langues se délient et la manipulation de Cauchon apparaît au grand jour. Le “guet-apens” judiciaire qu’il a tendu à Jeanne ne fait plus aucun doute, même si, bien sûr, de nombreuses zones d’ombre subsistent. Lien intéressant sur les détails de cette journée folle <a href="http://www.stejeannedarc.net/histoire_wallon/wallon_IX-1.php#notes">ici</a>, qui se base sur le livre de <a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56981794/f4.image.texteImage">Henri Wallon écrit en 1860</a>.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_3290_11").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_3290_11",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]</p>



<p>Peu importe pour Cauchon<br>Que le document ait été effectivement signé ou non<br>Il peut maintenant la condamner à la prison à vie.<br>Sa mission est terminée.<br>Les Anglais ne l’entendent pas ainsi.<br>Vivante, elle garde son influence<br>la question ne se pose même pas<br>la pucelle doit brûler.<br>Mais on ne brûle pas une repentie.<br>Cauchon retourne au charbon.</p>



<h3>Le piège se referme</h3>



<p>Alors il lui tend un piège.<br>Cauchon, homme de dieu, de qui tiens-tu ton inspiration ?<br>Le plan est diabolique.<br>Jeanne qui croit que tout est fini<br>Qu’à défaut de recouvrer la liberté<br>elle obtiendrait enfin un peu de tranquillité. [<sup id="footnote_plugin_tooltip_3290_12" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_3290_12');">12</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_3290_12">En fait de tranquillité, ses geôliers eurent l’ordre de la violer durant 4 jours, du 24 au 28 mai, sur ordre de Cauchon. L’évêque, semble-t-il, pense qu’il a partie gagnée et s’abaisse aux pires des outrages. Miracle ou force de persuasion de Jeanne envers ses agresseurs ? Toujours est-il qu’aucun gardien n’obéit aux ordres et que la Pucelle le demeura jusqu’à sa mort&#8230;</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_3290_12").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_3290_12",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]</p>



<p>Sur ordre de Cauchon,<br>le 28 mai 1431<br>ses geôliers lui posent négligemment des vêtements dans sa cellule. [<sup id="footnote_plugin_tooltip_3290_13" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_3290_13');">13</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_3290_13">Jeanne était attachée au fait de garder des vêtements d’hommes, même durant son procès. C’est par la force, et seulement le 24 mai 1431 &#8211; le même jour que la scène du cimetière de Saint-Ouen &#8211; qu’on lui enlève ses vêtement et qu’on lui impose de s’habiller comme une femme. Cela fait partie de la stratégie de Cauchon pour se rallier l’opinion publique : symboliquement, le fait de changer de vêtements prouve la prétendue abjuration de ses crimes passés. </span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_3290_13").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_3290_13",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]<br>Des vêtements d’homme.<br>À nouveau.<br>Comme des reliques de sa gloire passée.<br>À peine est-elle habillée que Cauchon fait irruption dans la cellule.<br>Ah !<br>Il feint la surprise.<br>Jeanne, qui a abjuré et renoncé à porter ses habits d’homme&nbsp;<br>vient de recommencer !<br>Relapse. [<sup id="footnote_plugin_tooltip_3290_14" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_3290_14');">14</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_3290_14"><em>Relapse</em> : dans la religion catholique, celui ou celle qui est retombé.e dans l&rsquo;hérésie après l&rsquo;avoir abjurée.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_3290_14").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_3290_14",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]<br>Hérétique.<br>Encore.</p>



<p>Le comportement de Cauchon pose ensuite question.<br>Il tente encore de faire abjurer Jeanne&nbsp;<br>Qu’elle abjure vraiment.<br>Sincèrement.<br>Il lui parle&nbsp;<br>La manipule<br>Rien n’y fait, évidemment.<br>Il a pourtant toutes les cartes en main pour condamner Jeanne au bûcher.<br>Ses aveux sont maintenant superflus.<br>Cherche-t-il seulement à se convaincre que ses actions étaient justes ?<br>N’œuvre-t-il, à cet instant,&nbsp;<br>que pour le salut de sa propre âme ?<br>S’il est fourbe et cruel, Cauchon n’en reste pas moins croyant.<br>Et derrière sa cuirasse de juge, son cœur se pose mille questions.</p>



<p>Mais il est trop tard.<br>S’il avait vécu plus longtemps, Dante lui aurait sans doute réservé<br>une place dans les premiers cercles des Enfers. [<sup id="footnote_plugin_tooltip_3290_15" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_3290_15');">15</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_3290_15">Référence, bien sûr, à la <a href="https://www.etaletaculture.fr/litterature/la-divine-comedie/">Divine Comédie</a> ; Dante étant mort en 1321 et le procès de Jeanne ayant eu lieu en 1431.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_3290_15").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_3290_15",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]<br></p>



<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/proces-jeanne-arc-isy-ochoa.jpg" alt="" class="wp-image-19171" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/proces-jeanne-arc-isy-ochoa.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/proces-jeanne-arc-isy-ochoa-768x360.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<h3><strong>Épilogue</strong></h3>



<p>La mort de Jeanne fut celle d’une sainte.<br>D’une martyre.<br>Sacrifiée au nom de la politique de ses ennemis<br>et par la faiblesse de son propre souverain.<br>Ses cendres furent jetés à la Seine.<br>Il fallait que, de Jeanne, il ne reste plus rien. </p>



<h3>Illustrations</h3>



<p>Illustrations par © Isy Ochoa <br> Ne pas utiliser les illustrations sans notre consentement.</p>
<div class="footnote_container_prepare"><p><span onclick="footnote_expand_reference_container();">Notes</span><span style="display: none;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;[ <a id="footnote_reference_container_collapse_button" style="cursor:pointer;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container();">+</a> ]</span></p></div><div id="footnote_references_container" style=""><table class="footnote-reference-container"><tbody><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_3290_1">1.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_3290_1');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Dans la scène 4 nommée <em>“Jeanne livrée aux bêtes”</em> de son oratorio <em>Jeanne au Bûcher</em> (1935), le compositeur Arthur Honegger joue avec l’homonymie entre Pierre Cauchon, l’évêque qui préside le procès de la Pucelle d’Orléans, et un cochon : L’APPARITEUR : Qui se propose pour juger Jeanne d’Arc ? &#8211; PORCUS : Moi ! Moi ! Moi ! Moi ! Je me propose pour juger Jeanne d’Arc. &#8211; L’APPARITEUR : Qui êtes-vous ? Comment vous appelez-vous ? &#8211; PORCUS : Ego nominor Porcus. Je m’appelle Cauchon ! Moi, moi. Je suis, je suis le Cauchon !</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_3290_2">2.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_3290_2');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Réfugié à Bourges alors que les Bourguignons, alliés aux Anglais, prennent le pouvoir dans la capitale, le dauphin Charles gagne le surnom ironique de “petit roi de Bourges”.</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_3290_3">3.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_3290_3');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Bien sûr, l’expression de la “guerre de Cent ans” est anachronique. Charles VII ne pouvait ainsi penser le conflit séculaire qui opposait la France à l’Angleterre. Ce n&rsquo;est d’ailleurs qu&rsquo;au XIXe siècle que l&rsquo;expression “Guerre de Cent Ans” s’impose pour qualifier le conflit qui dura de 1337 à 1453.</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_3290_4">4.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_3290_4');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">On connaît précisément les questions posées à Jeanne et les réponses qu’elle apporta grâce aux manuscrits d’Urfé et d’Orléans qui retranscrivent le contenu du procès.Cette réponse de Jeanne porta un grand coup au moral des ecclésiastiques chargés de la juger (ou plutôt chargés de la condamner). Les réponses de Jeanne étaient brillantes, intelligentes, inspirées. Difficile dans ce contexte de trouver la moindre faille dans son système de défense pour la condamner. </td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_3290_5">5.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_3290_5');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">L’Inquisition est bien présente lors du procès de Jeanne d’Arc. Elle est représentée par le vice-inquisiteur de Rouen, le Frère Jean Le Maître. Attention cependant à ne pas tomber dans l’image d’Épinal d’une Inquisition indigne de l’Église, condamnant aux bûchers à tour de bras et faisant régner la terreur sur le territoire. La réalité historique est bien plus nuancée que cela. D’ailleurs, c’est aussi un inquisiteur, Jean Bréhal, qui présidera le procès en réhabilitation de Jeanne d’Arc en 1456.</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_3290_6">6.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_3290_6');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text"><em>dolent</em>, adj. Celui qui a mal, celui qui souffre.</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_3290_7">7.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_3290_7');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Paradoxalement, c’est d’ailleurs pour cela que, quelques années après le jugement de Jeanne, Charles VII lance un procès en révision. La réhabiliter, c’est faire en sorte que l’Histoire ne retienne pas qu’il devait son trône à une sorcière.</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_3290_8">8.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_3290_8');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Lors du procès en réhabilitation de Jeanne de 1456, les nombreuses entorses à la procédure sont mise à jour. Des personnes ayant participé au procès témoignent des pressions que l’évêque de Beauvais leur a fait subir pour qu’ils gardent le cap des accusations et ne se laissent pas envahir par le doute.</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_3290_9">9.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_3290_9');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Livre de l’Ancien Testament qui contient notamment le récit des derniers discours de Moïse aux Israélites. Il y est écrit : “Une femme ne portera point un habillement d&rsquo;homme, et un homme ne mettra point des vêtements de femme; car quiconque fait ces choses est en abomination à l&rsquo;Eternel, ton Dieu.” (Dt, 22,5) </td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_3290_10">10.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_3290_10');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">“Chapel de fer” : ainsi se nommait le casque médiéval à l’époque de Jeanne d’Arc. </td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_3290_11">11.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_3290_11');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Cette scène de l&rsquo;abjuration au cimetière de Saint-Ouen est le passage le plus controversé du procès de Jeanne d&rsquo;Arc. En 1456, lors du procès en réhabilitation, les langues se délient et la manipulation de Cauchon apparaît au grand jour. Le “guet-apens” judiciaire qu’il a tendu à Jeanne ne fait plus aucun doute, même si, bien sûr, de nombreuses zones d’ombre subsistent. Lien intéressant sur les détails de cette journée folle <a href="http://www.stejeannedarc.net/histoire_wallon/wallon_IX-1.php#notes">ici</a>, qui se base sur le livre de <a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56981794/f4.image.texteImage">Henri Wallon écrit en 1860</a>.</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_3290_12">12.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_3290_12');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">En fait de tranquillité, ses geôliers eurent l’ordre de la violer durant 4 jours, du 24 au 28 mai, sur ordre de Cauchon. L’évêque, semble-t-il, pense qu’il a partie gagnée et s’abaisse aux pires des outrages. Miracle ou force de persuasion de Jeanne envers ses agresseurs ? Toujours est-il qu’aucun gardien n’obéit aux ordres et que la Pucelle le demeura jusqu’à sa mort&#8230;</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_3290_13">13.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_3290_13');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Jeanne était attachée au fait de garder des vêtements d’hommes, même durant son procès. C’est par la force, et seulement le 24 mai 1431 &#8211; le même jour que la scène du cimetière de Saint-Ouen &#8211; qu’on lui enlève ses vêtement et qu’on lui impose de s’habiller comme une femme. Cela fait partie de la stratégie de Cauchon pour se rallier l’opinion publique : symboliquement, le fait de changer de vêtements prouve la prétendue abjuration de ses crimes passés. </td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_3290_14">14.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_3290_14');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text"><em>Relapse</em> : dans la religion catholique, celui ou celle qui est retombé.e dans l&rsquo;hérésie après l&rsquo;avoir abjurée.</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_3290_15">15.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_3290_15');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Référence, bien sûr, à la <a href="https://www.etaletaculture.fr/litterature/la-divine-comedie/">Divine Comédie</a> ; Dante étant mort en 1321 et le procès de Jeanne ayant eu lieu en 1431.</td></tr></tbody></table></div><script type="text/javascript">function footnote_expand_reference_container() {jQuery("#footnote_references_container").show();        jQuery("#footnote_reference_container_collapse_button").text("-");}    function footnote_collapse_reference_container() {        jQuery("#footnote_references_container").hide();        jQuery("#footnote_reference_container_collapse_button").text("+");    }function footnote_expand_collapse_reference_container() {if (jQuery("#footnote_references_container").is(":hidden")) {            footnote_expand_reference_container();} else {            footnote_collapse_reference_container();}}    function footnote_moveToAnchor(p_str_TargetID) {        footnote_expand_reference_container();        var l_obj_Target = jQuery("#" + p_str_TargetID);        if(l_obj_Target.length) {            jQuery('html, body').animate({                scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight/2            }, 1000);        }    }</script><p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/la-perfidie-du-cauchon-le-proces-de-jeanne-darc-1431/">La perfidie du Cauchon : le procès de Jeanne d’Arc (1431)</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></content:encoded>
      <wfw:commentRss>https://www.etaletaculture.fr/histoire/la-perfidie-du-cauchon-le-proces-de-jeanne-darc-1431/feed/</wfw:commentRss>
      <slash:comments>8</slash:comments>
    </item>
    <item>
      <title>Marilyn Monroe et les Désaxés, la fin tragique de l’actrice</title>
      <link>https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/marilyn-monroe-et-les-desaxes-la-fin-tragique-de-lactrice/</link>
      <comments>https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/marilyn-monroe-et-les-desaxes-la-fin-tragique-de-lactrice/#respond</comments>
      <pubDate>Sun, 08 Sep 2019 14:31:52 +0000</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Djinnzz]]></dc:creator>
      <category><![CDATA[Culture Générale]]></category>
      <guid isPermaLink="false">http://www.etaletaculture.fr/?p=19156</guid>
      <description><![CDATA[<p>&#46;&#46;&#46;</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/marilyn-monroe-et-les-desaxes-la-fin-tragique-de-lactrice/">Marilyn Monroe et les Désaxés, la fin tragique de l&rsquo;actrice</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/marilyn-monroe-triste-illustration.jpg" alt="" class="wp-image-19157" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/marilyn-monroe-triste-illustration.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/marilyn-monroe-triste-illustration-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<h3><strong>Un film maudit</strong></h3>



<p>1960 a tout de l’<em>annus horribilis</em> pour Marilyn Monroe. Cette année-là, elle passe plusieurs mois sur le tournage du western <em>Les Désaxés</em>, écrit par Arthur Miller, son troisième mari avec qui elle vit depuis 3 ou 4 ans. Il a 45 ans, elle en a 34. Ce film retrace un peu leur histoire, une femme fragile qui tombe amoureuse d’un homme plus âgé. </p>



<p>Marilyn Monroe y partage l’affiche avec Clark Gable… ce sera leur dernier film à tous les deux.</p>



<p>Sur le tournage qui se déroule dans le désert du Nevada, c’est la catastrophe. Au point que le film est considéré comme maudit par nombre de cinéphiles. Les conditions sont éprouvantes, le thermomètre flirtant avec les 40°C. Les prises de vue étaient censées être bouclées en 1 mois et demi. Il en faudra le double pour en venir à bout. Marilyn Monroe est en pleine dépression. Le comportement de son mari Arthur Miller, qui s’affiche publiquement aux bras de la photographe Inge Morath, n’arrange rien à l’affaire. Clark Gable (59 ans), qu’elle admire comme on admire un père, l’ignore courtoisement. Quant au réalisateur John Huston, il passe le plus clair de son temps en état d’ivresse… </p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/marilyn-monroe-et-clark-gable-dans-les-desaxes-1961.jpg" alt="" class="wp-image-19158" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/marilyn-monroe-et-clark-gable-dans-les-desaxes-1961.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/marilyn-monroe-et-clark-gable-dans-les-desaxes-1961-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /><figcaption>  <em>Marilyn Monroe et Clark Gable dans le film les Désaxés (1961)</em>  </figcaption></figure>



<p>Le film sera un échec commercial, même si la critique salue la performance des acteurs. Marilyn Monroe y apparaît dans une bouleversante fragilité. Mais l’essentiel est encore ailleurs&#8230; ?</p>



<p>Clark Gable mourra d’une crise cardiaque moins d’une semaine après la fin de la production.</p>



<p>Marilyn Monroe et Arthur Miller divorceront quelques semaines plus tard, en novembre 1960.<br>Les Désaxés sera le dernier film de la carrière de l’actrice.</p>



<h3><strong>L’internement en hôpital psychiatrique</strong></h3>



<p>Épuisée émotionnellement, Marilyn Monroe carbure à l‘alcool et aux médicaments et s’enfonce dans la dépression. Au début de l’année 1961, sa psychanalyste lui propose un séjour en maison de repos… Elle accepte, ignorant qu’en fait de repos elle sera enfermée pendant quatre jours dans une cellule capitonnée à l’hôpital psychiatrique de Payne-Whitney.</p>



<p>De son propre aveu, ces quatre jours se sont révélés être les plus pénibles de sa vie. Peu de temps après sa libération, elle écrit une lettre de 6 pages à son autre psychanalyste, le Dr Ralph Greenson [<sup id="footnote_plugin_tooltip_5083_1" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_5083_1');">1</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_5083_1">La lettre de Marilyn Monroe à son psychanalyste est en ligne à <a href="http://www.lettersofnote.com/2011/01/men-are-climbing-to-moon-but-they-dont.html">cette adresse</a></span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_5083_1").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_5083_1",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]. Elle y décrit le sentiment de colère qu’elle y éprouve, se sentant comme en prison pour un crime qu’elle n’aurait pas commis et y dénonce le manque d’empathie des médecins. Plus elle se lamentait de ce traitement indigne, plus on la prenait pour une folle…</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/extraits-lettre-marilyn-monroe-docteur-ralph-greenson.jpg" alt="" class="wp-image-19159" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/extraits-lettre-marilyn-monroe-docteur-ralph-greenson.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/extraits-lettre-marilyn-monroe-docteur-ralph-greenson-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /><figcaption> <em>Extraits de la lettre envoyée par Marilyn Monroe à son psy, le Dr. Ralph Greenson.</em> </figcaption></figure>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>La nuit dernière, je suis encore restée éveillée toute la nuit. Parfois, je me demande en quoi la nuit est utile. Elle n’existe quasiment pas pour moi &#8212; elle me semble être comme une longue, longue et horrible journée.”<br>(&#8230;)<br>Oh, les hommes sont en train d’aller sur la Lune, mais ils ne semblent pas s’intéresser aux battements du cœur humain.”<br>(&#8230;)<br>“L’empathie n’existait pas à Payne-Whitney (&#8230;) Ils m’ont mise dans une cellule pour les patients très perturbés. Je me suis sentie comme une prisonnière pour un crime que je n’avais pas commis. L’inhumanité qui y régnait était archaïque.</p></blockquote>



<p>C’est finalement son deuxième mari, Joe DiMaggio, qui intervient et parvient à la faire libérer, contre l’avis des médecins. Cette expérience médicale bouleversante, loin de la faire se sentir mieux, l’enferma encore un peu plus dans son mal-être.</p>



<h3><strong>Dernière expérience sur un plateau de tournage</strong></h3>



<p>Mais Marilyn Monroe n’en a pas encore fini avec le cinéma. Encore sous contrat avec la Fox, elle est obligée de tourner dans un film qu’elle juge elle-même insipide (<em>Something&rsquo;s Got to Give</em>, traduit en français par <em>Les derniers Jours</em>, 1962). Mais l’actrice est incapable de tourner normalement et enchaîne les retards sur le plateau. </p>



<p>Le 19 mai 1962, c’est d’ailleurs pendant le tournage que, contre l’avis de la production, elle profite d’une pause déjeuner pour se rendre à l&rsquo;anniversaire de John Fitzgerald Kennedy, à New York. Elle y interprétera son célébrissime <em>Happy Birthday, Mister President</em>. Une semaine plus tard, la Fox vire l’actrice et lui réclame 500.000 $ !</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/marilyn-monroe-chantant-happy-birthday-mr-president-1962.jpg" alt="" class="wp-image-19160" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/marilyn-monroe-chantant-happy-birthday-mr-president-1962.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/09/marilyn-monroe-chantant-happy-birthday-mr-president-1962-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<h3><strong>Une mort trouble</strong></h3>



<p>Accident ? Suicide ? Meurtre ? Complot ? Sa mort, dans la nuit du 4 au 5 août 1962, contient encore à ce jour de nombreuses parts d’ombre.</p>



<p>Alerté au milieu de la nuit pas la gouvernante de Marilyn qui s’inquiète que l’actrice se soit enfermée dans sa chambre et ne réponde pas à ses appels, le psychanalyste Ralph Greenson arrive chez elle en catastrophe et casse la vitre de la fenêtre de sa chambre. Il découvre son corps inanimé, allongé sur son lit. Sa mort est officiellement constatée une heure plus tard… La piste de l’overdose de barbituriques est privilégiée par le médecin légiste mais, par manque de preuves, les policiers ne concluent finalement leur enquête ni par la thèse du suicide ni par celui de l’assassinat. Près de 60 ans plus tard, le mystère reste entier&#8230;</p>
<div class="footnote_container_prepare"><p><span onclick="footnote_expand_reference_container();">Notes</span><span style="display: none;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;[ <a id="footnote_reference_container_collapse_button" style="cursor:pointer;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container();">+</a> ]</span></p></div><div id="footnote_references_container" style=""><table class="footnote-reference-container"><tbody><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_5083_1">1.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_5083_1');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">La lettre de Marilyn Monroe à son psychanalyste est en ligne à <a href="http://www.lettersofnote.com/2011/01/men-are-climbing-to-moon-but-they-dont.html">cette adresse</a></td></tr></tbody></table></div><script type="text/javascript">function footnote_expand_reference_container() {jQuery("#footnote_references_container").show();        jQuery("#footnote_reference_container_collapse_button").text("-");}    function footnote_collapse_reference_container() {        jQuery("#footnote_references_container").hide();        jQuery("#footnote_reference_container_collapse_button").text("+");    }function footnote_expand_collapse_reference_container() {if (jQuery("#footnote_references_container").is(":hidden")) {            footnote_expand_reference_container();} else {            footnote_collapse_reference_container();}}    function footnote_moveToAnchor(p_str_TargetID) {        footnote_expand_reference_container();        var l_obj_Target = jQuery("#" + p_str_TargetID);        if(l_obj_Target.length) {            jQuery('html, body').animate({                scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight/2            }, 1000);        }    }</script><p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/marilyn-monroe-et-les-desaxes-la-fin-tragique-de-lactrice/">Marilyn Monroe et les Désaxés, la fin tragique de l&rsquo;actrice</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></content:encoded>
      <wfw:commentRss>https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/marilyn-monroe-et-les-desaxes-la-fin-tragique-de-lactrice/feed/</wfw:commentRss>
      <slash:comments>0</slash:comments>
    </item>
    <item>
      <title>Les Centaures : leur origine… et leur fin</title>
      <link>https://www.etaletaculture.fr/mythologie/les-centaures-leur-origine-et-leur-fin/</link>
      <comments>https://www.etaletaculture.fr/mythologie/les-centaures-leur-origine-et-leur-fin/#comments</comments>
      <pubDate>Wed, 28 Aug 2019 20:05:15 +0000</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Djinnzz]]></dc:creator>
      <category><![CDATA[Mythologie]]></category>
      <guid isPermaLink="false">http://www.etaletaculture.fr/?p=19144</guid>
      <description><![CDATA[<p>&#46;&#46;&#46;</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/mythologie/les-centaures-leur-origine-et-leur-fin/">Les Centaures : leur origine&#8230; et leur fin</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/centaures-ixion-hercule-mythe-centauros.jpg" alt="" class="wp-image-19145" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/centaures-ixion-hercule-mythe-centauros.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/centaures-ixion-hercule-mythe-centauros-768x362.jpg 768w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/centaures-ixion-hercule-mythe-centauros-520x245.jpg 520w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/centaures-ixion-hercule-mythe-centauros-720x340.jpg 720w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Les Centaures sont des créatures hybrides à corps de cheval et au buste d&rsquo;homme, nés de l&rsquo;union entre Ixion et Néphélé… Un « couple » étonnant dont il convient de dire quelques mots ! </p>



<h3><strong>Un meurtre particulièrement ignoble</strong></h3>



<p>Simple mortel, Ixion est le roi des Lapithes, un peuple habitant en Thessalie. Il tombe amoureux de Dia, fille d&rsquo;un certain Eionée. Ixion va trouver ce dernier pour lui demander la main de sa fille et, selon la coutume d&rsquo;alors, lui promet en échange un magnifique cadeau. Eionée accepte et les noces peuvent ainsi être célébrées peu de temps après.</p>



<p>Le problème survient quand Eionée vient réclamer son dû… qu&rsquo;Ixion refuse de lui donner ! Fou de rage, le beau-père menace de ne pas en rester là. Ixion fait semblant d’être impressionné par la colère de son adversaire et feint de céder. Il invite Eionée dans son palais pour, lui fait-il croire, récupérer son présent. En réalité, il a fait creuser dans la cour une énorme fosse qu&rsquo;il a dissimulée à l&rsquo;aide de branchages, au fond de laquelle il a placé des charbons ardents. [<sup id="footnote_plugin_tooltip_1666_1" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_1666_1');">1</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_1666_1">En réalité, le beau-père se paye d&rsquo;abord en prenant les chevaux d&rsquo;Ixion&#8230; d&rsquo;où la vengeance de ce dernier.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_1666_1").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_1666_1",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>] À peine Eionée se présente-t-il au palais qu&rsquo;il est poussé par son gendre dans la fosse. De la surface, Ixion se penche pour observer l&rsquo;agonie de son hôte dont les braises consument la chair&#8230;</p>



<p>Pour les Grecs, ce meurtre est doublement terrible : par son aspect prémédité et méthodique, bien sûr, mais surtout par le fait qu&rsquo;il rompt les règles sacrées de l&rsquo;hospitalité : Eionée est tué dans le palais d&rsquo;Ixion alors qu&rsquo;il y avait été invité. Les déesses de la Vengeance, les terribles Erinyes, entrent donc en jeu : elles viennent harceler nuit et jour le meurtrier jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il en devienne fou.</p>



<h3><strong>La rédemption… et le châtiment éternel</strong></h3>



<p>Bien qu&rsquo;il ait tué son propre père, Dia, son épouse, aime toujours tendrement son mari. Elle se tourne vers les dieux pour qu&rsquo;ils prennent Ixion en pitié. Zeus, sans doute troublé par la beauté de la jeune femme, répond positivement à sa demande : non seulement il rend la raison à Ixion mais il l&rsquo;invite également sur l&rsquo;Olympe pour partager un festin avec les dieux. Dans cette situation, n&rsquo;importe qui ferait profil bas et serait reconnaissant… mais pas Ixion ! Fasciné par la beauté d&rsquo;Héra, la femme de Zeus, il ne peut s&#8217;empêcher de lui faire la cour. Quand il apprend le comportement indigne de son hôte, Zeus est furieux ! Il met au point une vengeance à la hauteur de l&rsquo;affront : il façonne un nuage (une « nuée ») à l&rsquo;image d&rsquo;Héra qu&rsquo;il nomme Néphélé (du grec ancien <em>Nephélê</em>, « nuage »). Ixion n&rsquo;y voit que du feu et, lorsque Néphélé entre discrètement dans sa chambre, il pense que son charme naturel a porté ses fruits…</p>



<p>Mais Zeus met au point ce stratagème uniquement pour surprendre Ixion en flagrant délit d&rsquo;adultère. Au milieu des ébats, le dieu pénètre dans la chambre et surprend son invité au lit avec la fausse Héra. Pour son forfait, Ixion est condamné à un châtiment éternel : il est envoyé dans le Tartare où il est attaché à une roue placée au milieu de reptiles. Pour l&rsquo;éternité, Ixion tourne et tourne encore, les chairs sans cesse mordues par les serpents [<sup id="footnote_plugin_tooltip_1666_2" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_1666_2');">2</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_1666_2">“Le maître des dieux l’attacha à cette roue… Ses membres y sont à jamais serrés par d’invincibles nœuds, et ses tortures, hélas trop célèbres, attestent à la terre la vengeance des Immortels” (Pindare, Pythiques, II, 20). Ixion rejoint ainsi les rangs des grands suppliciés de la mythologie, aux côtés de <a href="https://www.etaletaculture.fr/mythologie/le-mythe-de-promethee/">Prométhée</a>, <a href="https://www.etaletaculture.fr/mythologie/sisyphe/">Sisyphe</a>, <a href="https://www.etaletaculture.fr/mythologie/le-supplice-de-tantale/">Tantale</a>, les Danaïdes et Tityos.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_1666_2").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_1666_2",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>].</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/Ixion-jose-ribera-1632.jpg" alt="" class="wp-image-19146" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/Ixion-jose-ribera-1632.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/Ixion-jose-ribera-1632-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /><figcaption>  <em>Hermès attachant Ixion dans le Tartare, suivant les ordres de Zeus</em> </figcaption></figure>



<h3><strong>Les Centaures : Naissance d&rsquo;une nouvelle race</strong></h3>



<p>Néphélé, de son côté, tombe enceinte et donne naissance à un petit garçon qu&rsquo;elle nomme <strong>Centauros</strong>. Pindare, dans ses <em>Odes pythiques</em>, le considère comme un monstre, ni homme, ni dieu. Une fois adulte, il s&rsquo;accouple avec des juments sauvages de Magnésie, au pied du mont Pélion, en Thessalie. De ces unions naissent une nouvelle race, mi-homme, mi-cheval : celle des Centaures.</p>



<p>Avec un grand-père banni de la Terre et condamné à un châtiment éternel, avec une grand-mère à l&rsquo;apparence aussi changeante qu&rsquo;un nuage, avec un père monstrueux et des mères qui gambadent dans les champs, la race des Centaures n&rsquo;est pas vraiment bénie des dieux… Pas étonnant, dans ces conditions, qu&rsquo;elle soit considérée par les Grecs comme l&rsquo;incarnation de la barbarie dont les humains doivent se méfier en toutes circonstances.&nbsp;</p>



<h3><strong>Chiron et Pholos : ne m&rsquo;appelez plus jamais Centaure !</strong></h3>



<p>Deux « Centaures » sortent pourtant du lot et sont animés par la sagesse et la bonté. Il s&rsquo;agit de Pholos et de Chiron [<sup id="footnote_plugin_tooltip_1666_3" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_1666_3');">3</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_1666_3">Il en va des Centaures comme des hommes : il en existe des bons et des mauvais. L&rsquo;avantage avec les Centaures, c&rsquo;est que les choses sont beaucoup plus simples : on en dénombre seulement deux qui soient « bons », Chiron et Pholos. Tous les autres sont considérés dans la mythologie comme des créatures méprisables et dépravées.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_1666_3").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_1666_3",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>], ce dernier étant même une figure récurrente des récits mythologiques. Il a été le précepteur de nombreux héros, dont Hercule et Achille. Mais ils n’ont de commun avec les autres Centaures que leur apparence : ils ne font pas partie de la descendance de Centauros et sont donc nommés “<em>Centaure” </em>par abus de langage ! Ils ressemblent à des Centaures, vivent parmi les Centaures mais, ne partageant pas leur arbre généalogique, n&rsquo;ont rien à voir avec eux ! Chiron est le fils du puissant dieu Cronos [<sup id="footnote_plugin_tooltip_1666_4" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_1666_4');">4</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_1666_4">Dans des temps reculés, Cronos régnait en maître sur la Terre. Pour qu’aucun de ses fils légitimes ne le détrône un jour, il les dévorait juste après leur naissance. Son épouse Rhéa, désespérée d’assister à la mort de ses enfants, lui donna une pierre soigneusement enroulée dans des langes à la place de son dernier né. Cronos n’y vit que du feu et l’enfant, Zeus, fut élevé en cachette. Quand il devient adulte, Zeus affronte son père et, gagnant le combat, délivre ses frères et sœurs emprisonnés dans l’estomac de Cronos. Il devient ainsi le nouveau maître de l’Olympe. Par ailleurs, Cronos a été infidèle et s’est accouplé avec une nymphe aquatique nommé Philyra. Mais les deux amants ont été surpris par Rhéa et Cronos a été contraint de s’enfuir à cheval. De cette union est né Chiron qui hérite d’un corps de cheval et de l’immortalité.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_1666_4").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_1666_4",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>] et de l’Océanide Philyra ;&nbsp; Pholos est quant à lui fils de Silène [<sup id="footnote_plugin_tooltip_1666_5" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_1666_5');">5</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_1666_5">Silène est un personnage important de la mythologie, associé au dieu Dionysos. Chevauchant son âne en toute occasion, il est ivre du matin au soir. On le retrouve notamment dans l’histoire du roi Midas.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_1666_5").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_1666_5",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>] et d&rsquo;une hamadryade [<sup id="footnote_plugin_tooltip_1666_6" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_1666_6');">6</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_1666_6">Les hamadryades sont des Nymphes des arbres. Au contraire des dryades, elles sont liées à un unique arbre et meurent avec lui s’il est abattu.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_1666_6").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_1666_6",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]. [<sup id="footnote_plugin_tooltip_1666_7" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_1666_7');">7</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_1666_7">Moins connu, Crotos est également un « faux » centaure, fils de Pan et&nbsp; de la nymphe Euphéné, protecteur des Muses et inventeur du concept de l&rsquo;applaudissement.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_1666_7").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_1666_7",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]&nbsp;<br></p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/chiron-et-achille-pompeo-batoni.jpg" alt="" class="wp-image-19147" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/chiron-et-achille-pompeo-batoni.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/chiron-et-achille-pompeo-batoni-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Parmi les centaines de Centaures qui peuplent le Pélion, seuls six ou sept d&rsquo;entre eux sont nommés dans différents récits. Le plus connu est bien sûr <strong>Nessus</strong>, qui <a href="https://www.etaletaculture.fr/mythologie/tunique-de-nessus/">tente de violer Déjanire</a>, l&rsquo;épouse d&rsquo;Héraclès, ce qui provoque la colère du héros. Citons également <strong>Eurytion </strong>qui, invité à un mariage, tente de violer la mariée ; <strong>Homade</strong>, qui sera tué par Héraclès pour avoir violé la soeur de son cousin Eurysthée ou encore <strong>Hyléos et Rhoécos</strong>, deux centaures qui tentent de violer la jeune Atalante et seront tués par Artémis. Bref, tous les Centaures connus le sont pour des méfaits !</p>



<p>Dès lors, comment s&rsquo;étonner que cette race maudite soit bientôt exterminée ?</p>



<h3><strong>Quand Héraclès entre en scène</strong></h3>



<p>Juste avant d&rsquo;entamer son <a href="https://www.etaletaculture.fr/mythologie/les-douze-travaux-dhercule-12-2/">troisième travail</a> (traquer et capturer le sanglier d&rsquo;Erymanthe), Hercule s&rsquo;accorde une courte pause chez son ami Pholos. Heureux d&rsquo;accueillir le héros dans sa modeste demeure, Pholos met les petits plats dans les grands en l’honneur de son hôte. Il ouvre même une jarre de son meilleur vin, bien qu&rsquo;elle appartienne à la communauté des Centaures. Pseudo-Apollodore, auteur du Ier siècle, nous apprend alors que l&rsquo;odeur du vin attire l&rsquo;attention des autres Centaures (des vrais, cette fois !) qui n&rsquo;apprécient guère qu&rsquo;on serve leur vin à un invité… Bientôt, une petite armée prête à en découdre entoure la demeure de Pholos&#8230; Ainsi démarre, pour une histoire de vin, un combat épique entre Héraclès et les Centaures !</p>



<p>Les plus téméraires pénètrent dans la demeure de Pholos et sont accueillis par une volée de flèches tirées par un Hercule furieux. Poussant un cri de colère, c&rsquo;est lui qui sort bientôt de la maison pour tailler en pièces ses adversaires, qui ne courent pas assez vite pour fuir son courroux ! Néphélé, qui veille jalousement sur sa descendance, fait pleuvoir des trombes d&rsquo;eau sur terre pour gêner la progression du héros. Mauvais calcul : les Centaures eux-mêmes peinent à s&rsquo;extraire de la boue. C&rsquo;est un véritable carnage !</p>



<h3><strong>Le pauvre Chiron entraîné malgré lui dans le conflit</strong></h3>



<p>Les survivants se rendent auprès de Chiron, comptant sans doute sur sa sagesse pour les protéger. Hélas, une flèche tirée par Hercule traverse le bras d&rsquo;un de ses ennemis et vient se planter dans le genou de Chiron. Le combat cesse instantanément, tout le monde tentant de lui porter secours.<br></p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/hercule-contre-les-centaures-pietro-benvenuti-1817.jpg" alt="" class="wp-image-19148" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/hercule-contre-les-centaures-pietro-benvenuti-1817.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/hercule-contre-les-centaures-pietro-benvenuti-1817-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Mais, Héraclès ayant trempé la pointe de ses flèches dans le sang de l&rsquo;hydre de Lerne, un puissant poison, la blessure de Chiron se révèle incurable… Il souffre le martyr mais ne peut mourir, puisqu&rsquo;il est né immortel. Est-il condamné à une souffrance éternelle ? En principe oui, mais les dieux interviennent en sa faveur : ils acceptent de léguer son immortalité à Prométhée qui reçoit ce cadeau avec émotion, ne pouvant se douter que cette immortalité lui fera vivre à son tour <a href="https://www.etaletaculture.fr/mythologie/le-mythe-de-promethee/">un châtiment éternel</a>&#8230;</p>



<p>Chiron s&rsquo;éteint donc, et la Terre perd l&rsquo;un des esprits les plus brillants qu&rsquo;elle ait jamais portés. </p>



<p>De son côté, Pholos ne participe pas au combat. Quand le tumulte se calme, il sort de sa cachette et commence à rendre aux morts les devoirs de la sépulture. Pour ce faire, il retire les flèches des corps, mais se coupe maladroitement avec l&rsquo;une d&rsquo;entre elles. Le poison encore présent se répand dans son corps… A l&rsquo;inverse de Chiron, Pholos n&rsquo;est pas immortel et il finit par mourir après une lente et douloureuse agonie.</p>



<p>Héraclès est dévasté. En l&rsquo;espace de quelques heures, il vient de perdre deux de ses amis les plus chers. Au bout de plusieurs jours de deuil, il repart vers Érymanthe pour accomplir son troisième travail… De cette guerre, ou plutôt de ce massacre, Héraclès gagne le surnom de « plus juste des assassins » qui lui est donné dans <em>L&rsquo;Héracléide</em> de Pisandre de Rhodes, un poète du VIIe siècle avant Jésus-Christ. Preuve s’il en est de la haine que les Grecs vouaient à la race maudite des Centaures.</p>



<h3><strong>Épilogue</strong></h3>



<p>La communauté des Centaures est à jamais détruite. Les quelques survivants se dispersent à travers la Grèce. Plus tard, Thésée et Pirithoos finiront le travail en conduisant le combat des Lapithes contre les Centaures…<br></p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/la-mort-de-nessus-delaunay-hercule.jpg" alt="" class="wp-image-19149" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/la-mort-de-nessus-delaunay-hercule.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/la-mort-de-nessus-delaunay-hercule-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Plusieurs années plus tard, Héraclès croisera le chemin de Nessus, l&rsquo;un des tout derniers représentants de sa race. Ce dernier parviendra par la ruse à venger les siens et à provoquer, avec l&rsquo;aide involontaire de son épouse Déjanire, <a href="https://www.etaletaculture.fr/mythologie/tunique-de-nessus/">la mort du héros</a>.</p>
<div class="footnote_container_prepare"><p><span onclick="footnote_expand_reference_container();">Notes</span><span style="display: none;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;[ <a id="footnote_reference_container_collapse_button" style="cursor:pointer;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container();">+</a> ]</span></p></div><div id="footnote_references_container" style=""><table class="footnote-reference-container"><tbody><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_1666_1">1.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_1666_1');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">En réalité, le beau-père se paye d&rsquo;abord en prenant les chevaux d&rsquo;Ixion&#8230; d&rsquo;où la vengeance de ce dernier.</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_1666_2">2.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_1666_2');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">“Le maître des dieux l’attacha à cette roue… Ses membres y sont à jamais serrés par d’invincibles nœuds, et ses tortures, hélas trop célèbres, attestent à la terre la vengeance des Immortels” (Pindare, Pythiques, II, 20). Ixion rejoint ainsi les rangs des grands suppliciés de la mythologie, aux côtés de <a href="https://www.etaletaculture.fr/mythologie/le-mythe-de-promethee/">Prométhée</a>, <a href="https://www.etaletaculture.fr/mythologie/sisyphe/">Sisyphe</a>, <a href="https://www.etaletaculture.fr/mythologie/le-supplice-de-tantale/">Tantale</a>, les Danaïdes et Tityos.</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_1666_3">3.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_1666_3');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Il en va des Centaures comme des hommes : il en existe des bons et des mauvais. L&rsquo;avantage avec les Centaures, c&rsquo;est que les choses sont beaucoup plus simples : on en dénombre seulement deux qui soient « bons », Chiron et Pholos. Tous les autres sont considérés dans la mythologie comme des créatures méprisables et dépravées.</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_1666_4">4.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_1666_4');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Dans des temps reculés, Cronos régnait en maître sur la Terre. Pour qu’aucun de ses fils légitimes ne le détrône un jour, il les dévorait juste après leur naissance. Son épouse Rhéa, désespérée d’assister à la mort de ses enfants, lui donna une pierre soigneusement enroulée dans des langes à la place de son dernier né. Cronos n’y vit que du feu et l’enfant, Zeus, fut élevé en cachette. Quand il devient adulte, Zeus affronte son père et, gagnant le combat, délivre ses frères et sœurs emprisonnés dans l’estomac de Cronos. Il devient ainsi le nouveau maître de l’Olympe. Par ailleurs, Cronos a été infidèle et s’est accouplé avec une nymphe aquatique nommé Philyra. Mais les deux amants ont été surpris par Rhéa et Cronos a été contraint de s’enfuir à cheval. De cette union est né Chiron qui hérite d’un corps de cheval et de l’immortalité.</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_1666_5">5.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_1666_5');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Silène est un personnage important de la mythologie, associé au dieu Dionysos. Chevauchant son âne en toute occasion, il est ivre du matin au soir. On le retrouve notamment dans l’histoire du roi Midas.</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_1666_6">6.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_1666_6');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Les hamadryades sont des Nymphes des arbres. Au contraire des dryades, elles sont liées à un unique arbre et meurent avec lui s’il est abattu.</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_1666_7">7.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_1666_7');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Moins connu, Crotos est également un « faux » centaure, fils de Pan et&nbsp; de la nymphe Euphéné, protecteur des Muses et inventeur du concept de l&rsquo;applaudissement.</td></tr></tbody></table></div><script type="text/javascript">function footnote_expand_reference_container() {jQuery("#footnote_references_container").show();        jQuery("#footnote_reference_container_collapse_button").text("-");}    function footnote_collapse_reference_container() {        jQuery("#footnote_references_container").hide();        jQuery("#footnote_reference_container_collapse_button").text("+");    }function footnote_expand_collapse_reference_container() {if (jQuery("#footnote_references_container").is(":hidden")) {            footnote_expand_reference_container();} else {            footnote_collapse_reference_container();}}    function footnote_moveToAnchor(p_str_TargetID) {        footnote_expand_reference_container();        var l_obj_Target = jQuery("#" + p_str_TargetID);        if(l_obj_Target.length) {            jQuery('html, body').animate({                scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight/2            }, 1000);        }    }</script><p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/mythologie/les-centaures-leur-origine-et-leur-fin/">Les Centaures : leur origine&#8230; et leur fin</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></content:encoded>
      <wfw:commentRss>https://www.etaletaculture.fr/mythologie/les-centaures-leur-origine-et-leur-fin/feed/</wfw:commentRss>
      <slash:comments>11</slash:comments>
    </item>
    <item>
      <title>L’histoire de Fritz, l’éléphant qui voulait mourir</title>
      <link>https://www.etaletaculture.fr/nature-biologie/histoire-de-fritz-l-elephant/</link>
      <comments>https://www.etaletaculture.fr/nature-biologie/histoire-de-fritz-l-elephant/#comments</comments>
      <pubDate>Wed, 21 Aug 2019 21:25:14 +0000</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Djinnzz]]></dc:creator>
      <category><![CDATA[Nature et Biologie]]></category>
      <category><![CDATA[Récit]]></category>
      <guid isPermaLink="false">http://www.etaletaculture.fr/?p=19128</guid>
      <description><![CDATA[<p>&#46;&#46;&#46;</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/nature-biologie/histoire-de-fritz-l-elephant/">L&rsquo;histoire de Fritz, l&rsquo;éléphant qui voulait mourir</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/La-triste-histoire-de-fritz-elephant.jpg" alt="Fritz l'éléphant - image d'illustration livre d'Isy Ochoa sur le sujet" class="wp-image-19129" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/La-triste-histoire-de-fritz-elephant.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/La-triste-histoire-de-fritz-elephant-768x362.jpg 768w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/La-triste-histoire-de-fritz-elephant-520x245.jpg 520w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/La-triste-histoire-de-fritz-elephant-720x340.jpg 720w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Je suis Fritz. Quel nom ridicule ! Je le hais de toutes mes forces. Malgré ma mémoire d’éléphant, je ne peux me rappeler de mon vrai nom, celui que me donna ma mère. Moi, fier pachyderme venu d’Asie réduit en esclavage, je n’ai d’autre identité que celle dont m’a affublé mon premier bourreau. Fritz. Ne m’appelez pas ainsi. Ne m’appelez pas du tout. Et laissez-moi partir&nbsp; pour de bon.</p>



<p>Au moment où je vous parle, des chaînes sont en train de m’étrangler. Je suis au milieu d’une rue dans une ville de France. Tours, je crois. Cette fois, ça y est. Les hommes ont décidé de me tuer. Mon agonie s’annonce lente et douloureuse. J’espère qu’avant de rejoindre les miens au paradis des éléphants, j’aurais le temps de terminer mon témoignage. Oh, non pas que je veuille que vous vous souveniez de moi. Je voudrais seulement que vous délivriez mes frères de leurs chaînes. Peut-être que, prenant conscience de ma misérable vie, vous prendrez pitié d’eux et les libérerez pour toujours. Sait-on jamais.</p>



<h3>L&rsquo;histoire de Fritz l&rsquo;éléphant. Mon histoire.</h3>



<p>Quand j’étais un jeune éléphanteau de quelques mois, j’ai vu mourir les miens : mon père, ma mère et tant d’autres ont été abattus en tentant de me protéger. Las, malgré leurs efforts, j’ai été capturé et embarqué de force sur un bateau en direction de l’Europe. Un voyage de plus de dix mille kilomètres m’attendait, dans des conditions de transport effroyables. Contrairement à beaucoup de mes compagnons d’infortune, d’autres éléphanteaux, des rhinocéros, des singes, des tigres et tant d’autres animaux de la jungle, j’ai survécu.</p>



<p>Devais-je m’estimer chanceux ou était-ce, au contraire, la pire des choses qui pouvait m’arriver ?</p>



<p>Durant les premières années de ma captivité, j’ai été enfermé dans un enclos étroit à l’intérieur duquel je pataugeais dans la boue formée par mes propres excréments. J’étais jeune, j’étais naïf : je pensais que rien de pire ne pourrait jamais m’arriver. Je ne pouvais pas plus me tromper.</p>



<h3>Premiers pas au cirque</h3>



<p>En <strong>1883 </strong>&#8211; j’ai alors 13 ans &#8211; mon propriétaire décide que je suis fin prêt à être dressé. Douze ans passés dans un enclos trop petit pour que je puisse même faire demi-tour m’ont ôté tout ce qu’il pouvait me&nbsp; rester de fougue et de volonté. Habitué des maltraitances, des coups et des privations, je suis désormais résigné à suivre les ordres sans broncher.</p>



<p>J’apprends à marcher sur un rouleau, à saluer et à me dandiner en rythme. Bientôt, je suis prêt pour rejoindre la troupe d’un cirque ambulant. Transport en train pour nous produire de ville en ville. Répétitions des mêmes gestes encore et encore pour parfaire mon numéro. J’ai les genoux enflés à force de m’agenouiller. Je manque de soin au point que mes dents me font tellement mal, m’obligeant à passer parfois des nuits entières à cogner ma tête contre les barreaux de ma cage… mais qui s’en soucie ?<br></p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/elephants-savants-cirque-barnum-journal-1902.jpg" alt="Éléphants savants du cirque Barnum" class="wp-image-19130" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/elephants-savants-cirque-barnum-journal-1902.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/elephants-savants-cirque-barnum-journal-1902-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /><figcaption>Lien vers le journal de l&rsquo;époque en consultation sur <a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7626637c/f5.item.zoom ">Gallica</a> </figcaption></figure>



<p>Ce sont des foules de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui se pressent pour venir me voir sur scène. Ils applaudissent et rient aux éclats. Ne voient-ils pourtant pas qu’aucune flamme ne brille dans mes yeux ? Que seule la peur d’être frappé guide chacun de mes pas ?</p>



<h3>Tournée aux États-Unis</h3>



<p>En <strong>1888</strong>, mon propriétaire, en difficultés financières, me vend à deux personnes que j&rsquo;aurais préféré ne jamais rencontrer, les deux associés à la tête du plus grand cirque du monde : Phileas Taylor Barnum et James Anthony Bailey [<sup id="footnote_plugin_tooltip_7332_1" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_7332_1');">1</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_7332_1">Il s&rsquo;agit ici du point de vue de l&rsquo;éléphant Fritz pris sous un angle anthropomorphique. M. Barnum (1810 &#8211; 1891) est connu pour avoir fait fortune grâce à ses “freak shows” (présentation de monstres). Il parcourait les Etats-Unis pour trouver des personnes au physique sortant de l’ordinaire : femmes à barbe, nains, géants, frères siamois, bébés difformes, etc. avant de les exposer au public comme des bêtes de foire. Il est aussi connu pour avoir exposé l’éléphant Jumbo, qu’il a racheté au zoo de Londres, l’une des plus grandes vedettes de son cirque. L’éléphant géant mesurait près de 4 mètres de haut. Impressionnés par sa taille gigantesque, les Américains en firent un héros national. Walt Disney s’en inspira d’ailleurs pour son célèbre dessin animé.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_7332_1").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_7332_1",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]. Leur projet est de me produire dans une grande tournée à travers les États-Unis. Près de 20 ans après mon premier voyage qui me porta de ma terre natale, en Inde, jusqu’à l’Europe, je connais de nouveau les affres d’un voyage en bateau interminable. Cette fois, je ne suis plus cet éléphanteau apeuré qu’on vient de priver de l’amour de sa mère. Je suis un éléphant en pleine force de l’âge, mais à l&rsquo;‘esprit brisé par les hommes.</p>



<p>Je débarque en Amérique et fais mes premiers pas dans mon nouveau cirque. Ah ! C’est qu’il en jette leur fameux “Greatest show on earth” ! 12 chapiteaux, 3 pistes, 2 scènes annexes. Des milliers de personnes s’exclament devant les artistes et les animaux. Ma vie en Amérique ressemble à celle en Europe, en plus dur et en plus intense. Mes geôliers, qui se nomment “dresseurs”, ne manient plus un simple fouet pour me faire mal mais un “ankus”, un gros bâton prolongé par un crochet pointu qui me transperce les chairs.</p>



<p>Les ouvriers qui passent leur vie à monter et à démonter tout ce “barnum” n’ont pas une vie plus enviable que la mienne.&nbsp;</p>



<p>Un soir, j’ai pété les plombs. J’ai plaqué au mur un apprenti palefrenier et j’ai appuyé, encore et encore, de tout mon poids. J’ai senti ses os se briser un à un. Cet acte désespéré n&rsquo;a servi à rien. Ce soir-là, ils s’y sont mis à plusieurs pour me tabasser. Barnum n’ébruita pas l’affaire, par peur du scandale. La vie reprit son cours dans le cirque. Les apprentis palefreniers, ce n’est pas ça qui manque.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/cirque-barnum-plus-grand-show-du-monde-affiche-promotionnelle.jpg" alt="Le cirque Barnum, dans lequel évolua Fritz l'éléphant" class="wp-image-19131" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/cirque-barnum-plus-grand-show-du-monde-affiche-promotionnelle.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/cirque-barnum-plus-grand-show-du-monde-affiche-promotionnelle-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>En <strong>1898</strong>, un nouveau défi m&rsquo;attend : la traversée de l&rsquo;Atlantique. Encore ! Barnum mort, c&rsquo;est Bailey seul qui tient les rênes de l&rsquo;entreprise et il pense que l&rsquo;avenir de son cirque est en Europe. Soit. Je me retrouve ainsi parqué au milieu d&rsquo;ours polaires, d&rsquo;hippopotames et de centaines d&rsquo;autres animaux venus des quatre coins du monde. Aucun d&rsquo;entre eux n&rsquo;a un traitement plus enviable que le mien. Comme moi, quasiment aucun n&rsquo;est né en captivité (quelle mère souhaiterait mettre au monde un nourrisson dans ces conditions ?) et tous ont donc été arrachés à leur terre natale pour vivre l&rsquo;enfer sur terre.Ces trente dernières années, j&rsquo;ai vu mourir de faim, de froid et de mauvais traitements des centaines d&rsquo;animaux.&nbsp;</p>



<h3>Tours, 1902</h3>



<p>Et me voici en France, à Tours, en cette funeste année 1902. Je n&rsquo;ai plus la force de lutter contre les chaînes qui étreignent mon cou. Couché sur le flanc, les jambes bloquées par des câbles, j&rsquo;agonise lentement. La journée avait pourtant commencé comme les autres&#8230;Après la représentation, un long cortège dans les rues de la ville permet de divertir la foule. Je marche au pas, au milieu des jongleurs, des clowns et d&rsquo;autres animaux exotiques.</p>



<p>La foule est là, tout autour de moi. Elle hurle à mes oreilles. Les gens me touchent, me tirent des poils pour ramener un souvenir chez eux. Cela fait des années que j&rsquo;endure ça. Pourquoi ?</p>



<p>J&rsquo;ai un flash. Le soleil du Bengale se reflète au loin dans sur un point d&rsquo;eau.Tout le troupeau s&rsquo;en approche et ma mère m&rsquo;arrose généreusement avec sa trompe. Je ne sais pas encore me servir de la mienne et, entraîné par mon propre poids, je tombe à la renverse pour m&rsquo;abreuver avant de me relever maladroitement, un peu honteux.</p>



<p>Ma vie n&rsquo;a plus aucun sens. Je m&rsquo;arrête de marcher et barris si fort que la foule s&rsquo;arrête soudain de parler, comme si elle prenait tout à coup conscience de ma puissance. Ce barrissement n&rsquo;est plus celui du désespoir. Il est celui de la colère. J&rsquo;arrache les chaînes qui me lient à deux autres éléphants et je fonce dans la foule. Je sais que je signe à l&rsquo;instant mon arrêt de mort… Qu&rsquo;importe! Les gens diront que je suis devenu fou, qu&rsquo;il a fallu m&rsquo;abattre pour éviter un drame. J&rsquo;ai entendu déjà tant de justifications bancales quand il s&rsquo;agit de tuer un animal.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/supplement-petit-parisein-1902-mort-fritz-elephant.jpg" alt="Illustration de la mort de Fritz l'éléphant dans Le Petit Parisien" class="wp-image-19132" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/supplement-petit-parisein-1902-mort-fritz-elephant.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/supplement-petit-parisein-1902-mort-fritz-elephant-768x587.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /><figcaption>Illustration de la mort de Fritz l&rsquo;éléphant dans Le Petit Parisien &#8211; Lien vers le journal de l&rsquo;époque en consultation sur <a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k910131s/f8.image">Gallica</a></figcaption></figure>



<p>La vérité, c&rsquo;est que je ne suis pas devenu fou mais, au contraire, très lucide. Je me tourne vers un de mes geôliers. Son regard croise le mien et, pour la toute première fois, j&rsquo;y lis une peur viscérale, ce qui m&rsquo;excite davantage. Je vais mourir aujourd&rsquo;hui, mais je ne vais pas mourir seul.</p>



<p>Hélas, une chaîne, puis une autre, étreignent mes jambes arrières. Je tombe à la renverse. Un homme dont je ne reconnais pas la voix ordonne que l&rsquo;on me tue sur le champ. Je sens les chaînes que l&rsquo;on place autour de mon cou et qui m&#8217;empêchent de respirer. Qu&rsquo;il est dur de mourir, même quand on n&rsquo;a plus rien à perdre.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/carte-postale-mort-fritz-elephant.jpg" alt="Carte postale de la mort de Fritz l'éléphant" class="wp-image-19133" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/carte-postale-mort-fritz-elephant.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/carte-postale-mort-fritz-elephant-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Je ne sens plus la douleur.</p>



<p>Je ferme les yeux et m&rsquo;enfonce dans un sommeil sans fin.</p>



<h3><strong>Quelques commentaires</strong></h3>



<p>Ce texte est dédié aux milliers d’animaux sauvages qui sont encore détenus par des centaines de cirques en France et dans le monde. Parmi eux, à titre indicatif, selon un rapport de l&rsquo;association <a href="https://one-voice.fr/">One Voice</a> <a href="https://www.cirques-de-france.fr/sites/default/files/doc_a_tel/rapport_elephants_2004.pdf">en 2004</a>, il y avait encore au moins 288 éléphants dans 83 cirques dans la seule Europe [<sup id="footnote_plugin_tooltip_7332_2" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_7332_2');">2</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_7332_2">Les éléphants subissent aussi une autre forme d’exploitation, en Asie notamment, où les éléphants et d’autres animaux sauvages sont <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2017/07/06/an-asie-les-elephants-a-touristes-vivent-dans-des-conditions-inacceptables_5156397_3244.html">exploités à des fins touristiques</a>. Même si nous ne pouvons agir sur la réglementation de pays souverains, il est dans notre pouvoir de consommer différemment. Sans touriste pour alimenter ces commerces indignes, les pratiques locales changeront.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_7332_2").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_7332_2",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>].</p>



<p>En mai 2017, le cirque Barnum a mis définitivement la clef sous la porte après 146 ans d’existence. Selon ses dirigeants, la fin des représentations d’éléphants mise en place l’année précédente sous la pression du public et des associations de défense animale aurait conduit à une baisse drastique de la fréquentation.&nbsp;</p>



<p>S’il veut survivre au XXIe siècle, le cirque devra, c’est une certitude, se réadapter. Car les animaux n’y sont pas « bien traités » [<sup id="footnote_plugin_tooltip_7332_3" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_7332_3');">3</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_7332_3">Pour s’en convaincre, lire <a href="https://www.30millionsdamis.fr/actualites/article/14610-les-elephants-perdaient-peu-a-peu-la-raison-le-repentir-dune-ex-employee-du-cirque-barn/">l’interview de Nancy Richardson Fischer</a> qui a travaillé pour le cirque Barnum dans sa jeunesse et&nbsp; affirme que les éléphants y perdaient peu à peu la raison. Ou encore cet <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2016/11/04/la-situation-des-elephants-dans-les-cirques-est-gravement-preoccupante_5025358_3232.html">appel de 9 vétérinaires</a> dénonçant la souffrance physique et psychologique des éléphants de cirque.</span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_7332_3").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_7332_3",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]. Même avec tout l&rsquo;amour (supposé) de leur propriétaire, leur place n&rsquo;est ni dans une cage ni sur une scène à faire les pitres sur un rouleau. Leur place est dans leur milieu naturel, protégé des braconniers.</p>



<p>L&rsquo;histoire de Fritz s’est déroulée il y a cent ans.</p>



<p>C&rsquo;était hier.</p>



<p>En 2017, un tigre de cirque a été abattu en plein Paris à coup de fusil à pompe, parce qu&rsquo;il avait échappé à la surveillance de son dresseur. Des scandales sortent régulièrement, comme dans ce <a href="https://www.holidogtimes.com/fr/deux-elephants-et-un-lion-en-tres-grande-souffrance-dans-un-cirque-portugais/#gs.x5hndn">cirque au Portugal</a> où des éléphants et un lion étaient maltraités.</p>



<p>C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui.</p>



<p>Dans les cirques européens, les choses évoluent petit à petit : le<a href="https://www.cirquedhiver.com/les-elephants/"> cirque Bouglione fait la promotion</a> sur son site internet du bien-être de ses animaux :</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p><em>Le Cirque d’Hiver Bouglione a pris soin d’offrir à̀ ses éléphants un grand parc de repos, offrant tout le confort nécessaire à leur bien-être.</em></p></blockquote>



<p>Pas sûr que cette posture soit suffisante&#8230; Le cirque Gruss, quant à lui, annonce sur <a href="https://www.cirque-gruss.com/univers/letoile-en-heritage/">son site internet</a> l’arrêt des numéros mettant en scène certains animaux : </p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p><em>Nous avons choisi de ne pas proposer de numéro de présentation d&rsquo;éléphants et de fauves mais présenterons un numéro avec une otarie, un lion de mer et des pingouins.</em></p></blockquote>



<p>&#8230;avant de tempérer :&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p><em>Cela ne signifie en aucune manière, la disparition définitive des animaux “sauvages” au sein de [nos] spectacles.</em></p></blockquote>



<p>(Notons l’usage des guillemets sur “sauvages”)</p>



<p>Pour les défenseurs de la cause animale, il y a donc encore du pain sur la planche.<br></p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/fritz-livre-isy-ochoa.jpg" alt="Fritz l'éléphant, Isy Ochoa" class="wp-image-19134" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/fritz-livre-isy-ochoa.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/fritz-livre-isy-ochoa-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<h3><strong>Le livre d’Isy Ochoa</strong></h3>



<p>Beaucoup d’informations de cet article sont tirées du livre écrit et illustré par Isy Ochoa. À lire d&rsquo;urgence, puis à mettre bien au chaud sur votre bibliothèque pour le relire encore. Petit tirage (je crois), donc à commander de toute urgence chez votre libraire indépendant ! (ou à défaut <a href="https://www.amazon.fr/Fritz-Isy-Ochoa/dp/2812616776">sur Amazon</a>) </p>
<div class="footnote_container_prepare"><p><span onclick="footnote_expand_reference_container();">Notes</span><span style="display: none;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;[ <a id="footnote_reference_container_collapse_button" style="cursor:pointer;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container();">+</a> ]</span></p></div><div id="footnote_references_container" style=""><table class="footnote-reference-container"><tbody><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_7332_1">1.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_7332_1');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Il s&rsquo;agit ici du point de vue de l&rsquo;éléphant Fritz pris sous un angle anthropomorphique. M. Barnum (1810 &#8211; 1891) est connu pour avoir fait fortune grâce à ses “freak shows” (présentation de monstres). Il parcourait les Etats-Unis pour trouver des personnes au physique sortant de l’ordinaire : femmes à barbe, nains, géants, frères siamois, bébés difformes, etc. avant de les exposer au public comme des bêtes de foire. Il est aussi connu pour avoir exposé l’éléphant Jumbo, qu’il a racheté au zoo de Londres, l’une des plus grandes vedettes de son cirque. L’éléphant géant mesurait près de 4 mètres de haut. Impressionnés par sa taille gigantesque, les Américains en firent un héros national. Walt Disney s’en inspira d’ailleurs pour son célèbre dessin animé.</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_7332_2">2.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_7332_2');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Les éléphants subissent aussi une autre forme d’exploitation, en Asie notamment, où les éléphants et d’autres animaux sauvages sont <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2017/07/06/an-asie-les-elephants-a-touristes-vivent-dans-des-conditions-inacceptables_5156397_3244.html">exploités à des fins touristiques</a>. Même si nous ne pouvons agir sur la réglementation de pays souverains, il est dans notre pouvoir de consommer différemment. Sans touriste pour alimenter ces commerces indignes, les pratiques locales changeront.</td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_7332_3">3.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_7332_3');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text">Pour s’en convaincre, lire <a href="https://www.30millionsdamis.fr/actualites/article/14610-les-elephants-perdaient-peu-a-peu-la-raison-le-repentir-dune-ex-employee-du-cirque-barn/">l’interview de Nancy Richardson Fischer</a> qui a travaillé pour le cirque Barnum dans sa jeunesse et&nbsp; affirme que les éléphants y perdaient peu à peu la raison. Ou encore cet <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2016/11/04/la-situation-des-elephants-dans-les-cirques-est-gravement-preoccupante_5025358_3232.html">appel de 9 vétérinaires</a> dénonçant la souffrance physique et psychologique des éléphants de cirque.</td></tr></tbody></table></div><script type="text/javascript">function footnote_expand_reference_container() {jQuery("#footnote_references_container").show();        jQuery("#footnote_reference_container_collapse_button").text("-");}    function footnote_collapse_reference_container() {        jQuery("#footnote_references_container").hide();        jQuery("#footnote_reference_container_collapse_button").text("+");    }function footnote_expand_collapse_reference_container() {if (jQuery("#footnote_references_container").is(":hidden")) {            footnote_expand_reference_container();} else {            footnote_collapse_reference_container();}}    function footnote_moveToAnchor(p_str_TargetID) {        footnote_expand_reference_container();        var l_obj_Target = jQuery("#" + p_str_TargetID);        if(l_obj_Target.length) {            jQuery('html, body').animate({                scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight/2            }, 1000);        }    }</script><p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/nature-biologie/histoire-de-fritz-l-elephant/">L&rsquo;histoire de Fritz, l&rsquo;éléphant qui voulait mourir</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></content:encoded>
      <wfw:commentRss>https://www.etaletaculture.fr/nature-biologie/histoire-de-fritz-l-elephant/feed/</wfw:commentRss>
      <slash:comments>25</slash:comments>
    </item>
    <item>
      <title>Bellérophon, le guerrier chevauchant Pégase</title>
      <link>https://www.etaletaculture.fr/mythologie/bellerophon-le-guerrier-chevauchant-pegase/</link>
      <comments>https://www.etaletaculture.fr/mythologie/bellerophon-le-guerrier-chevauchant-pegase/#comments</comments>
      <pubDate>Thu, 15 Aug 2019 13:39:28 +0000</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Djinnzz]]></dc:creator>
      <category><![CDATA[Mythologie]]></category>
      <category><![CDATA[Héros antique]]></category>
      <category><![CDATA[Mythologie grecque]]></category>
      <guid isPermaLink="false">http://www.etaletaculture.fr/?p=19038</guid>
      <description><![CDATA[<p>&#46;&#46;&#46;</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/mythologie/bellerophon-le-guerrier-chevauchant-pegase/">Bellérophon, le guerrier chevauchant Pégase</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/bellerophon-et-pegase-guerrier-mythologie-grecque-cheval-aile.jpg" alt="" class="wp-image-19040" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/bellerophon-et-pegase-guerrier-mythologie-grecque-cheval-aile.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/bellerophon-et-pegase-guerrier-mythologie-grecque-cheval-aile-768x362.jpg 768w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/bellerophon-et-pegase-guerrier-mythologie-grecque-cheval-aile-520x245.jpg 520w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/bellerophon-et-pegase-guerrier-mythologie-grecque-cheval-aile-720x340.jpg 720w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<h3>Avant-propos</h3>



<p>La biche avait tous les sens en éveil et se tenait face à lui, à une centaine de mètres, l’observant fixement. Doucement, <strong>Hipponoos </strong>banda son arc et retint sa respiration juste avant de décocher le trait fatal. Une légère brume l’empêchait de distinguer nettement sa proie mais le jeune prince avait confiance en sa dextérité.</p>



<p>La flèche parcourut une trajectoire parfaite. Au loin, il vit sa proie s’effondrer sur le champ, morte. Mais quelque chose clochait. Un doute atroce assaillit Hyponoos… Il lâcha son arc et se mit à courir, tremblant, à travers les herbes hautes du champ. Au fur et à mesure de son avancée, la réalité implacable le rattrapait… Incapable de parcourir les derniers mètres qui le séparaient du corps inerte, il tomba à genoux, se prit la tête entre les mains et poussa un cri puissant qui transperça le ciel.</p>



<p>Attiré par le cri, un paysan arriva sur les lieux du drame. Son regard tomba aussitôt sur la flèche plantée dans le torse de l’homme allongé au sol. À côté de lui, un autre homme, en état de choc, regardait dans le vide et semblait incapable de prononcer la moindre parole intelligible. </p>



<h3><strong>Il n’y a pas d’exil heureux</strong></h3>



<p>L’homme qui gît raide mort au milieu du champ se nomme Belléros, un notable de la ville de Corinthe. Hyponoos y gagne donc le surnom de <strong><em>“Bellérophon”</em></strong> peu glorieux, signifiant littéralement <em>“le tueur de Belléros”</em>. C’est sur ce malencontreux homicide que démarre l’aventure d’un des plus grands héros de la mythologie.</p>



<p>Devenu paria dans sa propre cité, il doit s’exiler et trouve refuge dans une cité rivale, à Tirynthe, située à une centaine de kilomètres au sud de Corinthe. Le cœur lourd de culpabilité, il se présente au roi de la ville, un certain <strong>Proetos</strong>, qui l’accueille de la meilleure des façons et l’installe dans son palais. Au fil des jours, Bellérophon reprend peu à peu goût à la vie.</p>



<p>La reine <strong>Sthénébée </strong>semble apprécier tout particulièrement la présence du jeune homme. Pas un jour ne passe sans qu&rsquo;elle trouve un prétexte pour lui rendre visite dans ses appartements, s&rsquo;arrangeant pour se retrouver en tête à tête. D&rsquo;abord touché par ces attentions sans cesse renouvelées, Bellérophon, n’ayant pas encore le cœur au badinage, finit par repousser les avances de la reine.</p>



<h3><strong>Il n&rsquo;est rien de plus dangereux qu&rsquo;un coeur brisé</strong></h3>



<p>Furieuse, cette dernière jure de se venger. Si elle ne peut obtenir les faveurs du jeune homme, alors elle obtiendra sa perte… Telle Phèdre éconduite accusant Hippolyte de viol, Sthénébée se rend auprès de son mari pour jeter l&rsquo;opprobre sur Bellérophon : il aurait, dit-elle, abusé de sa confiance en tentant de la séduire. Proétos n&rsquo;a aucune raison de douter de la parole de son épouse et décide la mort du Corinthien. Mais <strong>les lois de l&rsquo;hospitalité</strong> lui interdisent de porter la main sur son hôte, et encore moins de le tuer. Quiconque contreviendrait à cette loi sacrée, quelle qu&rsquo;en soit la raison, devrait se confronter aux redoutables <strong>Érinyes</strong>, les déesses de la vengeance. </p>



<p>Alors, Proétos met au point un stratagème redoutable. Il charge Bellérophon d&rsquo;une prétendue mission diplomatique : il doit remettre une tablette scellée à son ami <strong>Iobatès</strong>, roi de Lycie (et accessoirement père de Sthénébée). Bien sûr, le naïf Bellérophon ignore tout du drame qui est en train de se nouer à ses dépens… Car sur la tablette figurent les accusations de Sthénébée à son encontre et sa propre condamnation à mort que Iobatès devra exécuter !</p>



<h3><strong>Une fête salvatrice&#8230;</strong></h3>



<p>Après un long et éprouvant voyage à travers la mer Egée (la Lycie est située au sud de la péninsule turque), Bellérophon arrive enfin aux portes du palais de Iobatès. Ce dernier est réputé pour son sens de la fête… L&rsquo;arrivée de l&rsquo;étranger, qui plus est envoyé par le mari de sa propre fille, est l&rsquo;occasion d&rsquo;organiser de somptueuses festivités. Remettant la lecture de la tablette à plus tard, il offre à son hôte 7 jours et 7 nuits de réjouissances en tout genre&#8230;<br></p>



<p>Mais bientôt, c&rsquo;est le retour à la réalité : Iobatès se décide enfin à décacheter le sceau de la tablette apportée par son hôte. Au fil de sa lecture, son visage se décompose, d&rsquo;abord de surprise, puis de colère. Il est sur le point d&rsquo;ordonner à sa garde de s&#8217;emparer du messager quand il se rappelle, à son tour, des Érinyes… Après une semaine de festivités, Bellérophon est considéré comme son hôte et il lui est interdit de lui faire le moindre mal. </p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/chimere-arezzo-mythologie-grecque.jpg" alt="" class="wp-image-19041" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/chimere-arezzo-mythologie-grecque.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/chimere-arezzo-mythologie-grecque-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /><figcaption>  <em>Chimère d’Arezzo, V<sup>e</sup> siècle av. J.-C, découverte en 1553 à Arezzo, en Toscane (Italie), bronze</em>  </figcaption></figure>



<p>Croyant l’envoyer à la mort, il demande donc à ce pauvre Bellérophon, qui n&rsquo;a toujours aucune idée de ce qui se trame dans son dos, d’aller combattre la <strong>Chimère</strong>, un monstre qui ravage la région.</p>



<h3><strong>Une mission pour entrer dans la légende</strong></h3>



<p>Il est difficile de faire monstre plus étrange et terrible que la Chimère. De loin, on pourrait la confondre avec un simple lion, mais elle possède un serpent en guise de queue, une tête de chèvre dans le dos, vomit des torrents de feu et dévore tous ceux qu&rsquo;elle rencontre [<sup id="footnote_plugin_tooltip_9560_1" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_9560_1');">1</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_9560_1"><em>La Chimère s&rsquo;est unie à Orthos, le chien bicéphale de Géryon contre lequel Hercule se bat dans l&rsquo;un de ses Douze Travaux, pour donner naissance à deux autres monstres célèbres de la mythologie : le Sphinx et le lion de Némée.  La Chimère est elle-même née de l&rsquo;union entre le Titan Typhon et d&rsquo;Echidna, une femme monstrueuse au corps de serpent.</em></span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_9560_1").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_9560_1",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]. </p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/bellerophon-pegase-et-athena-pompei-bouclier-tete-meduse.jpg" alt="" class="wp-image-19042" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/bellerophon-pegase-et-athena-pompei-bouclier-tete-meduse.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/bellerophon-pegase-et-athena-pompei-bouclier-tete-meduse-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /><figcaption>  <em>Athena, Pégase et Bellérophon</em>, enduit peint, 48&#215;55 cm, vers 50 de notre ère, Thermopolium de Pompéi  </figcaption></figure>



<p>Bellérophon a d&rsquo;abord l&rsquo;idée d’apprivoiser <strong>Pégase</strong>, un cheval ailé qui vit dans la région. Mais, craintif, l’animal refuse obstinément de se laisser approcher… Désemparé, il va consulter le devin Polyidos qui lui conseille de sacrifier un taureau à Poséidon et de passer une nuit dans le temple d&rsquo;Athéna. Il suit ces conseils à la lettre et, la nuit venue, alors qu&rsquo;il est allongé au pied de la statue de la déesse, il fait un songe prémonitoire. Athéna en personne se rend auprès de lui pour lui offrir une bride d&rsquo;or qui lui servira, dit-elle, à apprivoiser Pégase [<sup id="footnote_plugin_tooltip_9560_2" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_9560_2');">2</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_9560_2"><em>Pégase est né du sang de Méduse tuée par Persée. Méduse est la seule des trois Gorgones à ne pas être immortelle et elle est capable de transformer en pierre quiconque croise son regard. Pégase porte donc en lui cette dualité : un symbole de pureté né de la pourriture.</em></span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_9560_2").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_9560_2",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]. Au réveil, tandis qu&rsquo;il cherche à comprendre comment interpréter ce songe, il découvre la bride d&rsquo;or à ses côtés&#8230; </p>



<p>À ce stade de sa vie, Bellérophon n&rsquo;est pas vraiment l&rsquo;archétype du héros antique. Meurtrier involontaire, il est manipulé par une femme nocive et cruelle qui le conduit, sans même qu&rsquo;il s&rsquo;en rende compte, vers une mort certaine. Mais face à l&rsquo;adversité et grâce au concours des dieux, le caractère valeureux du héros va enfin se révéler.</p>



<h3><strong>Pégase, le cheval ailé</strong></h3>



<p>Bellérophon se rend à une source où Pégase a coutume de se désaltérer. Enfin, l&rsquo;animal arrive depuis les airs. Une robe blanche immaculée, des ailes majestueuses, une crinière abondante, une grâce propre aux êtres vivants qui se savent uniques au monde… Le jeune homme n&rsquo;a jamais rien vu de pareil. </p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/bas-relief-pegase-et-bellerophon-julius-troschel-1840.jpg" alt="" class="wp-image-19043" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/bas-relief-pegase-et-bellerophon-julius-troschel-1840.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/bas-relief-pegase-et-bellerophon-julius-troschel-1840-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Tout doucement, il s&rsquo;approche de l&rsquo;animal. Craintif, Pégase trépigne en signe d&rsquo;hostilité envers l&rsquo;intrus, mais, intrigué par la bride d&rsquo;or d&rsquo;Athéna que Bellérophon tend devant lui, il reste sur place. À force de gestes lents et amicaux, le jeune homme parvient à glisser sa main sur son encolure et à caresser l&rsquo;animal. C&rsquo;est un coup de foudre amical. Dès lors, Bellérophon et Pégase ne se quitteront plus&#8230;</p>



<h3><strong>La Chimère n&rsquo;a qu&rsquo;à bien se tenir</strong></h3>



<p>Bellérophon ne tarde pas à lui enfiler la bride d&rsquo;Athéna puis à grimper sur son dos. Pégase s&rsquo;envole aussitôt dans les airs et, semblant mû par une volonté commune, se dirige aussitôt vers l&rsquo;antre de la Chimère, une caverne percée dans la montagne de laquelle s&rsquo;échappent des fumerolles toxiques.</p>



<p>Les récits antiques ne relatent pas avec précision la confrontation entre Bellérophon et le monstre. Grâce à Pégase, le héros bénéficie d&rsquo;un avantage certain qui rend le combat plutôt facile : aussi effrayante soit-elle, la Chimère ne sait pas voler. Confronté à un ennemi qui l&rsquo;assaille de toute part, elle se défend en crachant des gerbes de feu. Bientôt, le ciel ressemble à un immense brasier dans lequel Pégase n&rsquo;a pourtant aucun mal à évoluer. </p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/bellerophon-tuant-la-chimere-plomb-bouche-1.jpg" alt="" class="wp-image-19060" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/bellerophon-tuant-la-chimere-plomb-bouche-1.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/bellerophon-tuant-la-chimere-plomb-bouche-1-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Bellérophon avait attaché au bout de sa lance une masse de plomb… Dans le tumulte général, il parvient à proximité du monstre et pousse sa lance dans la gueule en feu. Le plomb fond en quelques secondes et étouffe la Chimère qui périt dans un cri effrayant, à mi-chemin entre rugissement et bêlement.</p>



<h3><strong>Un génocide, puis un deuxième&#8230;</strong></h3>



<p>Fier de son exploit et de sa nouvelle monture, le jeune guerrier se présente au palais de Iobatès. Il s&rsquo;attend à être accueilli en héros, il ne trouve que mépris et colère de la part de son hôte. Il est chargé aussitôt d&rsquo;une nouvelle mission qui semble, à première vue, tout aussi impossible à remplir que la première : exterminer le <strong>peuple des Solymes</strong>, une tribu guerrière vivant dans les <em>Monts Taurus</em> et qui, par sa simple existence, menace son royaume. </p>



<p>Faisant surgir en lui une rage qu&rsquo;il ne soupçonnait pas, Bellérophon s&rsquo;acquitte à nouveau de sa mission.  Un peuple entier périt sous les flèches et le fer de sa lance. Et, le corps encore couvert du sang de ses ennemis de circonstance, il se rend de nouveau auprès de Iobatès. Une fois encore, ce dernier est en colère et, une fois encore, il lui confie une mission : cette fois-ci, c&rsquo;est le <strong>peuple des Amazones</strong> qu&rsquo;il va devoir affronter. </p>



<p>Il n&rsquo;est rien de pire que d&rsquo;accomplir des faits d&rsquo;armes sans en connaître les raisons. Pourquoi se battre, pourquoi tuer des hommes et des femmes si ce n&rsquo;est pour obéir aveuglément aux ordres d&rsquo;un roi ?</p>



<p>Les questions existentielles n&rsquo;affaiblissent cependant pas le bras du valeureux héros. Toujours perché sur le dos de son fidèle Pégase, il sème l&rsquo;effroi dans le rang des guerrières amazones. <strong>Il est seul contre cent, seul contre mille.</strong> Mais il sort tout de même victorieux de la guerre qu&rsquo;il a lui-même provoquée. Survolant une dernière fois le village des Amazones en proie aux flammes, la vue des corps mutilés et sans vie qui s&rsquo;entassent au sol endurcit son cœur. Qu&rsquo;il est loin le jeune homme chétif et innocent qui s’apitoyait sur la dépouille de Belléros ! Pégase est devenu son ami le plus cher&#8230; Bellérophon donnerait sa vie sans hésiter pour sauver la sienne mais, paradoxalement, c&rsquo;est aussi lui qui fait peu à peu surgir les ténèbres de son âme.</p>



<h3><strong>Un retour triomphal… mais destructeur !</strong></h3>



<p>Après ce nouveau succès, Bellérophon se dirige vers le palais de Iobatès. Cette fois, il compte bien lui demander des explications : pourquoi le charge-t-il, encore et encore, de réussir l&rsquo;impossible ? Pourquoi ses succès successifs, loin de satisfaire son hôte, semblent au contraire le plonger dans une colère de plus en plus profonde ?</p>



<p>Hélas, le héros corinthien n&rsquo;en aura pas l&rsquo;occasion. Pour reposer Pégase qu&rsquo;il a mis à rude contribution ces derniers jours, il se dirige à pied vers le palais. Mais, à une dizaine kilomètres de sa destination, la garde royale arrive à sa rencontre, bien décidée, semble-t-il, à en finir avec lui. Le héros grec se réfugie sur une colline qui domine la vallée et découvre un spectacle qui le laisse sans voix : de toute part, des corps armés aux couleurs de Iobatès convergent vers lui.</p>



<p>Béllérophon se tourne alors vers les dieux. <strong>Poséidon </strong>prend son parti et déverse des trombes d&rsquo;eau sur la plaine. La scène est terrifiante : des milliers d&rsquo;hommes sont balayés par des vagues gigantesques qui s&rsquo;abattent sur eux, tandis que Bellérophon, tel un Moïse avant l&rsquo;heure, fend les eaux et traverse la vallée à pieds secs. </p>



<h3><strong>Révélations finales</strong></h3>



<p>Iobatès assiste, horrifié, à la débâcle de son armée. Il comprend enfin que son jeune ennemi est un protégé des dieux. Alors, se mettant à genoux devant lui, il lui explique tout : le terrible contenu de la tablette scellée que Bellérophon a lui-même ramenée, les accusations de viol contre sa fille Sthénébée et la volonté de son mari Proétos de lui donner la mort. Mais, conclut-il, il est devenu évident au fil de ses exploits qu&rsquo;il était protégé des dieux et que les accusations portées contre lui étaient, par conséquent, infondées.</p>



<p>En signe de bonne volonté, Iobatès propose la main de sa fille Philonoé à Bellérophon. Ce dernier accepte mais nourrit en secret de plus grandes ambitions… En l&rsquo;espace de quelques semaines, et grâce au concours de son fidèle Pégase, il a pu révéler toute sa puissance aux yeux du monde entier. Partout son nom est prononcé avec un mélange de crainte et d&rsquo;admiration, lui le vainqueur de la Chimère et des effrayantes Amazones. Peut-il seulement retourner à une vie normale ?</p>



<h3><strong>La vengeance est un plat qui se mange froid</strong></h3>



<p>Les mois puis les années passent, durant lesquelles Bellérophon fonde une famille nombreuse. Mais il n’oublie pas. Un jour, il décide de partir vers Tyrinthe pour accomplir sa vengeance. Il y trouve <strong>Sthénébée</strong>, plus belle et plus arrogante que jamais. Lorsqu&rsquo;il se présente à elle sous un faux nom, elle ne le reconnaît pas. Comment le pourrait-elle ? Il était si jeune lorsqu&rsquo;elle a ourdi son complot contre lui, contrairement à l&rsquo;homme mûr et puissamment musclé qui se tient désormais devant elle.</p>



<p>Elle succombe à ses charmes… Peu de temps après, Bellérophon lui propose de faire un tour à cheval. Ils montent tous les deux sur le dos de Pégase qui ne tarde pas à s&rsquo;envoler dans les cieux. Là, le cœur de Sthénébée se serre : elle se rappelle de ce que l&rsquo;on raconte sur Bellérophon et de son cheval volant. Se peut-il que ce soit lui ?</p>



<p>Prise de panique, elle serre fort la taille de l&rsquo;homme assis devant elle. Il se retourne alors et dévisage Sthénébée d&rsquo;un regard terrifiant. En un instant, la reine de Tyrinthe comprend, mais un peu tard, ce qui est en train de se tramer… D&rsquo;un geste puissant, il la pousse en arrière pour la déséquilibrer, tandis qu&rsquo;elle se cramponne désespérément à lui. Ne pouvant résister à une telle force, elle lâche finalement prise et pousse un cri déchirant tandis qu&rsquo;elle tombe dans le vide.</p>



<p>Sa vengeance accomplie, Bellérophon rentre sans se retourner auprès des siens.</p>



<h3><strong>Un dieu qui sommeille en lui ?</strong></h3>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/statue-belerophon-memorial-airborne-angleterre-parachutiste-1.jpg" alt="" class="wp-image-19059" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/statue-belerophon-memorial-airborne-angleterre-parachutiste-1.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/08/statue-belerophon-memorial-airborne-angleterre-parachutiste-1-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Sa notoriété et sa puissance, semble-t-il, lui ont monté à la tête. Il ne se considère plus comme un être humain ordinaire mais se voit plutôt comme un égal des dieux [<sup id="footnote_plugin_tooltip_9560_3" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_9560_3');">3</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_9560_3"><em>La vanité semble être le point commun des héros mythologiques qui parviennent à voler. Ainsi Phaéton qui veut à tout prix conduire le char volant de son père (celui qui tire le soleil d&rsquo;est en ouest dans le ciel) ou Icare n&rsquo;écoutant pas les conseils de son père et s&rsquo;envole toujours plus près du Soleil, finissant par y perdre la vie.</em></span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_9560_3").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_9560_3",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]. Que sa vie lui semble fade sur la terre et comme elle doit être passionnante sur l&rsquo;Olympe !</p>



<p>Un matin, Bellérophon n&rsquo;y tient plus… Il enfourche Pégase et se dirige vers la demeure des dieux. Du haut de son trône, Zeus voit d&rsquo;un mauvais œil l&rsquo;incursion d&rsquo;un humain sur son territoire. Oh, il aurait bien des moyens pour repousser l&rsquo;impudent et le renvoyer à sa condition de simple mortel ! Il pourrait le foudroyer sur place ou provoquer une tempête dantesque qui le précipiterait sur la terre. Mais ce serait lui faire beaucoup trop d&rsquo;honneur. Non, Zeus préfère envoyer… un taon. Ce dernier pique la croupe de Pégase qui, sous le coup de la douleur, lance une violente ruade qui fait perdre l&rsquo;équilibre à Bellérophon.</p>



<p>Lui, le vainqueur des Amazones, le voilà défait par un vulgaire insecte ! Le guerrier en perdition ne meurt pas de sa chute. Boiteux et à moitié aveugle, il mènera dorénavant une vie misérable et solitaire, évitant lui-même tout contact avec les humains. Il apprendra la mort de sa fille, tuée par Artémis jalouse de l’amour que lui portait Zeus, ainsi que celle de son fils tué par Arès qui en était jaloux.</p>



<p>Bellérophon aura désormais tout le loisir de songer au triste destin de son grand-père, <a href="https://www.etaletaculture.fr/mythologie/sisyphe/">Sisyphe</a>, qui, se croyant plus malin que les dieux, fut condamné à une laborieuse éternité. Les malédictions, semble-t-il, sont souvent affaire de famille. </p>



<h3><strong>Épilogue</strong></h3>



<p>Délesté de son encombrant cavalier, Pégase poursuivit seul sa route vers l&rsquo;Olympe. Zeus l&rsquo;y accueillit avec plaisir, faisant de lui son serviteur pour diverses tâches subalternes [<sup id="footnote_plugin_tooltip_9560_4" class="footnote_plugin_tooltip_text" onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_reference_9560_4');">4</sup><span class="footnote_tooltip" id="footnote_plugin_tooltip_text_9560_4"><em>La tradition artistique associe Persée au cheval Pégase, notamment durant l&rsquo;épisode où le héros vient délivrer Andromède enchaînée à un rocher. Il s&rsquo;agit là d&rsquo;une simple licence artistique : aucun texte antique n&rsquo;en fait mention. Persée a, certes, le pouvoir de s&rsquo;élever dans les airs, mais uniquement grâce à des souliers ailés que lui offre Athéna.</em></span><script type="text/javascript">jQuery("#footnote_plugin_tooltip_9560_4").tooltip({tip: "#footnote_plugin_tooltip_text_9560_4",tipClass: "footnote_tooltip",effect: "fade",fadeOutSpeed: 100,predelay: 400,position: "top right",relative: true,offset: [0, 0]});</script>]. Zeus, en signe de reconnaissance pour sa fidélité, le transforma en constellation. Le cheval ailé n&rsquo;eut jamais le moindre regard vers la terre et ne chercha jamais à obtenir des nouvelles de son ancien cavalier.&nbsp;</p>
<div class="footnote_container_prepare"><p><span onclick="footnote_expand_reference_container();">Notes</span><span style="display: none;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;[ <a id="footnote_reference_container_collapse_button" style="cursor:pointer;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container();">+</a> ]</span></p></div><div id="footnote_references_container" style=""><table class="footnote-reference-container"><tbody><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_9560_1">1.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_9560_1');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text"><em>La Chimère s&rsquo;est unie à Orthos, le chien bicéphale de Géryon contre lequel Hercule se bat dans l&rsquo;un de ses Douze Travaux, pour donner naissance à deux autres monstres célèbres de la mythologie : le Sphinx et le lion de Némée.  La Chimère est elle-même née de l&rsquo;union entre le Titan Typhon et d&rsquo;Echidna, une femme monstrueuse au corps de serpent.</em></td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_9560_2">2.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_9560_2');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text"><em>Pégase est né du sang de Méduse tuée par Persée. Méduse est la seule des trois Gorgones à ne pas être immortelle et elle est capable de transformer en pierre quiconque croise son regard. Pégase porte donc en lui cette dualité : un symbole de pureté né de la pourriture.</em></td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_9560_3">3.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_9560_3');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text"><em>La vanité semble être le point commun des héros mythologiques qui parviennent à voler. Ainsi Phaéton qui veut à tout prix conduire le char volant de son père (celui qui tire le soleil d&rsquo;est en ouest dans le ciel) ou Icare n&rsquo;écoutant pas les conseils de son père et s&rsquo;envole toujours plus près du Soleil, finissant par y perdre la vie.</em></td></tr><tr><td class="footnote_plugin_index"><span id="footnote_plugin_reference_9560_4">4.</span></td><td class="footnote_plugin_link"><span onclick="footnote_moveToAnchor('footnote_plugin_tooltip_9560_4');">&#8593;</span></td><td class="footnote_plugin_text"><em>La tradition artistique associe Persée au cheval Pégase, notamment durant l&rsquo;épisode où le héros vient délivrer Andromède enchaînée à un rocher. Il s&rsquo;agit là d&rsquo;une simple licence artistique : aucun texte antique n&rsquo;en fait mention. Persée a, certes, le pouvoir de s&rsquo;élever dans les airs, mais uniquement grâce à des souliers ailés que lui offre Athéna.</em></td></tr></tbody></table></div><script type="text/javascript">function footnote_expand_reference_container() {jQuery("#footnote_references_container").show();        jQuery("#footnote_reference_container_collapse_button").text("-");}    function footnote_collapse_reference_container() {        jQuery("#footnote_references_container").hide();        jQuery("#footnote_reference_container_collapse_button").text("+");    }function footnote_expand_collapse_reference_container() {if (jQuery("#footnote_references_container").is(":hidden")) {            footnote_expand_reference_container();} else {            footnote_collapse_reference_container();}}    function footnote_moveToAnchor(p_str_TargetID) {        footnote_expand_reference_container();        var l_obj_Target = jQuery("#" + p_str_TargetID);        if(l_obj_Target.length) {            jQuery('html, body').animate({                scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight/2            }, 1000);        }    }</script><p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/mythologie/bellerophon-le-guerrier-chevauchant-pegase/">Bellérophon, le guerrier chevauchant Pégase</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></content:encoded>
      <wfw:commentRss>https://www.etaletaculture.fr/mythologie/bellerophon-le-guerrier-chevauchant-pegase/feed/</wfw:commentRss>
      <slash:comments>19</slash:comments>
    </item>
    <item>
      <title>Des Gaulois à aujourd’hui, les enceintes de Paris à travers l’histoire</title>
      <link>https://www.etaletaculture.fr/histoire/des-gaulois-a-aujourdhui-les-enceintes-de-paris-a-travers-lhistoire/</link>
      <comments>https://www.etaletaculture.fr/histoire/des-gaulois-a-aujourdhui-les-enceintes-de-paris-a-travers-lhistoire/#comments</comments>
      <pubDate>Wed, 03 Jul 2019 16:48:28 +0000</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Spritz92]]></dc:creator>
      <category><![CDATA[Histoire]]></category>
      <guid isPermaLink="false">http://www.etaletaculture.fr/?p=18870</guid>
      <description><![CDATA[<p>&#46;&#46;&#46;</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/des-gaulois-a-aujourdhui-les-enceintes-de-paris-a-travers-lhistoire/">Des Gaulois à aujourd&rsquo;hui, les enceintes de Paris à travers l&rsquo;histoire</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[
<p>Aujourd’hui, nous vous proposons de nous intéresser à ce sujet particulier en répondant aux questions suivantes : <em>A quelles périodes, par qui et pourquoi Paris s’est-elle vue entourer d’une enceinte ?&nbsp;</em></p>



<h3>1. <strong>Période gauloise : sans doute une simple citadelle</strong></h3>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-1-oppidum-gaulois.jpg" alt="" class="wp-image-18873" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-1-oppidum-gaulois.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-1-oppidum-gaulois-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>&#8211; Ave César, une question. Toi, tu dois savoir : de ton temps, Paris a-t-elle été entourée d’une enceinte ?<br>&#8211; <em>“Id est oppidum Parisiorum quod positum est in insula fluminis Sequanae”.</em><br>&#8211; Pardon ? <br>&#8211; Si tu avais lu mon best-seller, <em>La Guerre des Gaules</em>, tu saurais. En 52 avant ton ère, quand mes cohortes sont arrivées à Lutèce, elles ont constaté l’existence d’un <em>oppidum</em>, autrement dit d’un habitat fortifié sur l’île centrale de la Seine. Mais celui-ci n’était entouré que d’une simple palissade en bois qu’il est difficile de considérer comme une véritable enceinte. <br>&#8211; Donc il n’y a pas eu de muraille à escalader ?<br>&#8211; Non ! Cherchant plutôt à nous couper la route et nous priver de ravitaillement, les habitants, les <em>Parisii</em>, ont abandonné leur ville après l’avoir incendiée et détruit les ponts en bois qui la reliaient aux rives.<br>&#8211; Et finalement ?<br>&#8211; Finalement vaincus, ces Gaulois se sont montrés coopératifs et nous avons ensemble reconstruit Lutèce. Nous, Romains, installâmes notre administration dans une citadelle à l’ouest de cette île et bâtîmes  “Lutèce la Haute” sur la colline de la rive gauche. <br>&#8211; Pas de rempart pour protéger cette ville nouvelle ?<br>&#8211; Pourquoi faire ? Les habitants étaient bien à l’abri au sein de notre République ! Les frontières étaient loin et nous avons pu connaître une longue période de tranquillité sous la <em>Pax Romana</em>.<br>&#8211; Oui, je comprends. Avant de me sauver, un petit retour en arrière : as-tu une idée de la situation antérieure à ton arrivée ?<br>&#8211; Tout ce que qu’ont pu établir les historiens, c’est que les berges de la Seine avaient été fréquentées depuis plusieurs millénaires et que la peuplade gauloise des <em>Parisii </em>avait commencé à s’installer ici il y a tout au plus 300 ans. Tu peux t’imaginer que la situation était alors encore trop mouvante pour que l’on puisse songer à mettre en place une quelconque enceinte.<br>&#8211; <em>Vale, Caesar ! Tibi gratias maximas ago !</em><br>&#8211; <em>Salutatio</em>, voyageur du futur. Et tâche de rappeler à tout le monde combien Julius Caesar était grand !</p>



<h3>2. <strong>Les grandes invasions : première enceinte gallo-romaine</strong><br></h3>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/enceinte-gallo-romaine.jpg" alt="" class="wp-image-18874" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/enceinte-gallo-romaine.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/enceinte-gallo-romaine-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>La<em> Pax Romana</em> mentionnée par César dura un peu plus de deux siècles, avant d’être mise à mal par les grandes invasions entre le IIIème et Vème siècle. En l’absence de remparts pour défendre les rives de la Seine, certains habitants durent alors <a href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/monuments-de-paris-vous-avez-dit-ile-aux-vaches/">se réfugier sur l’île</a> en détruisant une fois encore les ponts derrière eux.</p>



<p>Les vagues successives d’envahisseurs les amenèrent à se protéger en construisant sur cette île un mur de pierre de 2 mètres d’épaisseur et de même hauteur, en forme de U à l’est et dont les branches rejoignaient la citadelle romaine à l’ouest, la Seine servant alors de fossé. </p>



<p>Ce fut là sans doute la première ébauche d’une enceinte digne de ce nom. Mais elle ne couvrait qu’une dizaine d’hectares sur les 50 occupés par Lutèce qui comptait à l’époque quelque 8 000 habitants.</p>



<p>Elle disparut dès le VIème siècle, en partie sous l’impact de la construction de la Cathédrale Saint-Etienne, l’aïeule de Notre-Dame.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/plaque-rue-de-la-colombe-enceinte-gallo-romaine.jpg" alt="" class="wp-image-18875" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/plaque-rue-de-la-colombe-enceinte-gallo-romaine.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/plaque-rue-de-la-colombe-enceinte-gallo-romaine-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<h3>3. <strong>Une période de calme</strong></h3>



<p>&#8211; À Tolbiac, le Dieu de Clotilde m’a donné la victoire, mais il m’a accordé ensuite de faire de Paris la capitale de mon royaume.</p>



<p>Ainsi aurait pu s’exprimer Clovis au tout début du VIème siècle.</p>



<p>&#8211; Mais alors, Sire, on aurait pu penser que le souvenir de ces terribles moments vous aurait conduits, vous et vos successeurs à  vous prémunir contre de nouvelles invasions qui pouvaient surgir par terre comme par le fleuve ?<br>&#8211; L’unité de mon royaume qui s’est alors étendu des rives de l’Escaut aux Pyrénées laissait peu de craintes en ce sens. Mais il faut aussi vous rappeler que mes successeurs, Mérovingiens comme Carolingiens, ne résidaient pas en permanence à Paris. Ils se déplaçaient de résidences royales en résidences royales, ce qui ne les incitait pas particulièrement à construire des lignes de défense autour de cette ville. Par ailleurs, les fréquentes crues de la Seine qui obligeaient les habitants à se déplacer rendaient difficile le choix d’un tracé de telles murailles. Mais, vous verrez, cela changera !</p>



<h3>4. <strong>L’enceinte carolingienne : la première à franchir la Seine</strong></h3>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-2-carolingienne.jpg" alt="" class="wp-image-18876" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-2-carolingienne.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-2-carolingienne-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Et c’est bien ce qui arriva. Au cours des invasions normandes du IXème siècle, Paris fut assiégé, incendié et pillé. Charles le Chauve restaura bien quelques petites fortifications préexistantes et en fit construire d’autres, telles le Grand et le Petit Châtelet, alors en bois, pour garder les ponts, mais pas encore de véritable enceinte.</p>



<p>La toute première « enceinte urbaine » appelée « Le Mur du Roi » ne fut construite qu’entre le Xème et XIème siècles. Elle se limita à la rive droite en protégeant des zones en pleine urbanisation. Elle consistait en un fossé en forme de V de quelque 12 m de large et 3,5 m de profondeur. Celui-ci était surplombé d’un talus de 2 m de haut avec un sommet plan de 3 m de large et surmonté d’une palissade en bois.<br></p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/enceinte-medievale-fouilles-rue-Rivoli.jpg" alt="" class="wp-image-18877" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/enceinte-medievale-fouilles-rue-Rivoli.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/enceinte-medievale-fouilles-rue-Rivoli-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Son tracé suivait une ligne pratiquement parallèle à la rue de Rivoli actuelle, mais un peu plus au nord. Elle s’étendait entre l’église Saint Germain l’Auxerrois derrière le Louvre et Saint Gervais derrière l’Hôtel de Ville. Sa longueur couvrait la longueur de l’île de la Cité qu’elle semblait vouloir enserrer en se refermant vers la Seine à chaque extrémité. La modestie de cette enceinte fera qu’elle tombera même dans l’oubli dès la fin du XIVème siècle. Ses traces n’ont été mises en évidence que récemment.</p>



<p>Pour sa part, à cette époque, la rive gauche n’avait pour toute défense que les murs des abbayes !<br></p>



<h3>5. <strong>L’Enceinte de Philippe Auguste : ça devient du sérieux !</strong><br></h3>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-Philippe-auguste.jpg" alt="" class="wp-image-18878" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-Philippe-auguste.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-Philippe-auguste-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Au début de ce XIIème siècle, le roi Louis VI qui résidait de plus en plus fréquemment à Paris, fit ériger des murs aveugles et reconstruire le Petit et le Grand Châtelet en dur.  Mais c’est sous Philippe Auguste, entre 1190 et 1215, qu’une muraille viendra ceindre véritablement Paris, d’abord au nord, puis au sud.</p>



<p>À la veille de la bataille de Bouvines dans cette morne plaine de Flandres, ce 26 juillet 1214, alors que au même moment les travaux de construction des remparts de Paris arrivent à leur fin, tentons de profiter de la présence du roi pour l’interroger.</p>



<p>&#8211; Sire, auriez-vous un peu de temps à m’accorder ?<br>&#8211; Rapidement alors, car vous voyez bien que je suis fort affairé à préparer la bataille qui fera rage demain. J’affronte les Anglais, les Flamands et les Allemands coalisés contre moi, tout de même !<br>&#8211; Sire, permettez-moi tout de même de vous demander pourquoi avoir fait construire une enceinte autour de Paris, cette enceinte en cours d’achèvement au moment où nous parlons ?<br>&#8211; Eh bien ! mes objectifs étaient au nombre de trois : <strong>accentuer le prestige</strong> et le rôle de capitale de Paris où j’ai installé mon administration et où je séjourne moi-même de plus en plus souvent ; <strong>redéfinir les limites de la ville</strong> dont la population s&rsquo;accroît toujours plus vite et, enfin et non le moindre, <strong>améliorer sa défense</strong> contre un envahisseur toujours possible, en particulier, vous m’avez compris, l’Angleterre des Plantagenêt, ducs de Normandie. La bataille de demain me conforte dans la décision que j’avais prise il ya déjà quelques années.<br>&#8211; C’était un ambitieux projet&#8230;<br>&#8211; Un projet à la hauteur d’un roi tel que moi ! J’ai commencé par faire construire la forteresse du Louvre en face de la Tour de Nesle à l’ouest, afin de protéger la ville des invasions maritimes via la Seine. À l’autre bout, à l’est, entre la tour Barbeau et le palais de la Tournelle, c’est un système de chaînes tendues entre les fortifications et posées sur des bateaux plats qui interdisent le passage des embarcations la nuit.<br>&#8211; Comment la population a-t-elle réagi de se voir ainsi, si j’ose dire, enfermée entre quatre murs ?<br>&#8211; L’édification d’une enceinte apporte la sécurité à des quartiers entiers en plein développement économique et favorise la construction sur des terrains encore en friche tout en conservant des terres labourables. Paris a vu grâce à moi sa surface passer à 250 ha et sa population atteindre 50 000 habitants ! Pourquoi diantre mes sujets se plaindraient-ils d’être protégés ?<br>&#8211; Je vois&#8230;<br>&#8211; Sans me vanter, l’enceinte elle-même est impressionnante. La muraille, d’un périmètre de 5,3 km, est bordée de fossés larges et profonds. Elle a une épaisseur de 4 à 6 mètres à la base et mesure jusqu’à 8 mètres de haut avec un chemin de ronde crénelé de 2 m de large. Elle ne compte pas moins de 77 tours semi-cylindriques de 15 m de haut : 39 dans la partie nord (du Louvre à la Tour Barbeau à l’est) et 38 dans la partie sud (de la Tour de Nesle, face au Louvre, au palais de la Tournelle à l’est). Onze portes principales &#8211; et bientôt quinze ! &#8211; permettent d’accéder à la ville. Le financement n’a pas été une mince affaire, mais le résultat est à la hauteur de mes attentes.<br>&#8211; Merci, Sire, pour le temps que vous m’avez accordé. Puis-je me permettre un dernier mot ?<br>&#8211; Allez-y.<br>&#8211; <a href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/la-bataille-de-bouvines/">La bataille de Bouvines</a> sera une victoire éclatante !<br>&#8211; Que Dieu vous entende, mon ami. Et que l’an de grâce 1214 soit celui qui verra mes ennemis mettre genoux à terre.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/rare-vestige-enceinte-Philippe-auguste-55-rue-francs-bourgeois.jpg" alt="" class="wp-image-18879" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/rare-vestige-enceinte-Philippe-auguste-55-rue-francs-bourgeois.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/rare-vestige-enceinte-Philippe-auguste-55-rue-francs-bourgeois-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>La muraille de Philippe Auguste restera en place durant plus de 450 ans, mais sera finalement arasée dans les années 1680 sous Louis XIV et deviendra alors pratiquement “invisible”. Il en reste cependant quelques vestiges, sans parler du Louvre, dans les six premiers arrondissements dont certains classés aux Monuments Historiques. La plus longue portion (60 mètres) se trouve dans le 4ème arrondissement à l’angle des rues Charlemagne et des Jardins Saint-Paul, derrière l’église Saint-Paul. Plusieurs parties de murs ont été englobées dans des constructions ultérieures et certaines tours aménagées comme cages d’escalier, ce qui les rend difficilement repérables, a fortiori  bien sûr, quand elles se trouvent dans des propriétés privées.</p>



<h3>6. <strong>L’enceinte de Charles V</strong></h3>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-4-charlesV.jpg" alt="" class="wp-image-18880" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-4-charlesV.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-4-charlesV-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>La cinquième “enceinte” vit le jour entre 1356 et 1383 à l’initiative des échevins de Paris, alors que <a href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/charles-v-le-sage-un-roi-comme-on-en-fait-plus/">Charles V</a> n’était encore que Dauphin.</p>



<p>Ceux-ci poursuivaient, là encore, un triple objectif : repousser les limites de Paris dont la population continuait de croître fortement ; protéger le commerce et l’artisanat qui s’étaient particulièrement développés sur les faubourgs de la rive droite et de façon plus urgente, assurer la défense de la capitale du Royaume de France en pleine période de guerre de cent ans.</p>



<p>En un premier temps, poussé par la défaite de Poitiers de 1356, Etienne Marcel, alors prévôt des marchands, lança les travaux en faisant creuser un large fossé à quelques centaines de mètres de l’ancien rempart. </p>



<p>Ses travaux furent poursuivis par Charles V. Le rempart engloba complètement l’enceinte nord de Philippe Auguste en la débordant largement et en y incluant le Louvre à l’ouest et l’Arsenal à l’est.</p>



<p>Pour mettre la ville à l’abri des bombardes dont la portée avait augmenté, la largeur de l’enceinte atteignit 90 mètres. Contrairement à l’enceinte de Philippe Auguste, ce fut majoritairement un ouvrage de terre plus que de maçonnerie.</p>



<p>C’était, et pour cause, un vrai « parcours du combattant » pour l’attaquant potentiel qui avait à franchir les obstacles successifs suivants :&nbsp;</p>



<p>&#8211; un fossé sec de 15 m de large, <br>&#8211; un monticule de terre d’environ 20 m de large où l’on était à découvert<br>&#8211; un fossé en eau de 30 m de large et 8 m de profondeur<br>&#8211; un rempart de terre de 25 m de large surplombé par une muraille de 4 m de haut et 2 m de large,<br>&#8211; le tout  surveillé par un chemin de ronde.<br></p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/enceinte-Charles-V-sur-plan-Paris.jpg" alt="" class="wp-image-18881" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/enceinte-Charles-V-sur-plan-Paris.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/enceinte-Charles-V-sur-plan-Paris-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /><figcaption>  <a href="https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/68/Plan_de_Paris_vers_1550.jpg">Lien vers le plan en HD</a>  </figcaption></figure>



<p>Sept portes d’accès à la ville étaient défendues par des ouvrages fortifiés dont le plus important était la Bastille construite entre 1370 et 1383. L’enceinte ne sera achevée que vers 1420 sous Charles VI. Ouvrage essentiellement en terre, elle ne laissera pratiquement pas de vestiges.</p>



<p>Et la muraille de la rive gauche ? Cette seconde partie de l’enceinte de Philippe Auguste ne fera l’objet que de quelques réparations et d’un aménagement d’un fossé de 12 m de large, la priorité étant donnée à ce moment-là à l’agrandissement de la rive droite de Paris. La surface totale de la capitale atteint alors 440 ha et sa population près de 200 000 habitants.</p>



<h3>7. <strong>L’enceinte de Louis XIII ou l’enceinte des fossés jaunes</strong></h3>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-5-Louis-xiii.jpg" alt="" class="wp-image-18882" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-5-Louis-xiii.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-5-Louis-xiii-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Contrairement à ce que cette appellation laisse à penser, cette nouvelle enceinte  ne fut pas initiée par le roi Louis XIII, mais seulement complétée sous son règne par le cardinal de Richelieu. Les guerres de religion, les progrès de l’artillerie furent notamment à l’origine de la construction de cette nouvelle muraille à partir de 1566 sous Charles IX et Catherine de Médicis. L’appellation “des fossés jaunes” vint simplement de la couleur de la terre retournée lors des terrassements.</p>



<p>Destinée à protéger Paris à l’ouest et au nord-ouest, elle fut constituée d’une ligne de six bastions placés à 1 km avant l’enceinte de Charles V. Elle incorpora en particulier les Tuileries. Son tracé peut être facilement reconstitué de la place de la Concorde actuelle, à l’ouest, au boulevard Poissonnière, à l’est, où elle rejoignait l’enceinte de Charles V.</p>



<p>Devenue inutile, la partie ouest de cette dernière, du Louvre à la Porte Saint-Denis, fut abattue en 1633, tandis que sa partie est, de la porte Saint-Denis à l’Arsenal, était renforcée. L’espace compris entre les deux enceintes ainsi libéré facilita l’urbanisation et en particulier la création du Palais Cardinal, futur Palais Royal.&nbsp;&nbsp;<br></p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/plan-vassalieu-1609-enceinte-louis-XIII.jpg" alt="" class="wp-image-18883" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/plan-vassalieu-1609-enceinte-louis-XIII.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/plan-vassalieu-1609-enceinte-louis-XIII-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /><figcaption>  <em>Contrairement à nos habitudes, ce plan est regardé depuis le nord vers le sud et nous semble ainsi inversé. Il n&rsquo;est ici que partiel et illustre essentiellement la rencontre entre les deux enceintes de Charles V et Louis XIII.</em>  </figcaption></figure>



<p>Dans le même temps (1630-1635), Richelieu fit renforcer les bastions et fortifier 6 portes de la nouvelle enceinte qui fut donc terminée sous Louis XIII. Le nouveau Paris atteignit alors une surface de 1350 ha pour un périmètre d’une quinzaine de kilomètres et une population de quelque 450 000 habitants. </p>



<h3>8. <strong>Disparition des enceintes de défense</strong></h3>



<p>Pour Louis XIV, une nouvelle <em>Pax Romana</em> règne sur le pays. Les fortifications établies aux frontières du royaume sont bien suffisantes pour le défendre. Il est donc temps de supprimer les enceintes parisiennes devenues inutiles, voire gênantes pour la population et … la gloire du roi.</p>



<p>C’est ainsi que disparut en 1670 l’ensemble des deux enceintes de Charles V et Louis XIII.</p>



<p>Talus et fossés furent alors progressivement remplacés par une promenade plantée d’arbres, en arc de cercle, allant de nos jours de la Concorde à la Bastille en passant par République : les futurs grands boulevards. Toutefois, le roi fit élever à certains emplacements de ces murailles de petits arcs de triomphe indépendants bien sûr à sa gloire. Ceux des Portes Saint-Denis et Saint-Martin existent encore aujourd’hui.</p>



<p>Plus difficile à démolir, car en pierre, l’enceinte de Philippe Auguste ne sera supprimée qu’en 1680. Paris restera alors sans enceinte pendant plus de 100 ans jusqu’à la construction du Mur des Fermiers Généraux en 1785. </p>



<h3>9. <strong>Le Mur des Fermiers généraux : quand il y a de l’argent à prendre</strong><br></h3>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-6-mur-des-fermiers-generaux.jpg" alt="" class="wp-image-18884" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-6-mur-des-fermiers-generaux.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-6-mur-des-fermiers-generaux-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Sous Louis XVI donc, Paris va se voir entourée d’une nouvelle enceinte sensiblement plus grande que les précédentes puisqu’elle couvrira une surface de 3370 ha, soit deux fois et demi celle de l’enceinte de Louis XIII, pour 24 km de périmètre, englobant une population de 600 000 habitants.</p>



<p>Mais cette fois, l’objectif est tout à fait différent. Il ne s’agit plus de défendre la capitale mais de l’entourer d’une enceinte « financière » destinée au paiement de l’octroi, c’est à dire d’un impôt perçu sur les marchandises entrant dans la ville. Cette entreprise est lancée en 1784 à la demande de la Ferme Générale par Calonne, le Contrôleur général des finances de Louis XVI. Cette institution créée sous Louis XIV constitue le corps des financiers, les fermiers généraux, qui gèrent les revenus du roi, en particulier les impôts indirects et les droits de douane qu’ils sont chargés de recouvrer.</p>



<p>Paris se voit alors emmurée, afin que personne introduisant des marchandises dans la ville ne puisse échapper à cette nouvelle taxe. Le mur de 24 km avec 57 « barrières » (passages) gardées est édifié entre 1785 et 1789. Une cinquantaine de bâtiments que l’on affubla du nom de « propylées », telle une porte monumentale conduisant à un sanctuaire chez les grecs, complètent le dispositif. </p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/rotonde-parc-monceau-fermiers-généraux.jpg" alt="" class="wp-image-18885" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/rotonde-parc-monceau-fermiers-généraux.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/rotonde-parc-monceau-fermiers-généraux-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Cette construction très mal perçue par la population entraîne alors de vives réactions qui viendront s’ajouter aux griefs de la Révolution : <em>« Le mur murant Paris rend Paris murmurant »</em> fait alors florès. Le tracé du mur correspond à la seconde ceinture de nos boulevards actuels suivis tantôt en souterrain tantôt en aérien par les deux lignes de métro : la 2 au nord et la 6 au sud entre Nation et Etoile.</p>



<p>La presque totalité de cette enceinte sera détruite en 1860 après la construction de l’enceinte de Thiers, soit après seulement 70 ans d’existence.</p>



<p>Il en reste quelques vestiges au niveau des “propylées” : la rotonde de la Villette et du parc Monceau et les deux barrières du Trône (Nation) et d’Enfer (Denfert –Rochereau). </p>



<h3>10. <strong>L’Enceinte de Thiers : l’ultime et non des moindres </strong></h3>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-7-Thiers.jpg" alt="" class="wp-image-18886" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-7-Thiers.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-7-Thiers-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>C’est sous Louis-Philippe entre 1841 et 45, Thiers étant ministre, que fut construite la dernière enceinte de Paris. Avec ses 34 km de pourtour et ses 7 800 hectares, elle englobait déjà les 24 communes riveraines qui seront finalement intégrées à Paris en totalité ou partiellement en 1860, ce qui portera la population totale à 1,6 million d’habitants.</p>



<p>Avec ses 94 bastions, complétés par la construction de forts sur les hauteurs, cette fortification avait pour objet de protéger Paris d’ennemis potentiels, pour ne pas connaître le même désastre qu’en 1814. Deux objectifs militaires principaux : couvrir l’enceinte contre un assaut d’infanterie et maintenir à distance les batteries ennemies pour éviter que la capitale ne soit touchée par les bombardements.<br></p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/enceinte-fortifiee-Thiers.jpg" alt="" class="wp-image-18887" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/enceinte-fortifiee-Thiers.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/enceinte-fortifiee-Thiers-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Le mur des Fermiers Généraux coexistera avec cette nouvelle fortification jusqu’en 1860 lors de l’annexion des communes limitrophes. Il sera alors détruit. Mais l’octroi fut étendu à toute la ville et les services de perception s’installèrent aux portes de la nouvelle enceinte. C’est cette enceinte de Thiers qui donnera à Paris sa configuration actuelle avec la construction progressive, à partir de 1861, des “Boulevards des Maréchaux” (Boulevards Extérieurs) sur la route militaire qui longeait la muraille à l’intérieur. Mais la muraille elle-même ne sera supprimée que dans les années 1920. La Poterne des Peupliers au sud en est l’un des rares vestiges.</p>



<h3><strong>Bilan des enceintes “historiques”</strong></h3>



<p>Ainsi, de l’oppidum gaulois à l’enceinte de Thiers, on peut dénombrer jusqu’à 8 enceintes, avec de la bonne volonté : oppidum, île de la Cité, Mur du Roi, Philippe Auguste, Charles V, Louis XIII, Fermiers Généraux et Thiers.&nbsp;</p>



<p>Les enceintes modernes sont d’un autre ordre. Elles sont à la fois réelles et virtuelles…<br></p>



<h3><strong>Les enceintes&nbsp; “réalo-virtuelles”</strong></h3>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-8-limites-actuelles.jpg" alt="" class="wp-image-18888" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-8-limites-actuelles.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/Enceintes-Paris-8-limites-actuelles-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Si Paris n’a plus de murs ni de fossés, la ville est maintenant cernée par deux ceintures devenues des axes de communication issus de l’enceinte de Thiers.</p>



<p>Les boulevards des Maréchaux donc, larges de 40 mètres, relient les différentes Portes de Paris et reçoivent les automobiles et les piétons. </p>



<p>Le glacis (espace vide sur lequel les soldats s’avançaient à découvert) de 150 mètres en moyenne qui précédait la muraille a permis ultérieurement de construire le Boulevard Périphérique, autoroute urbaine, qui double les Boulevards des Maréchaux sur leur extérieur et a été terminé en 1973.&nbsp;</p>



<h3><strong>Quelle sera la prochaine « enceinte » ?</strong></h3>



<p>Le 1er janvier 2016 a été officiellement créée la MGP : « Métropole du Grand Paris ». Son objectif : transformer l’agglomération parisienne en un vaste ensemble capable de rivaliser avec les grandes métropoles du monde. </p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/grand-paris-express-la-croix.jpg" alt="" class="wp-image-18889" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/grand-paris-express-la-croix.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/07/grand-paris-express-la-croix-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Douze territoires, d’au moins 300 000 habitants chacun, doivent à terme remplacer les agglomérations existantes, soit 130 communes de la petite et de la grande couronne autour de Paris. C’est un minimum de 7 millions d’habitants qui sont concernés par ce changement sur une surface de 815 km2, soit près de 10 fois Paris intra muros. Ce changement s’accompagnera de la création d’un grand réseau de transport en commun par métro : le Grand Paris Express de 200 kms et 68 nouvelles gares d’ici en principe 2030. Celui-ci permettra notamment de relier entre eux les grands pôles d’activité de la région parisienne et servira de support de développement local.</p>



<p>La future ligne 15, pour l’essentiel une rocade de 75 kms, agrandie par la nouvelle ligne 16 à l’est, pourrait constituer, au moins pour un temps, la nouvelle enceinte virtuelle de la Métropole.</p>



<p>Jules César se doutait-il qu’un jour il se ferait encercler par le métro ? <em>“Id est metropolitanum Parisiorum quod positum est circa civitatem”</em>, pourrait-on lui rétorquer en latin de cuisine !</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/des-gaulois-a-aujourdhui-les-enceintes-de-paris-a-travers-lhistoire/">Des Gaulois à aujourd&rsquo;hui, les enceintes de Paris à travers l&rsquo;histoire</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></content:encoded>
      <wfw:commentRss>https://www.etaletaculture.fr/histoire/des-gaulois-a-aujourdhui-les-enceintes-de-paris-a-travers-lhistoire/feed/</wfw:commentRss>
      <slash:comments>8</slash:comments>
    </item>
    <item>
      <title>L’histoire d’amour impossible entre Jean Gabin et Marlene Dietrich</title>
      <link>https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/lhistoire-damour-impossible-entre-jean-gabin-et-marlene-dietrich/</link>
      <comments>https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/lhistoire-damour-impossible-entre-jean-gabin-et-marlene-dietrich/#comments</comments>
      <pubDate>Sun, 30 Jun 2019 08:00:38 +0000</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Les Cultivores]]></dc:creator>
      <category><![CDATA[Culture Générale]]></category>
      <guid isPermaLink="false">http://www.etaletaculture.fr/?p=18839</guid>
      <description><![CDATA[<p>&#46;&#46;&#46;</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/lhistoire-damour-impossible-entre-jean-gabin-et-marlene-dietrich/">L&rsquo;histoire d&rsquo;amour impossible entre Jean Gabin et Marlene Dietrich</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/jean-gabin-marlene-dietrich-histoire-amour-impossible.jpg" alt="" class="wp-image-18841" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/jean-gabin-marlene-dietrich-histoire-amour-impossible.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/jean-gabin-marlene-dietrich-histoire-amour-impossible-768x362.jpg 768w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/jean-gabin-marlene-dietrich-histoire-amour-impossible-520x245.jpg 520w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/jean-gabin-marlene-dietrich-histoire-amour-impossible-720x340.jpg 720w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Marlene Dietrich et Jean Gabin,&nbsp;<em>l&rsquo;Ange Bleue</em>&nbsp;et&nbsp;<em>Gueule d&rsquo;Amour</em>. Deux figures du cinéma qui n&rsquo;avaient rien en commun, mais que la Seconde guerre mondiale a uni. Ils se sont aimés &#8230; Surtout elle !</p>



<h3>Une Allemande qui fuit le nazisme</h3>



<p>Enfant,&nbsp;<strong>Marlene Dietrich voulait être espionne ou artiste</strong>. Elle a presque été les deux !</p>



<p>Née en 1902, dans une famille aisée de Berlin, elle suit très tôt des cours de français, d&rsquo;anglais, de chant et de violon. Une blessure au poignet l&#8217;empêche de devenir concertiste, alors dès 1921, elle se met au théâtre, puis au cinéma.</p>



<p>En attendant des rôles majeurs, Marlene Dietrich se marie avec un régisseur, Rudolf Sieber, avec qui elle a son unique enfant, Maria Riva.</p>



<p>Le succès s&rsquo;annonce en 1930, avec&nbsp;<strong><em>L&rsquo;Ange Bleue</em></strong>&nbsp;de Josef von Sternberg.<br>Le film triomphe outre-Atlantique. Marlene Dietrich, trop heureuse de quitter une Allemagne qui tombe dans le nazisme,&nbsp;<strong>s&rsquo;installe à Hollywood</strong>.</p>



<p>Elle y enchaîne aussitôt les grosses productions. Comme&nbsp;<em>Morocco</em>&nbsp;avec Gary Cooper, qui lui vaut,&nbsp;<strong>à peine arrivée, une première nomination aux Oscars</strong>. Une nouvelle Femme Fatale est dans la place, Greta Garbo n&rsquo;a qu&rsquo;à bien se tenir !</p>



<h3>Un Français qui refuse la collaboration</h3>



<p>Pendant ce temps, en France, Jean Gabin trace aussi sa route.</p>



<p>Enfant de la balle, son père le force à faire du music-hall : il joue avec Mistinguett, imite Maurice Chevalier&#8230; Puis vient le cinéma où il brille rapidement en incarnant des héros tragiques. <strong><em>Pépé le Moko</em>&nbsp;</strong>(1937, &nbsp;Julien Duvivier),&nbsp;<strong><em>Gueule d&rsquo;Amour</em>&nbsp;</strong>(1937, Jean Grémillon),&nbsp;<strong><em>Le Quai des brumes</em>&nbsp;</strong>(1938, Marcel Carné) et sa célèbre réplique « <em>T&rsquo;as d&rsquo;beaux yeux, tu sais »&#8230;</em></p>



<p>Gabin est une star, son couple avec Michèle Morgan fait rêver les midinettes&#8230; Et puis le drame :&nbsp;<strong>les Nazis occupent Paris</strong>.</p>



<p>Certains artistes s&rsquo;y font. Pour Jean Gabin, il est hors de question de tourner pour la Continentale, qui produit des films français avec des capitaux allemands. Il refuse même lorsqu&rsquo;ils lui proposent de libérer son neveu prisonnier outre-Rhin.</p>



<p>La mort dans l&rsquo;âme, Gabin traverse l&rsquo;Atlantique en février 1941,&nbsp;<strong>direction Hollywood</strong>, où il a déjà une petite réputation de&nbsp;<em>« french Spencer Tracy »</em>.</p>



<h3>La rencontre</h3>



<p>Aux États-Unis, Gabin doit tourner pour vivre. Problèmes majeurs : il n&rsquo;est pas très motivé et il ne parle pas anglais. De plus, il n&rsquo;a pu quitter la France qu&rsquo;avec un&nbsp;<strong>passeport vichyste&nbsp;</strong>: le FBI le suspecte donc d&rsquo;être un espion !<br>Alors, Jean Gabin prend ouvertement les Américains pour&nbsp;<em>« des cons »</em>&nbsp;!</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p><em>« Évidemment, j&rsquo;ai fait deux films en Amérique &#8230;</em><br><em>Mais bon, j&rsquo;ai été obligé de les faire pour bouffer. C&rsquo;est le cas de le dire !&nbsp;</em><br><em>Ce n&rsquo;était pas de mon propre plaisir, je le dis tout de suite &#8230; Franchement &#8230;&nbsp;</em><br><em>Mais c&rsquo;est parce que j&rsquo;avais d&rsquo;autres raisons de foutre le camp. Comme je voulais pas venir travailler à Paris à cette époque-la, j&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion de partir, je suis parti. »</em></p><cite> Interview de Jean Gabin, 1970</cite></blockquote>



<p>C&rsquo;est alors que Marlene Dietrich le croise,&nbsp;<strong>dans un club de New York</strong>.<br>Ils se sont déjà rencontrés en France, mais rien de marquant. Cette fois-ci, c&rsquo;est le coup de foudre. La croqueuse d&rsquo;hommes est aussitôt séduite par le charisme de l&rsquo;acteur. Elle lui propose de&nbsp;<strong>lui apprendre l&rsquo;anglais</strong>&nbsp;et Gabin, ravi d&rsquo;être aidé, accepte volontiers.</p>



<h3>Un couple mythique à Hollywood</h3>



<p>On imagine comment se sont passés les cours d&rsquo;anglais ! Mais la liaison perdure car Gabin n&rsquo;est pas comme les autres. Taiseux, nonchalant, timide&#8230; Il fait naître chez Marlene Dietrich une<strong>&nbsp;passion dévorante.</strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>« Je me cramponne à lui mais aussi à ma dernière chance d’être une vraie femme. J’ai promis à Jean de le rendre heureux pour toujours. Je devrais en être capable, avec tous mes talents… »</p><cite> Lettre de Marlene Dietrich à son mari et confident</cite></blockquote>



<p>Le couple s&rsquo;installe ensemble à&nbsp;<strong>Sunset boulevard</strong>, dans la maison à côté de celle de Greta Garbo &#8230; qui escalade ses poubelles pour espionner ce qu&rsquo;il se passe chez sa rivale !<br>Il s&rsquo;y passe une&nbsp;<strong>nouvelle « Petite France »</strong>, que Marlene recrée pour son compagnon nostalgique. Elle cuisine ses plats traditionnels préférés, invite d&rsquo;autres exilés : Charles Boyer, Jean-Pierre Aumont , Julien Duvivier, Jean Renoir&#8230; Finies les aventures sans lendemain, la séductrice est amoureuse.<br>Gabin aussi, mais&#8230; </p>



<h3>Gabin s&rsquo;en va-t-en guerre &#8230;</h3>



<p>Jean Gabin vit mal ce bonheur tranquille alors que la France est occupée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p><em>« J’étais malade à l’idée de finir ma vie aux Etats-Unis si les Allemands sortaient vainqueurs du conflit.<br>Je ne pouvais pas rester les mains dans les poches en attendant tranquillement que d’autres se fassent descendre pour que je puisse retrouver un jour mon patelin … »</em></p></blockquote>



<p>De plus, la suspicion des États-Unis à son encontre (attisée par son rival jaloux, Charles Boyer) lui est insupportable. Il décide donc de&nbsp;<strong>s&rsquo;engager dans les&nbsp;Forces navales françaises libres&nbsp;du&nbsp;général de Gaulle. </strong>Mais&nbsp;<strong>sous son nom civil</strong>, Jean Moncorgé, pour éviter tout privilège.</p>



<p>Il demande à être chef de char, alors qu&rsquo;il a déja 40 ans, qu&rsquo;il est claustrophobe et qu&rsquo;il a peur du feu. Lorsque l&rsquo;acteur part pour l&rsquo;Afrique, en janvier 1944, il fait un testament en faveur de Dietrich, tant il pense que sa fin est proche. Et ce n&rsquo;est pas du pipeau de planqué !</p>



<p>Gabin traverse l&rsquo;Atlantique,<strong>&nbsp;sur un escorteur,</strong>&nbsp;pris entre les tirs de la Luftwaffe et des sous-marins allemands. Refusant d&rsquo;être protégé par ses supérieurs, il participe à&nbsp;<strong>plusieurs opérations célèbres</strong>&nbsp;: la libération de la poche de Royan, la campagne d&rsquo;Allemagne &#8230;</p>



<h3>&#8230; Mais Marlene aussi !</h3>



<p>De son côté,&nbsp;<strong>Marlene Dietrich s&rsquo;est engagée dans l&rsquo;<em>United Service Organizations</em></strong>, le service artistique de l&rsquo;armée américaine. Comme Jean Gabin, elle passe des mois sur le front&#8230; Et rares sont les actrices hollywoodiennes qui en sont capables ! Pendant trois ans, Dietrich délaisse sa carrière et parcourt les champs de bataille.<br>Très loin du glamour, elle partage le quotidien rudimentaire des troupes et réalise un tour de chant pour leur remonter le moral. C&rsquo;est là que Dietrich reprend&nbsp;<strong><em>« Lili Marleen »</em></strong>, une chanson adoubée par le régime nazi, dont elle fait un hymne de la résistance.</p>



<p>Ainsi, Gabin et Dietrich sont&nbsp;<strong>deux héros de guerre</strong>&nbsp;qui ont largement mérité les décorations reçues. La Médaille militaire et la Croix de guerre en 45, pour lui. La Légion d&rsquo;Honneur en 1951, pour elle. </p>



<p>(Fidèle à lui-même, Gabin refuse de défiler sur les Champs-Élysées et voit passer son ancien char depuis le balcon de son hôtel !)</p>



<h3>Séparés par la guerre &#8230;</h3>



<p>Pendant le conflit qui les sépare souvent, le couple tient bon. Ils s&rsquo;écrivent des lettres enflammées. En novembre 1944, Marlene Dietrich et Jean Gabin se retrouvent quelques semaines à Paris, où ils rêvent de s&rsquo;installer après la guerre&#8230;</p>



<p>&#8230;Qui finit enfin à l&rsquo;été 45. Elle repart aux États-Unis, lui l&rsquo;attend à Paris. Leur correspondance continue.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>Le Claridge est très bien si tu récupères mes affaires au Ritz, parce qu’il me faut des vêtements chauds pour aller voir ma mère tout de suite. J’espère que tu comprendras cela – après, je serai toute à toi. Je resterai avec toi jusqu’à la fin de ma vie – mariée ou pas, comme tu le voudras. Mais si tu veux un enfant, il vaut mieux qu’on se marie (&#8230;)&nbsp;Je t’embrasse comme toujours mon ange – je t’aime.&nbsp;</p><p>Ta grande</p><cite> Marlene Dietrich, Lettre du 13 août 1945 </cite></blockquote>



<p>La vie à deux reprend en septembre 45. Tout devrait aller au mieux, puisqu&rsquo;ils veulent même jouer ensemble.</p>



<h3>&#8230; Et la paix !</h3>



<p>En réalité,&nbsp;<strong>le couple bat de l&rsquo;aile</strong>.</p>



<p>Marlene est infidèle et Gabin irritable. La guerre lui a volé ses biens, mais surtout sa carrière qu&rsquo;il doit redémarrer à zéro. Il doit avancer parmi une nouvelle concurrence (Jean Marais, Gérard Philipe &#8230;) alors que lui ne peut plus jouer les jeunes premiers. À 42 ans, il a les cheveux blancs et les traits endurcis. Il est grave alors que l&rsquo;époque est avide de légèreté.</p>



<p>Le couple envisage de<strong>&nbsp;travailler ensemble.</strong> Marcel Carné leur propose&nbsp;<em>Les Portes de la nuit.</em> Mais le rôle prévu pour Dietrich ne lui plaît pas : elle ne veut pas jouer la fille d&rsquo;un collabo. Tous deux déclinent l&rsquo;offre.</p>



<p>Ils tournent finalement&nbsp;<em>Martin Roumagnac&nbsp;</em>(1946, Georges Lacombe). À sa sortie, il fait 2 millions d&rsquo;entrées. C&rsquo;est un succès insuffisant pour le couple vedette qui n&rsquo;en est plus un.</p>



<p>Marlene Dietrich veut reconquérir les sommets à Hollywood. Jean Gabin veut fonder une famille à Paris. « S<em>oit tu restes et on se marie, soit tu pars et on ne se reverra plus ! »</em></p>



<h3>Quand l&rsquo;histoire devient légende</h3>



<p>&#8230; Ils ne se reverront plus.<br>Jamais.</p>



<p>Marlene Dietrich redevient une star mondiale et vit d&rsquo;autres amours éphémères. Jean Gabin épouse, en 1949, une mannequin avec qui il a trois enfants.</p>



<p>Pourtant, les ex-amants ne s&rsquo;oublient pas. En 1966, lors d’un dîner avec l&rsquo;acteur allemand Curd Jürgens, Gabin évoque Dietrich en pleurant. Elle, c&rsquo;est tout le reste de sa vie qu&rsquo;elle le pleure.</p>



<h3>La dernière lettre</h3>



<p>Pour preuve, un épisode déchirant<a href="https://www.francedimanche.fr/actualites/jean-jacques-debout-son-incroyable-rencontre-avec-jean-gabin" target="_blank" rel="noreferrer noopener">&nbsp;raconté par le compositeur Jean-Jacques Debout</a>&nbsp;(le mari de Chantal Goya).</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p><em>En me voyant chanter à la télé, [Marlene Dietrich] a demandé à sa secrétaire : “Mais qui est ce garçon ? C’est fou ce qu’il ressemble à Gabin jeune ! Appelez-moi tout de suite Bruno Coquatrix, je le veux pour ma première partie à l’Olympia. »  (&#8230;)<br>Un soir où je me retrouve seul avec elle dans sa loge, elle me confie :<br>“Je suis très triste, vous savez, Jean-Jacques, j’aurais tellement aimé que Jean [Gabin, ndlr] vienne me voir. Pour qu’il voie ce que je suis devenue et pour l’embrasser une dernière fois avant de quitter ce monde. Je ne voudrais pas partir fâchée. Je sais qu’il ne veut plus entendre parler de moi, mais je ne peux oublier tout ce qu’on a vécu ensemble…”</em></p></blockquote>



<p>Jean-Jacques Debout a justement une amie qui tourne avec Jean Gabin.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p><em>Elle me dit alors : “Ça vous ennuierait de faire quelque chose pour moi ? Pourriez-vous faire mine d’aller déjeuner là-bas avec votre amie et donner discrètement cette lettre à Jean ?”</em></p></blockquote>



<p>Jean-Jacques Debout s&rsquo;exécute timidement. Lorsque Jean Gabin reconnaît l&rsquo;écriture sur l&rsquo;enveloppe, il fulmine et brûle aussitôt la lettre (sans la lire) dans un cendrier.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p><em>« Mais ce n’est pas possible, c’est encore la Schleue qui me poursuit ! J’en ai marre ! » (&#8230;)<br>Il ne dira pas un mot de plus et quittera la table. Et moi, malgré les flammes, je ressens un froid glacial. Je suis très mal à l’aise et me demande ce que je vais bien pouvoir raconter à Marlene, que je dois retrouver le soir même pour tout lui raconter. J’ai évidemment menti sur toute la ligne, lui expliquant qu’il l’avait soigneusement glissée dans la poche de son manteau et avait dû la lire tranquillement, une fois seul dans sa loge.</em></p></blockquote>



<h3>Gabin pour toujours</h3>



<p>En 1978, soit deux ans après le décès de Jean Gabin, Marlene Dietrich revient vivre à Paris. Jusqu&rsquo;à sa mort en 1992, elle vivra recluse dans son appartement de l&rsquo;avenue Montaigne&#8230; Juste en face de la chambre du Plaza où ils ont vécu heureux pendant la guerre.</p>



<p><em>Source : Gabin-Dietrich : un couple dans la guerre, </em> <em>Patrick Glâbre</em>, <em>éditions Robert Laffont</em></p>



<p>Pour compléter cet article, découvrez la chanson qu&rsquo;adorait les nazis et qu&rsquo;a repris Dietrich pour en faire un hymne résistant : <a href="https://lescultivores.com/lili-marleen/">Lily Marleen</a>.</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/lhistoire-damour-impossible-entre-jean-gabin-et-marlene-dietrich/">L&rsquo;histoire d&rsquo;amour impossible entre Jean Gabin et Marlene Dietrich</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></content:encoded>
      <wfw:commentRss>https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/lhistoire-damour-impossible-entre-jean-gabin-et-marlene-dietrich/feed/</wfw:commentRss>
      <slash:comments>9</slash:comments>
    </item>
    <item>
      <title>Comment expliquer la mode des poulaines, ces chaussures longues et pointues ?</title>
      <link>https://www.etaletaculture.fr/histoire/comment-expliquer-la-mode-des-poulaines-ces-chaussures-longues-et-pointues/</link>
      <comments>https://www.etaletaculture.fr/histoire/comment-expliquer-la-mode-des-poulaines-ces-chaussures-longues-et-pointues/#comments</comments>
      <pubDate>Fri, 14 Jun 2019 19:22:38 +0000</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Djinnzz]]></dc:creator>
      <category><![CDATA[Histoire]]></category>
      <guid isPermaLink="false">http://www.etaletaculture.fr/?p=18807</guid>
      <description><![CDATA[<p>&#46;&#46;&#46;</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/comment-expliquer-la-mode-des-poulaines-ces-chaussures-longues-et-pointues/">Comment expliquer la mode des poulaines, ces chaussures longues et pointues ?</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/poulaines-chaussures-a-pointes-d-ou-vient-cette-mode-medievale.jpg" alt="" class="wp-image-18808" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/poulaines-chaussures-a-pointes-d-ou-vient-cette-mode-medievale.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/poulaines-chaussures-a-pointes-d-ou-vient-cette-mode-medievale-768x362.jpg 768w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/poulaines-chaussures-a-pointes-d-ou-vient-cette-mode-medievale-520x245.jpg 520w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/poulaines-chaussures-a-pointes-d-ou-vient-cette-mode-medievale-720x340.jpg 720w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<h3><strong>Un usage militaire détourné par la mode</strong></h3>



<p>Depuis l’an 1200 environ se développe une étrange mode dans toute l’Europe&#8230; Hommes et femmes du grand monde enfilent des chaussures au bout long et effilé. Au fil des décennies, ce style vestimentaire s’affirme de plus en plus et les pointes se font de plus en plus longues : elles remontent parfois à plus de 50 centimètres au-dessus des orteils !</p>



<p>En anglais, elles se nomment “<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Crakow">crakow</a>” (“Cracovie”, en anglais). Leur nom français est quant à lui le féminin de “poulain”, synonyme de “Polonais” à l’époque… Bref, tout porte à croire que leur foyer d’origine se situe à Cracovie, en Pologne.</p>



<p>Il s’agit peut-être de l’évolution “naturelle” des <strong>solerets</strong>, une pièce d’armure articulée en métal servant à protéger le pied. Leur forme allongée permettait une bonne assise dans les étriers &#8211; certains modèles possédaient même une pointe courbée vers le bas&#8230; ce qui sécurisait encore plus le cavalier mais rendait la marche à pied quasiment impossible !</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/paire-de-soerets-en-metal-a-la-poulaine.jpg" alt="" class="wp-image-18809" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/paire-de-soerets-en-metal-a-la-poulaine.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/paire-de-soerets-en-metal-a-la-poulaine-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Malgré leur forme peu gracieuse, les solerets avaient donc leur intérêt sur un champ de bataille pour stabiliser le chevalier sur son destrier. Les chaussures en cuir ou en tissu qui reprenaient cette forme n’avaient pour leur part absolument aucun intérêt&#8230; Il fallait les voir, ces fiers seigneurs, déambuler dans les rues affublés de ces chaussures ridicules. Leur nom, d’ailleurs, est aussi moche que leur aspect : des <strong>poulaines</strong>.</p>



<h3><strong>Quand les rois disent “halte aux poulaines”&#8230; sans résultat !</strong></h3>



<p>Les poulaines, donc, c’est un peu comme les chaussures à gland du XXe siècle : c’était cher, c’était moche, mais ça se vendait comme des petits pains.</p>



<p>Sauf que ce phénomène de mode dura plus de 250 ans&#8230;</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/poulaine-medievale.jpg" alt="" class="wp-image-18810" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/poulaine-medievale.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/poulaine-medievale-768x292.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>“L’apogée” des poulaines, si l’on peut dire, eut lieu au XVe siècle. Toutes les personnes ayant les moyens de s’offrir une paire de chaussures dans l&rsquo;unique but de frimer, achetaient des poulaines… Les modèles les plus longs et les plus excentriques étaient réservés à la noblesse.</p>



<p>En France comme en Angleterre, le pouvoir royal tenta bien d’interdire cette mode ridicule. Charles V interdit le port des poulaines par ordonnance royale en 1368 ; le roi d’Angleterre prit une mesure similaire en 1463 : interdiction des chaussures possédant une pointe de plus de 5 centimètres au-dessus des orteils. Il faut croire que les rois de France et de la Perfide Albion en avaient assez de voir leur noblesse se promener dans des accoutrements dignes du plus ridicule de leurs bouffons !</p>



<p>Mais ce n’est que vers la toute fin du XVe siècle que la mode s’éteignit d’elle-même&#8230;</p>



<h3><strong>Comment expliquer un tel succès ?</strong></h3>



<p>La réponse à la question : <em>“pourquoi un accessoire de mode aussi inutile a-t-il eu un si long et si grand succès ?”</em> est la même quelque soit l’époque considérée, qu’il s’agisse du Moyen-Age ou d&rsquo;aujourd’hui. </p>



<p>(survêtements sous les fesses, moonboots, bananes et coupes mulet, on pense à vous)</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/comment-historiens-expliqueront-mode-dans-500-ans.jpg" alt="" class="wp-image-18811" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/comment-historiens-expliqueront-mode-dans-500-ans.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/comment-historiens-expliqueront-mode-dans-500-ans-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>On peut affirmer sans se tromper que les poulaines coûtaient cher. Elles étaient l’aboutissement d’un long travail d’artisanat durant lequel les cordonniers médiévaux devaient travailler le cuir et bourrer la pointe avec de la laine, voire des cheveux (eh oui !). Mais soyons sûrs que “<a href="https://www.etaletaculture.fr/bref/effet-veblen-quand-snobisme-rime-avec-ridiculisme/">l’effet Veblen</a>” marchait ici à plein : c’est parce qu’elles étaient chères &#8211; voire scandaleusement chères &#8211; que les poulaines étaient à ce point appréciées de la noblesse.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/tableau-loyset-liedet-chaussures-pointues-poulaines-crakow.jpg" alt="" class="wp-image-18812" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/tableau-loyset-liedet-chaussures-pointues-poulaines-crakow.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/tableau-loyset-liedet-chaussures-pointues-poulaines-crakow-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Les modèles les plus raffinés étaient brodés en soie et possédaient des motifs floraux ou décoratifs de toute beauté. Des <strong>fanons de baleine</strong> étaient même parfois utilisés pour servir de raidisseur à la pointe ! À noter, d’ailleurs, que les fanons de baleine pouvaient également servir à façonner des corsets très haut-de-gamme à partir du XVIe siècle (une “baleine” est d’ailleurs toujours le nom donné aux tiges ou aux ressorts métalliques glissés dans les corsets !)</p>



<p>Dans une société très hiérarchisée, elles étaient de véritables marqueurs sociaux, servant à exhiber sa richesse et donc son pouvoir. Surtout, elles interdisaient à leur porteur toute tâche ingrate… Allez donc labourer un champ avec une telle paire de chaussures aux pieds ! Celui qui portait des poulaines s’excluait donc d’office de tout travail physique, ce qui le distinguait du peuple ordinaire.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/jean-hannequart-poulaine-chaussures-medievales.jpg" alt="" class="wp-image-18813" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/jean-hannequart-poulaine-chaussures-medievales.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/jean-hannequart-poulaine-chaussures-medievales-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<h3><strong>La mode a ses raisons&#8230;</strong></h3>



<p>Les poulaines étaient donc en premier lieu un marqueur social. Mais si elles étaient à ce point populaires, on imagine que ceux qui les portaient les trouvaient jolies ! La mode de l’époque pour les hommes était de porter des pantalons courts et de longues chaussettes colorées (<a href="https://www.etaletaculture.fr/histoire-de-l-art/le-rose-symbole-viril/">le rose, couleur virile</a>, y tenait d’ailleurs bonne place !). Tout était bon pour mettre en valeur des jambes longues et fines. De ce point de vue, les chaussures à pointes étaient des accessoires idéaux pour accentuer la finesse et allonger la jambe.</p>



<p>Certains spécialistes expliquent cette flamboyance de l’habillement par une réaction à l’épidémie de <strong>peste noire</strong> qui décima près de la moitié des habitants de l’Europe en 5 ans (50 millions de morts !), de 1347 à 1352. Au traumatisme de voir mourir ses proches succéda une longue période de deuil et d’austérité puis, par un phénomène de balancier émotionnel, une période de relâchement et de débridement des mœurs. </p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/danse-macabre-chroniques-nuremberg-1493.jpg" alt="" class="wp-image-18814" srcset="https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/danse-macabre-chroniques-nuremberg-1493.jpg 880w, https://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2019/06/danse-macabre-chroniques-nuremberg-1493-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>



<p>Les XIV et XVe siècles sont aussi la période où se développe les danses macabres, des scènes de liesse mêlant vivants et morts… De là à faire des poulaines un outil de thérapie de groupe pour exorciser la peur de la mort, il n’y a qu’un pas !</p>



<h3><strong>Une connotation sexuelle qui choque de plus en plus</strong></h3>



<p>Au fil des ans, les pointes des chaussures se font de plus en plus longues, et les connotations grivoises se font de plus en plus pressantes. Avoir un énorme appendice au bout du pied permet de rappeler la virilité de son porteur… Une allusion inadmissible pour l’Église ! </p>



<p>Dès 1212, c’est-à-dire dès le tout début de cette mode, le clergé s’est insurgé contre ces chaussures contraires aux valeurs chrétiennes qui prônent l’humilité. Cette même année, le concile de Paris interdit donc le port des poulaines. En 1365 et 1368, les conciles d’Angers reprennent cette interdiction.</p>



<p>On l&rsquo;a vu, Paris (1368) et Londres (1463) s’accordent (à un siècle d’intervalle !) pour interdire cet accoutrement. Mais ces textes de lois n’eurent pas beaucoup d’effet sur une noblesse qui souhaitait revendiquer la liberté de s’habiller comme elle l’entendait&#8230;</p>



<h3>Les poulaines : clap de fin !</h3>



<p>Les règnes simultanés de François Ier (France) et d’Henri VIII (Angleterre), deux rois à la distinction et au raffinement reconnus dans toute l’Europe, marquèrent le début de nouveaux phénomènes de mode. </p>



<p>Les poulaines disparurent très rapidement, après plus de 250 ans de bons et loyaux services. Elles furent supplantées par des chaussures à bout large et carré et par les chaussures à talons. Le bon goût était-il enfin retrouvé ? Plus ou moins car, petit détail gênant, c’était maintenant au tour de la <a href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/la-reine-vierge-et-la-mode-des-braguettes/">mode de braguettes</a> d’entrer en scène&#8230;</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr/histoire/comment-expliquer-la-mode-des-poulaines-ces-chaussures-longues-et-pointues/">Comment expliquer la mode des poulaines, ces chaussures longues et pointues ?</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.etaletaculture.fr">Étale Ta Culture !</a>.</p>
]]></content:encoded>
      <wfw:commentRss>https://www.etaletaculture.fr/histoire/comment-expliquer-la-mode-des-poulaines-ces-chaussures-longues-et-pointues/feed/</wfw:commentRss>
      <slash:comments>5</slash:comments>
    </item>
  </channel>
</rss>
